Auteur/autrice : Jeanne Bes De Berc (Page 5 of 35)

Alexis Govciyan à propos des subventions aux associations pour la mémoire de la Shoah

Mes chers collègues, 

Cette délibération concerne certains projets, institutions que la ville soutient pour leur travail de transmission de la mémoire de la Shoah.

Il s’agit de Fonds Mémoire d’Auschwitz, L’Enfant et la Shoah – Yad Layeled, Mémoire des Résistants Juifs de la Main d’œuvre immigré, Langage de Femmes, l’Union des Déportés d’Auschwitz et le comité français pour Yad Vashem. 

Il est difficile de reprendre la description de ces institutions toutes indispensables, surtout dans les périodes actuelles que notre société traverse et qui nécessite une mobilisation citoyenne et républicaine de chaque instant. 

Pour agir avec force contre le racisme, l’antisémitisme, pour faire prendre conscience de leur de leurs conséquences dramatiques et pour combattre toute forme de négationnisme. Les attaques antisémites, très amplifiées depuis l’horreur des pogromes du 7 octobre 2023 et encore tout récemment contre le mémorial de la Shoah, les synagogues et d’autres lieux nous invitent au travail mémoriel de connaissance, de transmission et surtout de vigilance. 

En effet, la remise en cause de la mémoire, de l’histoire, de l’existence d’Israël et le refus de certains de plus en plus nombreux, de reconnaître comme nos frères et sœurs en République française tous ceux et toutes celles de nos concitoyens de confessions juive sont inacceptables et nous devons tout faire pour les combattre. 

Nous avons collectivement de plus en plus de travail et dans ce cadre les projets de ces six associations sont tous très utiles. Par manque de temps, il est difficile d’analyser en détail chacune des actions. 

Objet de notre soutien mais réaffirmons toute leur importance alors que le contexte tant dans notre pays qu’au niveau international nécessite une véritable mise en mouvement mémoriel. 

Aussi Madame la Maire, chère Laurence Patrice, je souhaite saluer les efforts de ces six associations et les remercier avec une pensée particulière pour l’Union des Déportés d’Auschwitz car je me souviens de l’hommage que nous avions rendu le 8 février 2022 à Raphaël Esrail, qui venait de quitter notre monde. 

Entré dès 1943 dans la résistance alors qu’il n’avait que 18 ans pour combattre la barbarie, le nazisme, l’antisémitisme et avec un sens aigu de l’engagement mais aussi de l’espérance pour des jours meilleurs, il a inspiré tous ceux qui lui ont succédé à l’Union des déportés d’Auschwitz. Là encore sa mémoire peut et doit nous inspirer et surtout nous obliger. 

De même, qu’il me soit permis de rendre un hommage appuyé au comité français pour Yad Vashem et à l’extraordinaire travail réalisé dans le cadre du programme visant à reconnaître et à honorer les “Justes parmi les nations”. Surtout une attention particulière au projet intitulé “La voix des Justes” qui avec des podcasts met en résonance des témoignages précieux des aînés avec les réactions des jeunes d’aujourd’hui pour une transmission vivante et moderne de la mémoire et pour constituer un puissant outil de lutte contre l’antisémitisme et le négationnisme. 

Notre soutien permettra au comité français pour Yad Vashem, la réalisation en 2025 de 10 nouveaux podcasts qui seront très utiles pour le travail qu’ils ont à réaliser et permettez-moi à cet effet de saluer et de remercier le président du comité français pour Yad Vashem, le président actuel Patrick Klugman ainsi que ses présidents d’honneur Richard Prasquier et Pierre-François Veil et l’ensemble de leurs équipes pour tout leur engagement et leur réalisation.

Je vous remercie. 

Delphine Bürkli à propos du budget supplémentaire de la ville pour 2025

Merci Madame la Maire, 

Le budget supplémentaire qui nous est présenté aujourd’hui traduit malheureusement à nouveau un manque d’anticipation et de prévision de votre part. 

Et qui nous inquiète, sur la réalité des finances de notre ville. Lors du dernier débat budgétaire la contribution des collectivités redressement des finances publiques dans le cadre du PLF été estimé à 5 milliards d’euros par le gouvernement Barnier malgré ces annonces vous n’avez pas tenu compte des conséquences financières que cela aurait sur les finances de la ville de Paris : cette charge est in fine ramenée à 2,2 milliards mais aucune adaptation budgétaire sérieuse n’a été envisagée par la municipalité. 

Malgré une hausse de 295 millions d’euros des recettes de fonctionnement, les dépenses augmentent dans quasiment les mêmes proportions : plus 172,8 millions d’euros sans dégagement massif net d’épargne substantiel, ni réorganisation vers des priorités budgétaires clairement assumées.  Alors si plusieurs d’entre vous se sont déjà longuement exprimés sur l’état alarmant des finances de la ville, je souhaite pour ma part recentrer notre regard sur les arrondissements.

Parce que les arrondissements c’est la proximité. Ce mot de proximité que vous aimez tant brandir dans vos discours également en faire des affiches dans les rues de Paris encore récemment, mais un mot qui dans la réalité dans les actes se vide de son sens et surtout de ses moyens. Car ce que l’on constate aujourd’hui c’est que cette proximité que vous revendiquez haut et fort est en réalité la première, la première à sacrifier sur l’autel d’une gestion financière alarmante à travers des arbitrages budgétaires qui se traduisent unilatéralement par des coupes sévères et qui de fait déstabilisent aussi toute l’administration et donc nos services publics. 

Pour les arrondissements précisément les chiffres parlent d’eux-mêmes la dotation d’animation locale passe de 14,25 millions d’euros à 14,1 millions d’euros une baisse peut-être symbolique sur le papier mais qui pèse concrètement sur les initiatives de terrain sur la vie associative et sur la dynamique locale. 

La dotation de gestion locale elle, chute brutalement de 152,9 millions d’euros à 145,8 millions d’euros, ce sont plus de 7 millions qui disparaissent des marges de manœuvre quotidienne de nos mairies d’arrondissement. Et la dotation d’investissement est réduite quasiment de moitié de 5,6 millions d’euros à 3,1 millions d’euros, moins 2,5. Autant de projets reportés, annulés ou réalisés au rabais. 

Au total, ce sont près de 10 millions d’euros qui disparaissent du budget des arrondissements entre le budget primitif 2025 et aujourd’hui. Mais plus problématique encore cette année vous avez décidé unilatéralement de ponctionner les excédents des arrondissements malgré leur gestion rigoureuse et cela en dépit des règles l’article L 2511 45 du CGCT est pourtant très clair je cite “Le solde des excursions de l’état spécial est reporté de plein droit.” Dans le 9e arrondissement, ce sont 241 320 € issus de notre propre gestion que nous voyons nous envoler sous nos yeux.

Alors nous prenons acte de cette décision mais nous ne pouvons que nous inquiéter du signal qu’elle envoie. Les arrondissements sont sommés de faire plus avec moins, pendant que la ville tente de masquer son déficit structurel en puisant dans leur caisse. Cette manière de faire est non seulement injuste mais profondément contre-productive parce que ce sont nos concitoyens qui en paient les conséquences, ce sont leurs projets, leurs attentes, leurs engagements qui sont bafoués, mais au-delà des conséquences budgétaires il s’agit là d’un signal politique désastreux qui dit aux élus locaux que leur gestion ne compte pas que leur autonomie est illusoire et que la proximité est une variable d’ajustement. 

Alors soyons lucide la ville n’a plus les moyens de ses ambitions, l’organisation des JOP l’an dernier a été une formidable opportunité pour obtenir des crédits indispensables des pouvoirs publics, du COJO, pour livrer des aménagements structurants on parle des pistes cyclables, des équipements sportifs mais pas seulement je pense aussi aux forêts urbaines qui sont financées grâce au fond vert mis en place par le gouvernement. 

Malgré cela le mur de la dette est là et il est massif et au lieu d’assumer une révision de ses priorités vous choisissez de déshabiller, de siphonner les arrondissements pour tenter de sauver la face mais ça ne suffira pas et tout le monde le sait je vous remercie.

Maud Gatel à propos du compte administratif 2024 de la Ville de Paris

Merci beaucoup Monsieur le Maire, 

Avant de vous parler compte administratif, Delphine Bürkli, la maire du 9ème arrondissement parlera du budget supplémentaire, je voulais dire un mot sur la communication JO pour dire enfin. Enfin, mais je regrette que dans la mesure où elle est intervenue à la suite de la conférence d’organisation nous n’aurons malheureusement pas le temps d’en parler aujourd’hui mais je souhaite vivement qu’un nouveau débat soit organisé sur ce sujet car je pense que c’est de l’intérêt de tous. 

Alors, les comptes administratifs ont un grand mérite. Puisqu’on parle de réel, de prévisions ou pas de prévisions ou de souhaits. Ce qui ne vous empêche pas de vouloir encore et toujours vous dédouaner de toute responsabilité et de remettre la faute sur d’autres. Mais avec les comptes administratifs, reconnaissons le, c’est un peu plus compliqué. Car ce dont il est question, ce sont de vos prévisions, et de votre exécution budgétaire. Et entendre dire la Maire de Paris « les comptes 2024 sont bons »… je dois avouer, ça doit être ça le culot. 

Et puis si on pouvait tous se mettre d’accord, si on pouvait arrêter avec le recours aux agences de notation, à la certification qui ne sont en rien des preuves de bonne gestion. Cela se saurait, il suffirait de regarder l’état. 

Alors, derrière le satisfecit de la maire, les comptes administratifs traduisent un moment absolument historique pour Paris. La première fois, où la section de fonctionnement est en déficit. Et il confirme ce que nous avons dénoncé ces 24 derniers mois maintenant : la surestimation des recettes de la ville pour le budget 2024 et pour ça l’État n’y est absolument pour rien. 

Tablé sur des DMTO à 1,5 milliards, même révisé à 1,4 était totalement hors-sol au regard du retournement du marché immobilier qui était intervenu dès 2023. Alors la Maire de Paris a sous-entendu que c’était lié à la dissolution bon en l’occurrence dès 2023 c’était pas vraiment le cas. Et puis croire que les Jeux olympiques et paralympiques doubleraient la taxe de séjour était beaucoup trop optimiste au regard des précédents comme nous vous l’avions rappelé. Et ce n’est pas faute de vous avoir alerté sur ces deux sujets même si vous nous avons l’habitude que vous ne nous ne écoutiez pas : votre découverte bien tardive interroge. 

Pensiez-vous seul avoir raison contre tous les experts et vos oppositions ou alors est-ce une manière de ne pas baisser les dépenses au moment du vote du budget ? En un mot avez-vous sous-estimé ces recettes et fait voter un budget artificiellement en équilibre dont on savait pertinemment qu’il ne pourrait pas être exécuté ? C’est la raison pour laquelle, pour répondre à cette question, nous souhaitons que la Chambre régionale des comptes soit saisie. 

Ces prévisions erronées ont pour conséquence une situation budgétaire hors de contrôle. Chaque année on se dit que ça ne pourrait pas être pire, et chaque année vous nous démentez. Une surestimation des recettes et des dépenses qui continuent d’augmenter car oui, malgré des prévisions dont on savait qu’elles étaient à minima extrêmement optimistes plutôt que de rechercher des économies réinterroger les dépenses, la hausse des dépenses s’est poursuivie comme depuis 10 ans avec une hausse des dépenses de gestion de plus de 6 %. Et cet effet ciseau nous envoie dans le mur. C’est la chute de l’épargne brute à un niveau inconnu de près de 65 % et dès lors la capacité d’autofinancement c’est un recours massif à l’endettement, en hausse de 52 %, et bien évidemment l’explosion de la dette et de la charge de la dette. 

La situation est pour nous aujourd’hui hors de contrôle et le pire c’est que cela devrait être pire encore. Et oui cela serait pire si vous teniez vos promesses, si les recrutements étaient faits dans les crèches pour la police municipale et si les projets promis aux Parisiens étaient mis en œuvre, la situation budgétaire de la ville serait encore davantage dégradée. Et c’est pas un paradoxe, on peut à la fois dénoncer la trajectoire budgétaire et dénoncer l’abandon des projets car au milieu il y a eu des promesses faites aux Parisiens. Ce n’est pas grave de reporter des projets quand les finances l’imposent. Quand on a promis beaucoup plus que ce qu’on était capable de faire. Ce n’est pas grave, c’est même indispensable. Ce qui est grave en revanche c’est de ne pas l’assumer d’abandonner en catimini les projets les uns après les autres d’embellir votre quartier à réinventer Paris en passant par le budget participatif ou encore le plan vélo. 

Trajectoire budgétaire alarmante, fondamentaux profondément obérés, dépenses hors de contrôle, la situation des finances publiques parisiennes n’a eu de cesse de s’aggraver depuis 10 ans comme si le budget n’était pas piloté. 

Il est grand temps de reprendre le contrôle vivement mars 2026, je vous remercie.  

Maud Gatel à propos de la dénomination promenade Jacques Delors

Madame la Maire, 

Mes chers collègues,

En février 2024, le groupe MoDem et Indépendants faisait voter à l’unanimité de notre conseil un hommage au grand homme qu’était Jacques Delors, à travers la dénomination d’un lieu parisien.

Aujourd’hui nous y sommes, et je ne peux que m’en réjouir, car elles ne sont pas si nombreuses les personnalités qui servent notre pays avec le sens du devoir, avant le goût du pouvoir. Celles qui choisissent les convictions plutôt que la facilité des carrières. Jacques Delors était de celle-là, déterminé, profondément libre qui n’a eu de cesse de placer l’intérêt général au cœur de son engagement, de rassembler sans exclure. 

Haut-fonctionnaire, homme politique, député européen, ministre, maire, président de la Commission européenne, il aura profondément marqué plus de 40 années de la vie politique française et européenne. Le projet européen de Jacques Delors continue d’irriguer notre vision de ce que doit être la construction européenne : au service de la protection et de la réconciliation des peuples. 

C’était le cas hier ça l’ai encore davantage aujourd’hui. Si Jacques Delors était indéfectiblement associé à l’Union européenne, il était aussi profondément lié à notre ville. Paris dès lors se devait de lui rendre un hommage à la hauteur de sa carrière. C’est donc avec enthousiasme que nous voterons en faveur de la dénomination de la promenade Jacques Delors sur le terreplin central du boulevard de la Villette entre la rue Buisson Saint-Louis et la rue du Faubourg du Temple en face de la CFDT mais également en faveur de la dénomination de l’école élémentaire du 22 rue Saint-Maur. 

Et je ne doute pas que la figure de Jacques Delors, sa détermination, sa force de conviction seront de formidables exemples à suivre pour tous les écoliers de la rue Saint-Maur. Car les grandes figures ne s’éteignent pas, elles créent des conditions pour que d’autres prennent le relais je vous remercie. 

Alexis Govciyan à propos de l’attribution de la citoyenneté d’honneur à Cécile Kohler

Mes chers collègues,

À travers cette délibération il s’agit d’attribuer la citoyenneté d’honneur à Cécile Kohler, professeur de lettres et à Jacques Paris, professeur de mathématiques à la retraite. 

Nos compatriotes étaient partis en Iran pendant les vacances de Pâques de 2022 pour visiter le pays et suivre un circuit touristique classique. Ils sont arrêtés en mai 2022 sous des accusations qui seraient liées à des activités d’espionnage de déstabilisation les impliquant dans une tentative de renversement du régime iranien notamment en soutenant les manifestations qui secouaient le pays à l’époque. 

Accusation largement rejetée par notre pays qui considère cette arrestation comme étant politique, arbitraire et sans fondement. C’est pourquoi la France a saisi, notamment, la Cour internationale de justice. Depuis 3 ans, Cécile Kohler et Jacques Paris sont donc otages de la République islamique d’Iran, ils sont détenus séparément à la prison d’Evin au sein d’une section de haute sécurité, la section 209 placée sous le contrôle des services de renseignement. La France et l’Union européenne comme plusieurs organisations des droits de l’homme demandent leur libération. 

Comment pareil cas pour d’autres arrestations arbitraires en Iran comme ailleurs les accusations semblent reposées sur des éléments de preuves contestables, fantaisistes et dignes des méthodes employées par des dictatures et des régimes obscurantistes et c’est aussi de cela que nous débattons aujourd’hui. 

De ce régime iranien qui viole les libertés d’expression, les droits des femmes, les droits des minorités, et qui a systématiquement recours à des tortures et exécutions arbitraires. Pourtant le peuple iranien ne plie pas, les protestations sont souvent déclenchées par des revendications économiques, politiques, sociales ou sociétales mais la réponse du régime est toujours brutale utilisant la torture physique et psychologique et même la peine de mort. 

C’est donc ce pays qui retient nos deux compatriotes en otage et qui les accuse d’espionnage. C’est aussi ce pays dans lequel les femmes sont obligées de porter le voile en public qu’elles soient musulmanes ou non d’ailleurs, et ce qui est l’une des mesures les plus symboliques de cette oppression imposée par le régime islamiste à laquelle de nombreuses femmes ont résisté. Elles ont courageusement combattu et combattent encore le port obligatoire du voile en le retirant publiquement même si ce geste est toujours lourdement réprimé par le régime.  

Les militantes des droits des femmes comme Nasrin Sotoudeh ou Shirin Ebadi ont été persécutées, emprisonnées et contraintes à l’exil. Souvenons-nous aussi de Mahsa Amini cette femme de 22 ans qui voulait juste être libre. Elle est torturée et morte en détention après avoir été arrêtée par la police des mœurs. 

Sa mort a déclenché des manifestations à travers le pays où des femmes mais aussi des hommes ont exigé la liberté, l’égalité des droits et la fin de l’oppression systématique. Ce mouvement a été marqué par des slogans de libération et des actions courageuses comme le retrait du voile en public, nous pensons à toutes ces femmes elles sont nombreuses. 

C’est pourquoi notre Conseil de Paris se doit d’être en soutien à Cécile Kohler et à Jacques Paris et de s’engager dans une position politique et symbolique d’utilité humaine, c’est tout le sens de nos débats d’aujourd’hui. 

Nous devons aussi transmettre un message de fermeté à l’égard du régime iranien pour lui rappeler que nous continuerons à dénoncer toutes ces injustices et à nous mobiliser pour les combattre, et que nous ne lâcherons jamais nos compatriotes. 

Nous devons donc décider de leur attribuer la citoyenneté d’honneur qui est un outil de protection diplomatique et humanitaire pour continuer de leur apporter une visibilité internationale, une protection morale et une légitimité renforcée dans les démarches politiques de mobilisation. 

En les nommant citoyennes et citoyens d’honneur de Paris nous exigeons aussi et surtout leur libération immédiate. Vous l’aurez compris, Madame la Maire, mes chers collègues, notre groupe MoDem et Indépendants votera en faveur de l’attribution de la citoyenneté d’honneur à Cécile Kohler et à Jacques Paris, je vous remercie.

Béatrice Lecouturier à propos de la rénovation et la modernisation du bâti scolaire parisien

Merci Monsieur le Maire, 

Mes chers collègues,

Monsieur Aqua, 

Il me semble que vous êtes enseignant. Et lorsqu’on est enseignant on sait très bien que les hors sujets sont lourdement sanctionnés dans sa copie. Donc votre propos était hors-sujet, je vais y revenir sur le bâti scolaire dans les écoles parisiennes. 

Donc notre groupe Modem et Indépendants tient à remercier le groupe Union Capitale de nous présenter cette niche sur un sujet municipal essentiel à savoir la rénovation et la modernisation du bâti scolaire à Paris.

Car c’est une réalité, les écoles ne vont pas bien à Paris et ce ne sont ni les enseignants, ni le personnel éducatif, ni les parents ni les élèves qui vous diront le contraire. De nombreux établissements présentent des risques pour la santé et la sécurité des élèves et des personnels avec la présence d’infiltrations ça été dit, de moisissures, de délabrement, de températures extrêmes, d’amiante, et j’en passe.

Cette situation, dénoncée par les familles, les enseignants, les mairies d’arrondissement est particulièrement critique dans les quartiers prioritaires de la ville où les retards de rénovation sont les plus marqués. La Ville de Paris est responsable de son inaction et du recul des investissements dans l’école publique qui ont diminué de 51 % en 10 ans. 

Alors où sont les promesses de 2013 qui annonçaient un plan de rénovation thermique de 600 écoles d’ici 2020 ? 

À cette époque, Paris se voulait pionnière, pourtant ! Mais en 2024, la réalité est bien différente. La Ville vient de présenter un nouveau plan de rénovation couvrant désormais les 631 écoles et les 454 crèches, mais avec une échéance repoussée à 2050 !

Ce manque d’anticipation et de réactivité a aussi des conséquences concrètes et graves, comme l’a tristement illustré la fermeture de l’école polyvalente Belzunce, où les taux extrêmement préoccupants de mercure volatil ont été détectés dans les locaux. Alors si la décision de fermer l’établissement était inévitable au vu du danger, l’évacuation a été menée dans la précipitation, sans coordination suffisante, provoquant une désorganisation totale pour les élèves, les familles et le personnel éducatif. 

Par ailleurs, les fluctuations des données budgétaires montrent une instabilité préoccupante dans les moyens alloués à cette priorité. Dans le plan de transition écologique présenté en novembre 2024, qui doit guider les actions de la Ville en matière de rénovation énergétique, les écoles, à l’exception des CPE, sont à peine évoquées, contrairement aux logements qui, eux, bénéficient d’un traitement détaillé et prioritaire. Cette mise à l’écart interroge et inquiète.

Il est donc urgent de remettre la rénovation scolaire au cœur de l’agenda municipal, avec des objectifs clairs, des moyens stables et une réelle volonté de pilotage. Ce n’est pourtant pas faute de vous avoir prévenus comme l’a régulièrement fait dans cette assemblée Delphine Bürkli, maire du 9è arrondissement.

Nous aurions pu aussi vous parler du grand retard des travaux d’accessibilité dans les établissements scolaires mais n’en jetez plus, le budget de Paris, déjà si mal en point, ne le supporterait pas.

Nous affirmons notre plein soutien à la rénovation des écoles parisiennes : il s’agit non seulement d’un impératif éducatif et social, mais aussi d’une obligation morale et environnementale. Offrir à chaque élève des conditions d’apprentissage dignes, saines et modernes ne peut plus être remis à plus tard. Cette nécessité est d’autant plus pressante que les engagements passés de la Ville de Paris en la matière contrastent fortement avec la situation actuelle. 

Nous voterons bien évidemment cette niche. 

Je vous remercie.

Maud Gatel à propos de la restauration d’une mosaïque située au 17 boulevard Henri IV

Merci beaucoup Madame la Maire, 

Au 17 boulevard Henri IV, se situe un immeuble classé au sein du patrimoine remarquable du Marais, indiquant ainsi un grand intérêt patrimonial et nécessitant la préservation de ces éléments décoratifs intérieurs. 

Et parmi ces éléments décoratifs, il y a une superbe mosaïque qui est située à l’entrée d’un supermarché et a subi de très nombreux dommages en raison notamment du passage des transpalettes. Et malgré les signalements nombreux notamment de tous les amoureux du patrimoine que je souhaite ici remercier, malgré la saisine des ABF (Architectes des bâtiments de France) aucun travaux de restauration n’a été engagé pour réparer cette sublime mosaïque. 

Le patrimoine de Paris est celui de tous les Parisiens. Il est nécessaire d’en prendre soin et c’est la raison pour laquelle il y a 2 ans par l’intermédiaire de Béatrice Lecouturier nous avons fait voter à l’unanimité de ce conseil la création de l’observatoire du petit patrimoine parisien pour identifier, valoriser et préserver ce patrimoine. 

Cette dégradation est une nouvelle preuve de son caractère indispensable et nous souhaitons véritablement l’accélération de son déploiement pour continuer à prendre soin et à entretenir le patrimoine des Parisiens. C’est l’objet de ce vœu d’abord de renforcer le dialogue avec les propriétaires de cet immeuble et que la rénovation, la restauration de cette mosaïque puisse se faire dans les plus brefs délais soutenu évidemment par l’expertise de l’observatoire du petit patrimoine. 

Je vous remercie.

Béatrice Lecouturier à propos de la Philharmonie de Paris

Madame la Maire,

 

Mes chers collègues,

 

Nous fêtons cette année les 10 ans de la Philharmonie de Paris qui s’est imposée comme le vaisseau amiral de la musique à Paris.

 

Son incroyable architecture que l’on doit à Jean Nouvel, une transversalité des musiques unique en son genre, une exigence et une ambition omniprésentes dans la programmation sont les ingrédients d’une réussite exceptionnelle culturelle parisienne.

 

En 2024, ce sont plus de 1,5 millions de visiteurs qui y sont allés à la Philharmonie avec un taux de remplissage de 95% des concerts. 

 

Autre bonne nouvelle : le rajeunissement spectaculaire du public. En 2024 le jeune public de moins de 28 ans a augmenté de 58%, par rapport à la période avant covid. 

 

Cette période a été favorisée par une stratégie tarifaire volontariste très avantageuse avec un concert à neuf euros le concert et une variété des musiques proposées dans sa programmation.

 

Car comme l’explique très bien son directeur général Olivier Mantei, il faut provoquer un choc, un véritable choc esthétique  pour donner envie au spectateur de revenir et revivre l’émotion musicale qu’il a ressentie.

 

La Philharmonie est un lieu ouvert sur le monde en témoignent les multiples entrées pour y accéder. Vous entrez dans un monde par une porte, pour en découvrir un autre. Vous y allez pour écouter de la musique et vous découvrez également une exposition, une médiathèque, un pôle des savoirs, des restaurants, une conférence. Bref c’est bien cette transversalité qui explique le succès de ce lieu unique qui enrichit l’esprit et le goût des autres.

 

Une programmation exigeante de concerts qui s’appuie sur les fondamentaux, avec les plus grands solistes et des orchestres internationaux, qui attirent un public de connaisseurs mais qui a séduit également tout un nouveau public moins expert.

 

Une ouverture vers un jeune public issus des quartiers politique de la ville, les fameux concerts Démos sont de réels succès alors qu’ils n’avaient pas toujours leur place dans le monde feutré de la musique classique.

Une belle ouverture sur l’inclusion également puisque l’accès aux personnes porteuses d’un handicap est dans l’ADN de la Philharmonie. J’en veux pour exemple des concerts avec des chansigneurs qui expriment en langue des signes rythmée les paroles de certaines chansons. Les concerts Relax où les codes de la salle de concert sont assouplis pour accueillir des personnes atteintes d’autisme, d’un handicap intellectuel ou de troubles psychiques afin qu’elles aient accès à un réel espace à la culture. 

 

Un vent nouveau souffle donc sur la Philharmonie. Un vent de démocratisation de ses publics sans se couper de son ambition artistique. Un vrai projet politique, sociétal et social donc que construit la Philharmonie et que la ville de Paris doit s’honorer d’accompagner.

 

Je vous remercie.

Delphine Bürkli à propos de la nomination d’un lieu emblématique pour Ginette et Etienne Moulin

Merci Madame la Maire, 

Le 9 février dernier, Madame Ginette Moulin, présidente d’honneur du groupe Galeries Lafayette, s’est éteinte à l’âge de 98 ans. 

Madame Moulin était une très grande dame. Héritière de l’institution emblématique de la mode et du commerce parisien qui a incarné avec passion et avec engagement l’esprit d’innovation et d’élégance des Galeries dont le siège historique se trouve, faut-il le rappeler, au cœur de Paris, au cœur du 9ème arrondissement, boulevard Haussmann. 

Madame Moulin était l’épouse d’Étienne Moulin lui-même l’un des dirigeants historiques du groupe, disparu il y a 20 ans. Tous deux ont incarné un engagement exceptionnel pour notre pays et notre ville. 

Deux personnalités qui tout au long de leur vie ont eu le sens de l’État, le sens du devoir, la devise française chevillée au corps. Tous deux étaient porteurs d’une mémoire forte. 

Madame Moulin était la fille de Max Heilbronn, résistant déporté à Buchenwald et c’est à Buchenwald que Monsieur Heilbronn rencontra Étienne Moulin, lui-même résistant auquel la France décernera quelques années après la Croix de Guerre 39-45, la médaille de la résistance. 

Monsieur Moulin a combattu au côté du général de Gaulle au sein des forces françaises libres avant d’être arrêté et déporté en 44. Plus tard, il fut reconnu juste parmi les Nations pour avoir sauvé des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. 

Alors leur rendant hommage nous réaffirmons avec force notre attachement aux valeurs qu’ils ont défendu. Alors aujourd’hui nous souhaitons inscrire leur nom illustre dans notre espace public parisien celui de deux grandes figures qui auront marqué l’histoire de Paris du 9e arrondissement forcément et au-delà l’histoire de notre pays et nous vous proposons en accord avec sa famille d’attribuer le nom de place Ginette et Étienne Moulin à l’intersection du boulevard Haussmann et de la rue Mogador à quelques mètres de la place Théophile Bader que nous avons inauguré en janvier 2018 en présence justement de Madame Moulin. 

Je vous remercie beaucoup pour votre soutien.

Alexis Govciyan à propos de la place des artisans à Paris

Madame la Maire,

Changer une chaudière, faire réparer une machine à laver, refaire une installation électrique… Peut-être, certains considèrent-ils que ces sujets relèvent trop du quotidien pour être abordés ici. Et pourtant, ils sont au cœur de la vie des Parisiennes et des Parisiens – et donc de nos responsabilités municipales.

Or, il y a le manque criant d’une politique réelle de soutien à l’artisanat parisien.
Les artisans, leurs salariés, leurs apprentis, sont confrontés à une accumulation de freins : accessibilité réduite, manque de stationnement adapté, manque de réseau de recharge à la hauteur des besoins… Résultat : des coûts qui explosent, des clients qui renoncent, des professionnels qui n’interviennent plus à Paris.

Et ce constat dépasse les simples particuliers. Les services de la Ville eux-mêmes ont des difficultés à trouver des artisans acceptant de répondre à leurs cahiers des charges, faute de main-d’œuvre disponible mais aussi face aux difficultés innombrables pour intervenir à Paris.

500 couvreurs manquent aujourd’hui à Paris. 500. Alors même qu’il y a urgence à adapter la ville au changement climatique et à accélérer la rénovation énergétique du bâti parisien.

Alors même que les savoir-faire d’exception des couvreurs-zingueurs font partie, désormais, du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Merci Delphine BÜRKLI pour cette excellente initiative !

Les artisans du bâtiment ne vont pas bien ; ils sont en ce moment même en train de manifester en bas de l’Hôtel de Ville pour vous alerter sur leur sentiment d’abandon. Car ce sont bien les artisans du bâtiment qui rendront possible l’adaptation de notre bâti au changement climatique. Si nous ne les soutenons pas de manière urgente et concrète, vos grandes déclarations sur la transition écologique resteront ce qu’elles sont trop souvent : de simples effets d’annonce, sans impact réel sur le terrain.

Autre illustration, nous avons constaté hier votre initiative de retirer une délibération concernant la Chambre de métiers et de l’artisanat, pourtant à l’ordre du jour de ce conseil de Paris. Cela est sans doute dû à une absence de concertation et révèle aussi une désinvolture envers ce secteur pourtant vital de notre ville.

Alors, Madame la Maire, avez-vous une véritable politique pour soutenir l’artisanat à Paris ? Quand allez-vous enfin prendre la mesure de l’urgence et bâtir, avec les professionnels, et non sans eux, une stratégie cohérente pour permettre aux artisans de continuer à exercer à Paris ?

 

 

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