Catégorie : Conseil de Paris (Page 2 of 61)

Séverine de Compreignac à propos de l’étude Energies et Mobilités à Paris, quelles perspectives 2050

Merci Madame la Maire, 
 
Cette étude dont nous débattons ce soir s’inscrit donc dans les objectifs du plan Climat avec en ligne de mire la volonté réaffirmée, à laquelle nous souscrivons bien sûr, de la neutralité carbone à Horizon 2050. 
 
Vous nous proposez un document présenté comme scientifique. Il laisse, il en oublie les biais qu’il traverse. Il laisse, il en oublie toutes les questions restées sans réponse, mais j’imagine que c’est la première étape d’un long chemin qui permettra, je l’espère, de revenir de plein pied dans la réalité. Ces billets posent la question du sérieux quand même du schéma directeur à venir fiable pour planifier la transition énergétique des mobilités à horizon 2030-2050 quand il est fait sur des bases faussées. 
 
Le premier biais et c’est ce que nous répétons depuis 5 ans maintenant c’est de penser que Paris est une île. Vous prenez le parc de voiture immatriculé et non circulant. C’est évidemment une double erreur. Les données de déplacement réelles sont lacunaires, les comptages partiels, les immatriculations parasitées par les flottes rattachées aux sièges sociaux dans les arrondissements, ce qui ne veut pas forcément dire qu’elles circulent dans les rues de Paris. 
 
Le deuxième biais, c’est de partir d’une électrification massive présentée comme inévitable alors que l’étude elle-même en souligne les incertitudes. L’étude se fonde sur un scénario qui suppose que 95 % de véhicules légers soient électriques en 2050, 75 % de poids lourd électrique, et une flotte fluviale quasiment totalement électrifiée en 2040 sans aucune démonstration économique ni d’analyse des besoins réseaux ou des coûts d’adaptation des infrastructures. 

Par ailleurs, l’étude passe sous silence les zones sous-dotées aujourd’hui en infrastructure de recharge. Ce qui rend d’autant plus hypothétique ces projections. Le document mise beaucoup sur le renouvellement futur des 107 parkings concédés, mais il n’est pas fait mention des éventuels refus des opérateurs ou de leur demande de compensation financière. 
 
La ville a-t-elle chiffré le coût des obligations qu’elle souhaite insérer ? Et pour moi, je l’ai déjà dit, c’est essentiel. On peut s’interroger sur l’intérêt de réaliser une telle étude centrée sur Paris, alors que les flux viennent principalement de l’extérieur. Une échelle de ce type à l’échelle du Grand Paris paraîtrait plus percutante. 
 
Et enfin, une nouvelle fois, ce futur schéma directeur est annoncé, mais l’étude reste purement théorique. Quels investissements, quelle gouvernance, quel calendrier ? Comment éviter que ce document ne soit qu’un rapport de plus sur une étagère ? L’étude constitue donc un document de référence pour définir le futur schéma directeur de la transition énergétique des mobilités. Il est expliqué que sa mise en œuvre nécessitera l’identification des leviers opérationnels, le stationnement, les concessions, les aides, l’urbanisme, l’équipement à quai et cetera. Une gouvernance dédiée et un suivi annuel mais dont il n’est rien dit. Une révision périodique intégrant les évolutions technologiques et réglementaires. 
 
C’est donc une sorte de boussole qui nous est proposée mais rien de très précis. Notre espoir, c’est que la prochaine étape soit plus élaborée et en même temps plus large et plus sérieuse. Je vous remercie.

Delphine Bürkli à propos de l’International Visual Theatre (9e)

Madame la Maire, 
 
Oui, chacun ici connaît l’importance de cette institution basée dans le 9e, l’IVT (International Visual Theatre) qui œuvre depuis des années au carrefour du théâtre, de la création artistique et de la culture sourde. L’IVT avec Emmanuelle Laborit, avec Jennifer Lesage que je salue très chaleureusement, joue un rôle unique, irremplaçable et contribue au rayonnement culturel de Paris et au-delà de la région Île-de-France. 
 
Le bail emphytéotique actuellement en vigueur arrive à son terme et ici nous est proposé un nouveau projet de bail qui couvre une période allant du 19 février 2026 au 31 décembre 2031. Si ce bail permettra à l’IVT de poursuivre son activité dans ce lieu emblématique du 9e, de maintenir son ancrage et de continuer à accueillir artistes, publics et apprenant dans des conditions favorables. Finalement, cette délibération, Madame Roland, fragilise la structure parce que et vous le savez, l’institution au moment des négociations avait une demande que je soutenais, celle de pouvoir bénéficier à nouveau bail emphytéotique, gage de stabilité et de visibilité pour un acteur culturel dont les projets s’inscrivent, vous l’imaginez, dans le temps long. 
 
Alors cette question de la visibilité, elle est aujourd’hui cruciale pour nombre d’acteurs culturels confrontés à une fragilisation de leur modèle économique, à un climat incertain et à la nécessité de développer des projets souvent pluriannuels. En n’ayant pas accepté cette demande de bail emphytéotique, vous privez l’IVT finalement d’un outil essentiel pour se projeter, lever des financements, rassurer ses partenaires et mener à bien des projets d’envergure. 
 
C’est pourquoi j’ai présenté avec mon groupe, avec Alexis Govciyan, avec Maud Gatel et Béatrice Lecouturier, cet amendement à cette délibération qui vise à revenir sur la limitation à 5 ans du bail proposé à l’IVT pour l’occupation de ses locaux. 
 
Je le répète, l’IVT a besoin d’un horizon contractuel long pour planifier ses projets, mobiliser des financements, sécuriser ses partenariats et travailler dans un cadre serein. Un bail emphytéotique répond à ces objectifs et constitue le dispositif le plus adapté pour garantir la pérennité de cette institution culturelle unique reconnue pour son travail au service de la création et des publics sourds. Donc, il s’agit par cette initiative de demeurer vigilant et à l’écoute de la direction et du personnel de l’IVT afin qu’ils puissent poursuivre leur mission artistique et pédagogique dans les meilleures conditions possibles. Donc je vous remercie pour votre soutien.

Béatrice Lecouturier à propos de la Philharmonie de Paris (19e)

Monsieur le Maire, 
Mes chers collègues, 
 
Cette nouvelle délibération est l’occasion de renouveler une fois encore notre confiance à la Philharmonie de Paris. Notre confiance au travail exceptionnel d’ouverture de la musique classique longtemps considérée comme élitiste, à d’autres publics plus jeunes, venus d’horizons différents avec des attentes différentes. 
 
L’ouverture à de nouvelles musiques, l’ouverture au handicap et à la différence, l’ouverture à des enfants venus de quartiers défavorisés qui n’ont jamais eu accès à la musique ni à la culture; l’ouverture à la jeunesse avec des concerts à partir de 9 €, l’ouverture à d’autres cultures musicales, l’ouverture à des femmes cheffes d’orchestre, l’ouverture à marier l’art, le sport et la musique au travers d’expositions exceptionnelles. 
 
Bref, vous l’aurez compris, la Philharmonie de Paris, c’est un grand souffle d’ouverture et de respect qui souffle sur le monde de la culture depuis 10 ans maintenant. Et Christophe Girard me rappelait qu’effectivement nous avons fêté les 10 ans de la Philharmonie et qu’il était dans le jury, merci Christophe. 
 
Tout cela a été porté par un esprit d’exigence omniprésent dans chaque projet. Mais j’aimerais aussi rappeler toute notre confiance à la Philharmonie de Paris au nom des élus du groupe MoDem et Indépendants, suite aux événements très graves qui ont eu lieu le 6 novembre dernier. Le jeudi 6 novembre aux alentours de 20h30, un concert de l’orchestre philharmonique d’Israël conduit par le chef d’orchestre Lahav Shani a été fortement perturbé par des manifestants propalestiniens qui se sont introduits dans la grande salle Pierre Boulez en dépit d’un important dispositif de sécurité. Ces activistes ont interrompu la représentation à plusieurs reprises en allumant des fumigènes, mettant en danger la sécurité des spectateurs et des musiciens provoquant un grand désordre durant le concert. Cet événement a profondément choqué les spectateurs, les musiciens, les équipes de la Philharmonie et nous tous qui sommes attachés à la liberté artistique dans tous les lieux culturels. 
 
Alors la musique et la culture oui ont été attaquées ce soir-là mais n’ont pas cédées ni à la violence, ni à la haine. Enfin, il nous revient à nous tous, et lieu de la République, de condamner ces actes intolérables dans les salles de spectacles qui doivent rester des sanctuaires de paix, de respect et de tolérance. 
 
Je terminerai mon propos en apportant de tout le soutien de notre groupe à Olivier Mantei, directeur général de la Philharmonie de Paris ainsi qu’à toutes ses équipes pour qu’il continuent sans relâche le travail exceptionnel et ambitieux qu’il réalise pour le rayonnement de la culture à Paris, en France et dans le monde entier. Je vous remercie.

Béatrice Lecouturier à propos du rapport d’activité 2025 du Conseil parisien des Européens

Chers amis européens, 

C’est toujours une grande joie de vous accueillir pour nous, élus MoDem et Indépendants car comme vous le savez pour nous, l’Europe fait partie de notre ADN politique et nous croyons fermement que c’est avec l’Europe que la France relèvera ces grands défis. 

Alors, nous attendons toujours vos travaux et propositions pour Paris à la lumière des expériences d’autres capitales européennes qui nous obligent à réfléchir sous un autre angle, à sortir de nos certitudes pour nous ouvrir à de nouvelles politiques de la ville. Alors, que ce soit la végétalisation, la culture, la citoyenneté ou le sport, ces quatre thématiques sur lesquelles vous avez travaillé sont des thèmes structurants pour notre capitale et merci de les avoir choisies. Parmi les propositions fortes que vous nous proposez, notre groupe retiendra particulièrement la création de Rangers dédiés à la nature en ville ou encore l’apport essentiel de la réflexion sur le handicap. 

Vous ouvrez par là, la voie à une conception universelle des usages et des activités où la nature en ville ne doit exclure personne et c’est une excellente chose. Sur le thème de la culture, la ville de Paris rappelle qu’elle est impliquée dans plusieurs réseaux européens et c’est très bien. Mais encore faudrait-il que cet écosystème culturel européen qui est là, d’une base extraordinaire, soit mieux exploité par la Ville de Paris. En tout cas, elle ne l’est pas suffisamment fait d’une manière suffisamment visible. 

Vos travaux ont permis d’identifier des exemples internationaux particulièrement inspirants qui montrent à quel point l’éducation à l’image et au numérique est devenue un enjeu culturel majeur en Europe. Ils ouvrent une voie ambitieuse et nécessaire pour Paris non seulement pour adapter notre politique culturelle aux nouveaux usages numériques, mais aussi de construire une véritable stratégie d’éducation à l’image, à la hauteur des enjeux démocratiques actuels, et je parle bien d’enjeux démocratiques. 

En suggérant des outils concrets comme des hub numériques, des campagnes citoyennes, des formations, des prix, des observatoires, une coordination renforcée des programmes européens, elles esquissent une politique culturelle moderne, innovante, inclusive et structurante. 

Enfin, je terminerai par le sujet de la citoyenneté. Nous ne le répéterons jamais assez. Les Européens ont le droit de vote aux élections municipales. Paris est la ville dans laquelle ils habitent, ils travaillent, ils sortent, ils se soignent. Alors, je lance un appel. Amis européens, allez vous inscrire sur les listes électorales parisiennes ! Exprimez-vous sur la ville que vous voulez. La Ville de Paris porte une réelle responsabilité à faire connaître et savoir ce droit. Nous demandons donc une vaste campagne de communication et vous l’avez très bien fait et très bien dit soit faite notamment en s’appuyant sur les réseaux sociaux, les réseaux associatifs ou les diasporas européennes présentes à Paris comme vous le proposez. 

Bravo pour vos travaux qui font avancer les choses. Vous êtes les meilleurs ambassadeurs pour sensibiliser nos compatriotes européen à s’investir à Paris, dans la ville qu’ils ont choisie mais qui n’est pas toujours aussi accueillante ni facile à vivre qu’ils l’auraient imaginée en arrivant et ils nous l’ont dit. 

Pour terminer, nous voterons bien évidemment votre vœu pour améliorer l’accès au sport à toutes et à tous à Paris en passant notamment par la promotion d’un sport accessible et inclusif. Je vous remercie.

Maud Gatel à propos du réservoir de Grenelle (15e)

Chers collègues, 

Finalement cette délibération c’est l’illustration de la démocratie participative vue par l’Exécutif, c’est-à-dire un projet proposé il y a 12 ans par des riverains, une association soutenue par la mairie d’arrondissement et il a fallu 12 ans, beaucoup d’agrément pour qu’on revienne au point de départ. 

Je me souviens lors de la dernière mandature ce qui nous avait été répondu lorsque nous avions déposé un vœu concernant ce projet d’aquaponie en faisant part de toutes nos réticences, nos doutes et ce qui nous avait été répondu à l’époque. Et aujourd’hui, machine arrière totale pour revenir à ce qu’était finalement le projet initial il y a plus de 10 ans et Claire de Clermont-Tonnerre et Daniel-Georges Courtois l’ont rappelé. 

12 ans de perdu pour tous les habitants de ce quartier. Peut-être un petit peu d’argent dépensé aussi et finalement 12 années sans faire de cet espace un véritable espace de respiration à la hauteur de ce qu’il aurait pu être. Quelle occasion gâchée !

Alexis Govciyan à propos de la protection et libération des prisonniers arméniens en Azerbaïdjan

Madame la Maire,

Avec Rachida Dati, Maud Gatel, Delphine Bürkli, Jean-Didier Berthault, Brigitte Kuster et l’ensemble des élus du groupe Changer Paris et MoDem et Indépendants, j’ai l’honneur de présenter ce vœu portant sur la demande de protection et de libération des prisonniers politiques arméniens actuellement détenus en Azerbaïdjan. 

La question arménienne tant sur le plan de l’histoire et de la mémoire que sur celui de la République d’Arménie et de la République du Karabakh d’Artsakh est une cause majeure défendue par l’ensemble des élus des groupes politiques du Conseil de Paris. 

Dans notre hémicycle, cette question est revenue à plusieurs reprises dès le début de la guerre d’agression lancée par l’Azerbaïdjan contre la République arménienne du Haut-Karabakh. Ce processus a conduit à un nettoyage ethnique provoquant l’occupation totale du territoire d’Artsakh, l’assassinat de milliers d’Arméniens et le déplacement forcé de plus de 120 000 civils vers la République d’Arménie. 

L’ensemble des milieux politiques, intellectuels et associatifs français se sont mobilisés pour dénoncer cette agression et pour tenter de soutenir, défendre, voire sauver un Artsakh arménien dont l’existence physique, historique et culturelle était et demeure plus que jamais menacé. C’est dans cet esprit que notre Conseiller de Paris a attribué au peuple du Haut-Karabakh la citoyenneté d’honneur de la Ville de Paris outil de protection diplomatique et humanitaire pour continuer d’apporter aux victimes une visibilité internationale, une protection morale et une légitimité renforcée dans les démarches politiques de mobilisation. 

Aujourd’hui, une urgence humanitaire nous conduit à présenter au Conseil de Paris l’initiative d’une action rapide inscrite dans la durée pour la libération des 23 prisonniers politiques arméniens détenus par l’Azerbaïdjan et parmi lesquels figurent d’anciens ou actuels responsables politiques institutionnels du Haut-Karabakh. Lors d’une audience judiciaire récente à Bakou, le procureur a en effet requis des peines de réclusion à perpétuité pour nombre d’entre eux, et des peines très lourdes pour d’autres. 

Pour toutes ces raisons, nous demandons que le Conseil de Paris se prononce sur la protection et la libération de ses prisonniers politiques et organise avec l’ensemble des groupes politiques une manifestation d’envergure mettant en lumière les conditions de détention arbitraire et l’impérieuse nécessité de leur libération et que par ailleurs les photos et les noms soient affichés sur la façade de l’hôtel de ville dans les plus brefs délais. 

Alexis Govciyan à propos du sommet des maires européens contre l’antisémitisme

Merci Madame la Maire,

Mes chers collègues,

Vous nous soumettez aujourd’hui une convention à conclure entre la Ville de Paris et l’organisation “Combat Antisemitism Movement” relative à l’organisation d’un sommet des maires européens contre l’antisémitisme qui s’est déjà tenu les 19 et 20 novembre 2025 et vous sollicitez aujourd’hui notre approbation. 

Aux côtés de “Combat Antisemitism Movement” depuis 2021, je souhaite en premier lieu saluer l’engagement exemplaire de l’ensemble de ses dirigeants et je tiens à leur réaffirmer le soutien plein entier de notre groupe MoDem et Indépendants dans ce combat fondamental. 

Comme vous le savez, le groupe MoDem et Indépendants est pleinement mobilisé dans la lutte contre l’antisémitisme. C’est donc en cohérence avec cet engagement que nous voterons en faveur de cette délibération. Cette détermination est d’autant plus nécessaire que l’actualité toute récente, marquée par des attentats antisémites survenus à Sydney, nous rappelle tragiquement que la haine des juifs n’appartient ni au passé, ni à un seul territoire, mais constitue une menace globale bien réelle persistante et violente. 

Pour autant, la méthode retenue par l’Exécutif parisien pour l’organisation et le suivi de cet événement pourtant majeur nous étonne car le sommet s’est tenu alors même que le Conseil de Paris était réuni en séance plénière au mois de novembre dernier. Pourquoi cette convention n’a-t-elle pas été soumise au vote à cette occasion ? D’autant plus que nous avons précisément débattu lors de la séance de novembre du plan parisien de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Ce contexte aurait offert un cadre particulièrement pertinent pour engager une réflexion collective sur la portée politique de ce sommet, sur ses objectifs et sur les engagements concrets que la ville entendait en tirer. 

Or, la délibération qui nous est soumise aujourd’hui intervient a postériori sans qu’aucun élément précis ne nous soit communiqué sur le contenu du programme, la nature des échanges ou les conclusions des travaux. Vous affirmez dans votre projet de délibération que l’accueil pour Paris de ce sommet devait permettre d’adresser un message fort, de produire des retombées directes pour les Parisiennes et les Parisiens, d’alimenter les politiques éducatives, culturelles et citoyennes locales et de renforcer la prévention des discriminations, consolider, le vivre ensemble dans la capitale. 

Mais qu’en est-il concrètement ? Quels enseignements en ont été tirés et quels effets mesurables peuvent aujourd’hui être identifiés ? Si cette délibération nous avait été soumise en amont de la tenue du sommet, nous vous aurions demandé d’aller au-delà de déclaration d’intention pour inscrire cette initiative dans une réflexion politique de fonds sur la lutte effective contre l’antisémitisme et contre l’antitionisme. Nous vous aurions également interrogé sur le décalage persistant entre cette volonté affichée et la tolérance dont ont bénéficié pendant des mois certaines initiatives, prises de position ou expressions émanant de membres de votre majorité visant Israël et son peuple jusqu’à les accuser parfois de crimes génocidaires. 

Vous avez sans doute eu des réponses à ces interrogations légitimes, mais nous les attendons avec attention. Merci.

Maud Gatel à propos du rachat du BHV par la Ville de Paris

Merci beaucoup Madame la Maire,

L’annonce de l’arrivée de Shein au BHV a suscité sur l’ensemble de ces bancs une immense colère parce que Shein, de par son modèle social, environnemental, commercial, ça n’est pas ce que nous voulons pour le commerce à Paris. 

Et notre colère finalement, elle est à la hauteur de l’inquiétude que nous avons pour le commerce parisien à travers l’illustration et le symbole que constitue le BHV. Parce que finalement l’arrivée de Shein, au-delà de la provocation, c’était aussi la recherche du buzz pour essayer de sortir de la tête de l’eau, mais c’est pas comme ça que le BHV sortira la tête de l’eau. 

Alors, nous sommes inquiets pour les salariés du BHV, pour ce que représente le BHV pour le commerce parisien, mais il y a un petit côté dans votre annonce, Madame la Maire, de Pompier Pyroman sur cette question du BHV. 

Alors oui, le BHV a souffert profondément des grèves du Covid, mais a aussi souffert d’un certain nombre de politiques publiques parisiennes. Et donc vous voir aujourd’hui affirmer que vous seriez prêt à regarder le rachat des murs, d’abord ça n’est évidemment absolument pas crédible au regard des 300 millions qui seraient nécessaires. Et par ailleurs, je ne suis pas sûre que ce soit souhaitable pour les salariés du BHV et pour le commerce parisien. 

C’est pas très sérieux. Nous avons au contraire besoin d’un projet crédit pour le BHV. Nous ne voterons pas ce vœu. 

Maud Gatel à propos de la transformation de l’ensemble immobilier de la Tour Maine-Montparnasse

Merci Madame la Maire,
Mes chers collègues,

C’est la délibération qui nous est soumise est éminemment technique sur un sujet au combien important et probablement aussi, au combien complexe au regard des contraintes intrinsèques à ce projet. 

D’abord, les contraintes architecturales liées à l’urbanisme sur dalle héritées des années 70. Puis les enchevêtrements des espaces, des statuts, des actionnaires, le statut privé de la grande majorité des propriétaires et c’est probablement un point qui est parfois un petit peu oublié. Et enfin la multiplicité des activités entre les bureaux, les services publics et le centre commercial. 

Aujourd’hui, soyons très clair, cet espace est devenu hostile, absolument plus adapté aux attentes des Parisiens d’aujourd’hui et il est urgent de le requalifier et de répondre aux aspirations des Parisiens, notamment en matière de végétalisation, de cheminement et tant de temps perdus nous ont éloigné évidemment de cette requalification. Cette situation de blocage dure depuis plusieurs années et a conduit à une dégradation progressive du site, particulièrement du centre commercial et des équipements sportifs. Les habitants et les usagers en subissent les conséquences quotidiennement. La reprise du dialogue entre la Ville de Paris et les porteurs de projet sur la base de l’esquisse présentée par Enzo Piano a permis de dénouer une situation bloquée depuis bien trop longtemps. Des changements apportés au projet vont clairement dans le bon sens. C’est la limitation des démolitions, le recours accru au réemploi, l’amélioration de la qualité architecturale, la meilleure perméabilité urbaine, autant d’éléments qui renforcent la cohérence de l’opération. 

Pour autant, avancer, ne veut pas dire avancer sans lucidité ni sans exigence. La délibération qui nous est soumise vise à approuver l’étude d’impact, à adapter certaines servitudes historiques et à entériner plusieurs conventions de projets urbains partenariales. Elle constitue une étape nécessaire pour permettre au projet de prendre enfin forme, mais elle intervient après des retards considérables et soyons très clair, elle illustre la fragilité de votre majorité puisque nous sommes encore une fois témoins des fractures au sein de votre majorité. 

C’est vrai que on a fait entrer cette délibération au chaussepied puisque il ne relève pas du PLUb mais du PLU de 2006. Certaines interrogations méritent d’être entendues et nous souhaiterions avoir des réponses. D’abord, c’est la question de la programmation. Le projet confirme une place très significative accordée aux bureaux, que ce soit dans la Tour Montparnasse, dans la tour CIT ou encore dans les surélévations prévues au-dessus du centre commercial. C’est normal, compte tenu encore une fois du fait que ce sont des acteurs privés, qu’il faut un business modèle. Mais en revanche, ce qui ne serait pas acceptable, c’est qu’une augmentation significative du pourcentage de bureau par rapport au projet actuel soit in fine proposé. 

Le calendrier. Ce dossier est l’illustration parfaite des lenteurs de la Ville de Paris. Je ne reviens pas sur les étapes passées. Nous voilà en 2025 avec un projet qui, ironie de sort, ne satisfait même pas la majorité municipale. Ce délai et le temps perdu doit être mis à profit pour renforcer la concertation avec les habitants, travailler les questions de sécurité, d’usage, d’équipement ouvert au public et surtout limiter les impacts d’un tel chantier sur l’ensemble du quartier. 

Et puis oui, il faudra présenter le projet aux habitants comme cela a été fait dans le 15e arrondissement lors du conseil de quartier Pasteur Montparnasse et j’espère bien que d’autres arrondissements pourront avoir cette chance. À force de refuser toute évolution, on ne protège rien, on laisse mourir et ce blocage a contribué directement à la situation actuelle. Mais il est temps désormais d’avancer, avancer et sécuriser les continuités piétonnes, repenser la logistique urbaine, traiter les réseaux, améliorer la perméabilité du site et transformer ce cœur de quartier aujourd’hui obsolète. Nous pourrons aussi compter sur un établissement culturel. Bref, il est temps d’assumer ce projet.  Je vous remercie.

Delphine Bürkli à propos de la situation de l’aide sociale à l’enfance à Paris (ASE)

Merci Madame la Maire,

Avant toute chose, je souhaite rappeler que ce débat n’aurait pas eu lieu sans la demande de plusieurs groupes politiques, et en premier lieu le groupe MoDem et Indépendants, ce qui, en soi est révélateur du malaise suscité au sein de l’exécutif par cette sordide affaire. 

Nous sommes en effet face à une affaire grave dont la victime est un enfant de huit ans qui a eu la tête rasée il y a dix mois, en février 2025 par des adultes censés le protéger dans un établissement parisien de l’ASE. Cet acte évidemment, a été commis sans son consentement, sans celui de sa mère, et sans aucune validation hiérarchique. Il a été filmé. Deux vidéos ont ensuite circulé au sein même de l’équipe éducative, sur une boucle WhatsApp, laissant clairement entendre qu’il s’agissait d’une sanction. Et ce n’est qu’à la fin du mois de septembre que la mère a découvert l’existence des vidéos. La justice a alors été alertée et la Ville de Paris a été officiellement saisie vous l’avez rappelé dans votre propos Madame la Maire que quelques semaines plus tard. Enfin, l’affaire est devenue publique, à la suite d’une enquête journalistique, voilà pour les faits. 

En quelques mots, des faits qui se sont produits dans un établissement associatif habilité, financé par la Ville de Paris. Et tout cela nous interpelle forcément. Parce que ces faits interrogent directement l’exercice du contrôle, la chaîne de responsabilité, et la capacité réelle de la collectivité à protéger les enfants qui lui sont confiés. 

Des faits qui révèlent aussi au grand jour une réalité plus large : celle d’une institution souvent livrée à elle-même, tél un bateau à la dérive, à Paris comme ailleurs en France.

Et aujourd’hui, nous considérons que ce vœu de l’Exécutif n’est pas tout simplement à la hauteur des enjeux. Et le dire n’enlève rien au dévouement des éducateurs et des animateurs qui, chaque jour, s’investissent auprès d’enfants fragilisés, souvent en très grande détresse.

Alors personne ici ne peut être en désaccord avec les principes affichés dans votre vœu. Transmettre les conclusions d’une inspection à la justice, renforcer la formation des professionnels, mieux informer les groupes politiques : ce sont des objectifs que nous partageons.

Mais justement parce que l’affaire est grave, ce vœu pose un problème majeur : il explique ce qu’il faudrait faire après, sans jamais clarifier ce qui s’est passé avant.

Le huitième considérant en est une illustration : il indique que la Ville aurait été « très tardivement informée » des faits. Mais ce point n’est pas un détail. Il interroge sur la chaîne de responsabilités, sur l’exercice concret de la compétence départementale en matière de protection de l’enfance, sur la réactivité de la collectivité, et sur l’effectivité du contrôle exercé sur les établissements habilités.

Et c’est pourquoi, en insistant auprès de vous pour inscrire ce sujet à l’ordre du jour,  nous avons besoin aujourd’hui de réponses factuelles et précises.

Vous saisissez aujourd’hui la justice : mais ces informations, les aviez-vous eu plus en amont ? Quelles ont été les alertes reçues par Madame Versini, et à quelle date ? Quel traitement leur a été réservé ? Quel contrôle la Ville exerce-t-elle réellement sur les associations habilitées, mais aussi sur les établissements en régie ? Y a-t-il eu une défaillance du contrôle de la Ville ? Et si oui, à quel niveau ?

Des dossiers vous remontent : qui les contrôle, qui les arbitre ? Vous êtes nécessairement informés des difficultés de recrutement. Il suffit de regarder d’ailleurs Indeed et Linkedin pour voir qu’il y a des centaines de postes à pourvoir aujourd’hui à l’ASE de Paris. Y a-t-il eu d’autres cas préoccupants de maltraitance ? Comment la Ville contrôle-t-elle les personnels, dans les associations sous tutelle comme dans les structures en régie ? D’autres faits ont-ils été dissimulés, minimisés ou simplement non portés à la connaissance de notre assemblée ?

Enfin, quelles mesures structurelles la Ville entend-elle réellement prendre pour tirer toutes les conséquences de cette affaire et garantir que de tels manquements ne puissent plus jamais se produire ?

Et puis une autre question, et non des moindre : comment Madame Versini, désormais dans l’organigramme administratif de la Ville en tant que « défenseure des enfants de la Ville » peut-elle se saisir de ce dossier alors même qu’elle a exercé auprès de vous, pendant plusieurs années les fonctions d’adjointe chargée de la protection de l’enfance ?

Alors oui c’est vrai, j’entendais Madame Primet, oui en matière d’Aide sociale à l’enfance, ça explose de partout, dans tous les départements. On ne compte plus les témoignages et les livres pour dénoncer les violences dans les ASE partout en France, le dernier en date « La fabrique du malheur » de Claude Ardid et ça fait vraiment froid dans le dos. 

Quant à Envoyé Spécial sur le service public, qui révèle, le 27 novembre, la prostitution de petites filles de 12 ans à Marseille dans un établissement de l’ASE. Alors évidemment on s’interroge inévitablement sur l’accompagnement des mineurs de 12, 13, 14 ans, aussi à Paris. Parce qu’on sait que ces phénomènes se produisent ailleurs en France et comme d’autres départements, la Ville de Paris s’expose aujourd’hui à des poursuites pour défaillances graves, parce qu’il est inadmissible de laisser des enfants subir de telles violences.

Alors en l’état, ce vœu permet à l’Exécutif de montrer qu’il réagit, mais sans assumer pleinement ce qui relève pourtant de sa responsabilité politique directe. Nous le voterons ce vœu. Mais nous avons besoin de données claires Madame la Maire : sur le nombre de situations de maltraitance identifiées, sur l’ampleur des difficultés de recrutement, sur les signalements remontés et leur traitement. Nous avons besoin d’un audit complet Madame la Maire, des établissements et des personnels de l’ASE.

Il y a eu des défaillances Madame la Maire, C’est incontestable et c’est toute une chaîne de responsabilités qu’il faut interroger. Je vous remercie.

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