Docteure en Droit de l’environnement, diplômée de Sciences Po et de masters en droit de l’environnement et politiques publiques, elle est avocate de formation.
Elle est l’auteure de plusieurs livres et publications dont la dernière sur « Faire face à la canicule : Adapter les villes aux enjeux climatiques, (éd. Desclée De Brouwer)
Elle siège dans différents groupes de travail et d’expertise environnementale et organismes liés au Ministère de l’Écologie et des Affaires étrangères.
Elle est présidente de l’UICN-France (Union internationale pour la conservation de la nature), membre du conseil international et siège dans différents boards d’ONGs.
Élue dans le 9ième arrondissement de Paris, elle s’est vue confiée par la maire Delphine Bürkli une délégation portant sur les transitions, l’aménagement et l’accessibilité de l’espace public, de l’urbanisme, de la qualité de l’air, de la biodiversité, du bien-être animal.
Au conseil de Paris, elle a été rapporteure de la mission d’information « Paris à 50° » (avril 2023) et à participer aux MIE santé à Paris, et sur les conditions d’exécution du contrat de concession liant la Ville de Paris et GRDF.
Contact : maud.lelievre@paris.fr
Mairie du neuvième arrondissement de Paris
6 rue drouot – 01.71.37.75.11
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- Maud Lelièvre à propos d’une approche “One Health” dans la politique de santé environnementaleMadame la Maire,Mes chers collègues,Ce vœu vise à rendre pleinement visible dans nos politiques municipales la réalité du monde scientifique, d’ailleurs évoquée par ma collègue précédemment, la réalité du monde scientifique des institutions internationales et des autorités sanitaires qui reconnaissent désormais sans ambiguïté la santé humaine animale et la santé des écosystèmes sont indissociables.Les grandes métropoles sont en première ligne face à l’augmentation des zoonoses, des crises sanitaires, face à la dégradation de l’environnement, l’augmentation des maladies issues des allergies. La ville s’est déjà engagée dans cette voie avec son plan parisien pour la santé environnementale qui prévoit notamment un baromètre de santé environnementale, fondé sur des indicateurs territorialisés, des analyses dans la durée. Mais nous le savons, sans bilan d’étape, sans évaluation de l’avancement de ce baromètre que cette approche reste trop technique et sans doute peu identifiable par les Parisiennes et les Parisiens tout comme par nos partenaires associatifs ou étrangers.Ce vœu demande trois avancées simples et structurantes. D’abord, la présentation d’un bilan détaillé pour la mise en œuvre de One Health dans le cadre du plan santé environnemental incluant l’état d’avancement du baromètre mais aussi peut-être l’explication, l’explicitation des indicateurs pour le grand public. Deuxième chose, l’affirmation claire de One Health comme une orientation politique de référence dans nos documents cadre, pas uniquement de plan comme dans la communication institutionnelle.Et enfin l’élaboration d’une stratégie municipale de prévention des zoonoses en partenariat avec la préfecture de police intégrant l’analyse des risques liée à la faune urbaine, la gestion sanitaire des espèces animales, la sensibilisation du public, y compris le trafic. Nous l’avons évoqué à plusieurs reprises, notamment le trafic d’espèces sauvages qu’on retrouve dans certains restaurants, dans certains quartiers et lié à une importation massive par des réseaux de trafiquants.Alors, la France va porter sur le plan international une ambition de gouvernance mondiale de la santé fondée sur la prévention, l’interdisciplinarité d’Etat et la protection de la biodiversité. Le réseau européen One Health for Cities arrive à terme, il va présenter un bilan et un plaidoyer européen sur cette approche en matière de politique urbaine. Paris doit pouvoir s’y inscrire pleinement notamment avec ses indicateurs dans une stratégie assumée.C’est pourquoi, au nom de mon groupe MoDem et Indépendants, nous demandons et vous proposons d’adopter ce vœu. D’autant plus que la France accueillera un sommet international One Health à Lyon le 7 avril prochain dans lequel des villes comme Paris devraient prendre leur place dans la présentation des indicateurs.Je vous remercie.Continuer la lecture →
- Maud Lelièvre à propos du budget primitif 2026 sur l’environnement
Madame la Maire,
Mes chers collègues,
Ce projet de budget pour l’année 2026 reflète des choix politiques ambitieux, notamment ceux que nous aurions aimé partager en matière d’environnement, mais qui peinent à répondre aux défis majeurs auxquels notre ville est confrontée.
Bien qu’on nous annonce dans le bleu climat 2025 un niveau d’investissement inédit pour 2024 et près de 3,4 milliards d’euros sur 5 ans, force est de constater que certaines priorités semblent reléguées au second plan notamment en matière d’environnement, de rénovation urbaine et de gestion des espaces publics comme l’a mentionné notre présidente de groupe Maud Gatel.
En matière environnementale, il est nécessaire d’investir pour atteindre des objectifs fixés, prenons par exemple le plan climat. En 2025, ce dernier bénéficiait de 57,8 millions d’euros. Mais en 2026, cette somme a été réduite alors que les moyens nécessaires vont être croissants d’année en année. Pour qu’une politique, pour que cette politique que nous souhaitons résolument en faveur de la transition écologique soit efficiente, il aurait fallu que le recul depuis 2020 des crédits qui étaient alors de période de 92 millions d’euros qui ont été écrêtés de plus d’un tiers soit à minima maintenus. Si les politiques publiques ne sont pas uniquement fondées sur des besoins de moyens financiers, cette baisse laisse quand même présager les difficultés que nous aurons pour mettre en œuvre une politique d’adaptation qui réponde aux besoins d’investissement et aussi aux besoins de justice sociale.
Alors oui, nous savons tous que les ressources publiques ne sont pas illimitées, qu’il ne s’agit pas simplement d’un débat technique, c’est une question de cohérence et d’anticipation.
Sur la gestion des déchets également et la propreté urbaine pourtant essentielle à la qualité de vie à Paris, elles subissent également des réductions notables avec seulement 173,5 millions d’euros alloués en 2026. Cette baisse est particulièrement préoccupante si elle s’ajoute à la stagnation des crédits pour les stations trilib’, à la baisse des crédits alloués pour des actions transverses également importantes et on peut s’interroger sur la capacité de la ville à maintenir un service public de qualité en ces domaines dont on voit aujourd’hui les grandes limites.
Enfin, concernant les espaces verts mis en avant comme une priorité, leur budget est réduit. En 2025, 54,3 millions d’euros étaient alloués au parc, au jardin, aux espaces verts de la capitale. Mais pour 2026, cette somme a à nouveau baissé. Investir pour protéger les habitants et s’adapter au changement nécessite d’en faire une priorité et une priorité budgétaire. La végétalisation emblématique que vous aviez mentionnée dans votre introduction est-elle aussi un recul ?
Les crédits pour la création des nouvelles rues jardins, par exemple. Pourtant, ces besoins de végétalisation sont un enjeu crucial pour notre adaptation collective au réchauffement climatique. C’était déjà d’ailleurs notre inquiétude en juillet dernier lorsque nous avions eu entre les mains le rapport de la cour régionale des comptes publié par la suite, la cour régionale des comptes sur la situation financière de la ville et qui avait montré une baisse importante des effectifs et pointé la baisse des effectifs de la direction des espaces verts de la ville rendant impossible leur gestion au quotidien.
Enfin, la rénovation du secteur public à Paris, un domaine essentiel pour la transition écologique requiert des moyens conséquents, en particulier pour la décarbonation du bâti, mais aussi pour des projets plus structurants comme la réhabilitation de certains patrimoines historiques. Certains établissements visités par nos élus montrent combien infiltration, passoir thermique et équipements obsolètes sont plutôt le patrimoine aujourd’hui de la ville.
Les personnels comme les familles nous le disent, nous devons faire plus vite avec plus d’ambitions et plus de moyens. Alors, nous appelons donc à ce que ce budget puisse être revu et puisse traduire pleinement une priorité pour l’écologie et pour l’entretien de la ville et surtout pour son adaptation.
Continuer la lecture → - Maud Lelièvre à propos de la création de la fonction de Défenseur des enfants de la Ville de Paris
Nous examinons aujourd’hui la création de cette fonction essentielle dont nous partageons le constat et l’objectif. En cette journée internationale des droits de l’enfant, il est de notre responsabilité collective de rappeler cette vérité simple : les enfants sont les premiers à subir des violences qu’ils ne peuvent nommer, dénoncer, affronter seuls et parfois psychologiquement confrontés à leur propre famille. Il leur est particulièrement difficile de franchir le cap. Pour avoir été quelques années avocate de l’ASE, je peux vous dire que tous les milieux sont concernés.
Ils dépendent de notre vigilance, de nos institutions, des institutions en général, de nos décisions pour être protégés. Et lorsque cette protection faillit, c’est tout un système qui vacille mais c’est aussi leur avenir et notre avenir collectif qui est touché. Face à l’ampleur des violences subies par les enfants à Paris comme ailleurs, personne ne peut considérer que notre collectivité en fasse trop. Les révélations dernières ont bouleversé les familles, les personnels éducatifs, les associations, l’ensemble des élus ici présents mais aussi sont sources d’inquiétude pour les familles. Les témoignages des enfants agressés dans leur école, les défaillances dans la chaîne de signalement, les classements sans suite administratif, tout cela est un véritable séisme, un véritable me too des enfants pour reprendre les mots évoqués par la presse. Et la tolérance zéro que vous venez d’évoquer doit être réelle et non pas un slogan ou une bonne intention. C’est pourquoi nous soutenons que ce défenseur des enfants qui devra jouer demain un rôle central, un recours identifiable, un point d’entrée clair pour les familles, pour les enfants eux-mêmes de façon indépendante, y compris pour les mineurs, notamment ceux qui font l’objet de violence infra familiales, les professionnels et lorsqu’une situation de doute, de violence ou d’alerte survienne, il devra agir.
Il devra être un garant que les signalements ne se perdent plus, que les délais de traitement qui sont souvent trop longs ne s’allongent plus, que les recommandations soient suivies, évaluées et qu’aucune inertie administrative ne mette un enfant en danger. Il devra être ce défenseur capable d’interpeller la ville, de pointer les fragilités en toute indépendance, ce qui n’est pas toujours facile, et pouvoir y apporter les correctifs, y compris lorsque cela va toucher nos pratiques internes ou nos missions internes, car aucun service aujourd’hui n’est exempt de sa capacité à bien agir.
Alors moi, j’ai quatre questions au nom de mon groupe. La première, pourquoi maintenant ou pourquoi finalement avoir attendu les signaux d’alerte ne sont pas apparus simplement cette année. Ils sont connus, documentés, rapportés depuis des années par les associations, par les collectifs d’avocats, par le défenseur des droits et parfois même par nos propres services, nos propres professionnels sur le terrain. Que fait-il que cette question soit urgente aujourd’hui ? Il est évidemment nécessaire d’agir aujourd’hui. C’est quand même un regret que nous avons au sein du groupe Modem de ne pas avoir eu cette délibération plus tôt.
Deuxième chose, dans quel cadre administratif ? Il y a un contexte politique à prendre avec intérêt et questionnement. La création d’une nouvelle fonction au sein de l’administration intervient à un moment où l’Exécutif organise ses périmètres, structure et rééquilibre ses structures internes. Une nouvelle instance qui reprend en partie le périmètre de la mission des droits de l’enfant. Est-ce que cela va vraiment clarifier les choses telles que c’est conçu ?
Troisième chose, je reviendrai sur la procédure. Il est quand même questionnant que ce défenseur soit rattaché directement à la maire. Est-ce vraiment la bonne formule ? On peut imaginer que demain, y compris des élus, soient concernés par cette question, que ce soit dans le cercle privé ou dans le cercle professionnel. Donc, ce n’est pas à mon sens et à notre sens la garantie d’avoir une vraie indépendance. Moi, j’ai une suggestion à faire, celle de reprendre la procédure qui est notamment appliquée à l’Assemblée nationale depuis des années, comme par exemple pour les grandes agences, comme pour l’ADEME, faire en sorte qu’il puisse y avoir une audition par la commission concernée qui sera la commission de référence et un vote au 3/5e, ce qui oblige majorité et opposition à trouver un certain accord, mais surtout de donner une vraie légitimité à celui qui devra intervenir pour défendre les enfants de notre territoire.
Et puis quatrième question, celle du combien. Il est nécessaire d’affecter des moyens. Trop souvent d’ailleurs dans le monde de la justice, on voit et c’est pas une question de gouvernement, j’ai quelques collègues qui sont avocats sur ces bancs, on sait très bien combien il est difficile notamment pour les droits de l’enfant d’avoir des moyens affectés suffisants dans l’ensemble des services. Donc combien affecterons-nous de moyens pour faire en sorte que tout ce système, la formation des délégués volontaires puisse obtenir les moyens pour leur formation et leur exercice et puis combien aussi sera rémunéré ce défenseur des enfants pour avoir aussi une idée du type de personne qui pourrait être attirée par cette nouvelle fonction bien évidemment dans le cadre d’une procédure transparente.
C’est pourquoi nous voterons ce texte, parce que l’urgence le commande, mais j’espère que nous aurons au cours de ce débat quelques éclaircissements. Merci.
Continuer la lecture → - Maud Lelièvre à propos des 10 ans de l’Accord de Paris
Madame la Maire,
Mes chers collègues,
Il y a dix ans, Paris accueillait un moment rare d’unité internationale : l’Accord de Paris. Un traité climatique, certes, mais aussi une feuille de route partagée pour repenser nos trajectoires de développement. Il portait une ambition claire : inscrire l’action de chacun dans une dynamique globale, aligner les politiques publiques, les investissements, les comportements, autour d’un objectif et d’un horizon commun et soutenable.
Dix ans plus tard, le bilan est contrasté. Si des avancées sont visibles – notamment sur l’intégration de la neutralité carbone dans de nombreuses stratégies –, les dynamiques engagées ne sont pas à la hauteur des défis. Les effets du réchauffement climatique s’intensifient au-delà des prévisions, les écarts d’engagements se creusent, les trajectoires restent globalement éloignées des objectifs à long terme. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’Accord de Paris, mais de reconnaître que l’heure n’est plus aux déclarations de principes, mais à la consolidation et l’accélération de l’action.
À Paris, il est de notre responsabilité de traduire ces ambitions dans le concret, au plus près des habitants.
Des efforts ont été faits. La baisse des émissions depuis 2004, les politiques de verdissement très présentes, les mobilités actives, les investissements dans les énergies renouvelables : tous ces éléments vont dans le bon sens. Mais pour que ces actions portent pleinement leurs fruits, elles doivent s’inscrire dans une approche plus structurée, mieux coordonnée, et plus équitable sur le territoire.
La résilience doit se planifier et elle suppose d’abord de mettre les moyens là où l’urgence est la plus importante. Or que constate-t-on ? Une chute des investissements depuis 2019. Pour 2025, le budget total alloué à l’environnement atteint 110,2 millions d’euros, ce qui ne représente qu’environ 6 % des besoins réellement estimés. La Ville devrait en effet pouvoir mobiliser chaque année près de 500 millions d’euros pour répondre efficacement à l’ensemble de ces enjeux. Un désengagement pointé par la Chambre régionale des comptes couplé à une baisse des effectifs notamment dans les services de la DEVE.
À l’inverse des exigences de l’Accord de Paris, le court terme l’emporte parfois sur le long terme.
Sur la question de la biodiversité, les initiatives locales se multiplient, des arbres sont plantés, des îlots de fraîcheur sont créés. C’est essentiel. Mais il faut faire plus. Donner plus de moyens. C’est ce que les habitants et la nature attendent, ce sont des continuités écologiques. Pour une végétalisation plus cohérente et plus vivante.
Il faut arbitrer en faveur de la nature à chaque fois quand c’est possible car ces solutions fondées sur la nature participent à l’adaptation de la ville, au rafraîchissement urbain, à la résilience sociale et écologique. En ce faisant, c ’est prendre acte de l’interdépendance entre nos politiques climat et celles du vivant.
Et pour réussir, nous avons besoin de transversalité, de coopérations renouvelées. L’énergie, la logistique, la gestion de l’eau ou des déchets ne s’arrêtent pas au périphérique. La stratégie climatique de Paris ne peut rester isolée. Elle doit se construire dans la Métropole, avec la Région, avec les communes voisines et dans un esprit de partenariat, de co-échange et d’efficacité.
Enfin, l’un des enjeux cruciaux reste l’adaptation sociale. C’est peut-être là où nos politiques sont trop en retrait. Les événements climatiques extrêmes frappent d’abord les plus fragiles. Il faut aller plus loin : cartographier les vulnérabilités, anticiper les risques, ouvrir des lieux de refuge accessibles, signalés, opérationnels et 24H/24. Il ne s’agit pas uniquement de résilience technique, mais de solidarité.
C’est cette vision que nous portons au sein du groupe MoDem et Indépendants :
– Une écologie partagée, co-construite à l’échelle du territoire.
– Une écologie protectrice, centrée sur l’adaptation et la justice sociale.
– Une écologie rigoureuse, avec des objectifs publics, des échéances claires et des budgets fléchés.
– Et une écologie non partisane, où le climat n’attend pas nos désaccords.
Paris a une responsabilité particulière. Parce que l’histoire des Accords de Paris s’est construite à Paris. Parce que la crédibilité de la transition passe aussi par l’exemplarité locale. Parce que, dix ans après, il est urgent de traduire l’esprit des Accords de Paris en actes concrets, efficaces et durables.
À l’approche de la COP30 au Brésil, Paris devra se hisser à la hauteur du texte qu’elle a accueilli. Non par des effets de communication, mais par une stratégie ancrée dans les quatre piliers de l’Accord de Paris : universalité, long terme, transversalité, durabilité.
Je vous remercie.
Continuer la lecture → - Maud Lelièvre à propos du rapport sur la transition écologique et sociale “Paris Demain” 2024
Le rapport, mes chers collègues,
Le rapport “Paris Demain” présenté en 8e commission est un document essentiel. Il donne à voir la trajectoire écologique et sociale de notre ville à travers 33 indicateurs structurés, mesurables, utiles.
Je veux saluer la rigueur des services de la DTEC, leur capacité à rendre visible l’effort collectif, mené dans un contexte difficile et leur travail d’en faveur d’une transparence. Oui, Paris avance. Le réseau de chaleur est devenu le premier de France. La qualité de l’air s’est améliorée. La consommation énergétique baisse.
Et dans une ville exposée à des piques de chaleur toujours plus intense, dans une ville, où + 0,7 degrés Celsius ont été mesurés en 2024 par rapport à la normale dans une ville construite à 90 % avant les normes climatiques modernes, avons-nous le droit de nous contenter du rythme actuel ? Je ne le crois pas.
Préparer Paris aux crises, c’est se mettre à la hauteur d’un climat qui évolue plus vite que nos plans et c’est assumer une forme de lucidité. Toutes les politiques ne se valent pas.
Une végétalisation réussie ne se mesure pas uniquement au nombre d’arbres plantés mais à la capacité des sols à les accueillir. Il serait essentiel de façon collective pour faciliter notre trajectoire sur la biodiversité de mettre plus de moyens pour évaluer le nombre de pieds d’arbre encore bitumé, les trames vertes dont il faudrait assurer la continuité alors même que nous connaissons leur importance face aux îlots de chaleur.
Plus de moyens, nous l’avons évoqué hier sur les restrictions en matière budgétaire sur le budget environnement. L’eau, elle aussi l’eau doit aussi trouver sa juste place dans l’espace urbain, non pas comme un accessoire mais comme un système.
Au-delà des fontaines rénovées, nous l’avons évoqué hier, trop nombreuses qui restent trop nombreuses fermées ou en non état d’utilisation, des zones de baignade à offrir plus nombreuses, il est urgent d’instaurer un maillage dense d’espace d’eau pour rafraîchir et irriguer la végétation.
La création d’ouvrage de rétention permettrait d’ailleurs par le stockage d’eau en milieu urbain une ressource précieuse face aux périodes de sécheresse. Le nombre croissant de nuits à des températures très chaudes augmente les risques pour la santé. Des solutions existent, comme celles mises en place en Espagne. Nous les avons déjà évoqué dans cet hémicycle, en particulier à Madrid, combinant végétalisation, infrastructure d’eau dont nous manquons et réseau de froid urbain qui doivent inspirer notre stratégie locale.
Il est possible d’associer réseau de froids urbains, bassin de rétention, toiture végétalisée, cours d’école désimpermalisées dans une stratégie cohérente et efficace. À nous d’avancer en ce sens.
Dans un an, ces indicateurs nous permettront de dresser un bilan précis de l’efficacité des politiques mises en œuvre. Cependant, il ne faut pas oublier que les années passées sous votre mandat, Madame la Maire, ont déjà façonné la trajectoire de Paris et que les résultats d’aujourd’hui sont le fruit de choix et d’orientations que vous avez choisi. Je pense notamment à la tour triangle, aux surfaces bitumées qui continue d’aggraver les îlots de chaleur.
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