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Séverine de Compreignac à propos de la nouvelle Charte du Budget participatif – Conseil de novembre 2022

Quelques mots donc sur cette nouvelle charte du budget participatif que vous voulez simplifier pour améliorer la participation des Parisiens. Il est vrai que depuis quelques temps, on constate une forme de désintérêt, mais j’y reviendrai.

On fait donc encore évoluer une nouvelle fois la charte du budget participatif, comme l’année dernière. Pourquoi pas ? Nul n’est à l’abri d’une nouvelle bonne idée. Cependant, un projet bien construit éviterait peut-être de délibérer à nouveau chaque année. Donc désormais, les Parisiens pourront déposer des idées tout au long de l’année sur la plateforme et les projets ne pourront pas s’opposer aux objectifs de transition écologique ou de solidarité. Cela me paraît de très bons objectifs, même si l’on risque de se retrouver avec autant de projets qui se ressemblent par trop.

En revanche, l’idée suivante me paraît plus inaboutie et nos collègues du groupe LR en ont déjà parlé : le financement des projets, qui reste à peu près globalement le même. Là où je vais tout à fait dans le sens de l’amendement de Jean-Pierre Lecoq, c’est de proposer un plancher. Cela me semble absolument indispensable, il n’y a pas de raison que les autres quartiers soient lésés et que chaque arrondissement ait un minimum de visibilité. Donc, en complément, vous prévoyez des réunions pour fixer la liste des projets mis au vote des commissions publiques pour assurer une transparence sur l’avancement des projets. Ce que je ne comprends pas c’est, en parallèle, le lancement de Des idées pour Paris, autre plateforme sur des idées sur le thème de leur choix.

Je vois bien la différence entre les deux idées, mais on peut tout de même se demander si on n’est pas encore en train de multiplier les initiatives en perdant un certain nombre de Parisiens au passage, sans compter “embellir votre quartier”, “les ateliers de concertation” et d’autres trucs encore sûrement que je n’ai pas encore trouvés. On le voit bien à travers les chiffres communiqués, la profusion des dispositifs favorise la désaffection du dispositif de démocratie participative, et c’est bien dommage. 

L’idée de démocratie participative est souhaitée par tous, mais nous devrions faire un sacré ménage là-dedans. Il y a deux autres problèmes liés à la sélection des projets, mes collègues en ont déjà parlé. Certains font partie des prérogatives de la Ville : pourquoi la réfection de toilettes d’une école est prise sur le budget participatif ? Aucune raison.

Par ailleurs, on remarque dans certains quartiers des projets qui sont sélectionnés en troisième position, qui ressortent en numéro un. Sans doute un tour de magie dont nous ne maîtrisons pas tous les éléments. En fait, de manière plus large, sur les dispositifs participatifs, la non-utilisation du budget des conseillers de quartier avec trop de budget pour le fonctionnement et pas assez de budget pour l’investissement, est un sujet récurrent qui doit être réglé. Cela se constate dans quasiment tous les arrondissements année après année.

Pour conclure, je veux à nouveau insister sur l’idée avancée par mon collègue Pierre Casanova depuis le début de ce mandat, qui l’a encore rappelé mardi et que le groupe MoDem soutiendra tant que cela n’aura pas été mis en œuvre.

Compte tenu de l’état des finances de la ville, il serait vraiment utile et sûrement efficace de permettre aux Parisiens de proposer des idées de rationalisation des dépenses, voire de mettre en avant des sources d’économies et au-delà de la gestion de la ville, cela pourrait relever de la pédagogie générale, de faire circuler l’idée que nous ne nous arrêtons pas qu’à de la distribution d’argent, mais que s’intéresser à la bonne gestion de l’argent public peut être au bénéfice de tous.

Vous l’avez compris, nous sommes bien sûr favorables au budget participatif, mais sommes bien peu convaincus par votre délibération. Ainsi, le groupe MoDem s’abstiendra.

Je vous remercie.

Séverine de Compreignac à propos du Conseil parisien des Européens – Conseil d’octobre 2022

Merci Monsieur le Maire,

Et merci monsieur et madame de nous avoir fait cette présentation tout à l’heure.

Je voudrais saluer ici le travail mené par le Conseil parisien des Européens, créé il y a maintenant quatre ans, dans le cadre du projet Initiative nouvelle pour la citoyenneté locale et urbaine des Européens.

Les membres de ce Conseil, tous citoyens européens de différentes nationalités, organisés en groupes thématiques, ont mené des travaux approfondis et inspirants sur des sujets particulièrement importants et d’actualité tels que la citoyenneté européenne qui est particulièrement intéressante je trouve,  et d’autres que vous avez cités et énumérés tout à l’heure.

La mise en avant de ces sujets est cruciale pour faire connaître l’Europe, souvent malmenée et mal aimée, et ainsi renforcer ce sentiment d’appartenance à une communauté européenne, particulièrement auprès des jeunes. L’information et la sensibilisation sont primordiales.

Vous savez, les convictions du MoDem, chers collègues, sur ces questions. Pour nous, l’Europe et son avenir est un combat quotidien et les événements internationaux récents nous rappellent chaque jour à quel point la paix est fragile, même chez nous en Europe.

Nous devons rester vigilants en permanence et veiller à maintenir cette paix et cette unité européenne si précieuses.

En réalité, où en serions nous aujourd’hui si la réalité de l’Europe,le projet qu’elle représente, n’existait pas ? C’est bien elle qui nous permet de penser un autre avenir.

Alors oui, toutes les expériences, toutes les initiatives, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues et c’est ce à quoi travaille ce CPE.

A travers ses projets, c’est une certaine vision du monde qui est proposée, celle de la liberté que nous devons défendre pied à pied.

Il n’y a qu’à voir ce qu’il se passe dans certains pays aujourd’hui pour nous rappeler le bonheur de notre liberté ici chez nous.

L’Europe, c’est aussi la loi, celle qui libère aussi. Et là, nous avons des combats à mener, de vrais combats. Un seul exemple parmi beaucoup d’autres que j’aurai pu prendre, l’IVG.

En France, nous pensons à l’inscrire dans la Constitution, mais c’est un droit réel chez nous, que chaque femme peut exercer et aucun parti politique, à ma connaissance, ne souhaite le remettre en cause. Jolie avancée donc.

Mais qu’en est-il ailleurs, chez nous, en Europe, dans d’autres pays ? N’est ce pas là un vrai combat à mener pour certaines femmes européennes qui voient ce droit rétréci, voire quasi abrogé tellement il est restreint ?  Encore un combat européen pour cette liberté tant chérie que nous avons à mener.

Parce que plus l’Europe sera ouverte, ouverte à l’autre, à celui qui n’est pas pareil, qui n’a pas tout à fait la même histoire, plus elle sera libre, tolérante et déterminée, et plus les souverainetés mal placées, mal calculées, reculeront. C’est notre conviction en tout cas.

Nous avons récemment, la semaine dernière me semble-t-il,  fait un nouveau pas en avant avec la communauté politique européenne à l’initiative du chef de l’État.

Et c’est l’ouverture, encore elle, vers d’autres nations pour nous renforcer ensemble et plus largement encore.

Il est l’heure, l’heure de se rappeler que la guerre est à nouveau chez nous,à nos portes, que la jeunesse doit se réapproprier ce mouvement pour construire son avenir.

Cette jeunesse qui aime l’ouverture doit s’approprier cette belle devise de l’Europe, qui préside à sa destinée depuis si longtemps : Unie dans la diversité.

Et vous avez parlé des langues tout à l’heure, cher Monsieur, et je pense que c’est un des éléments fondateurs de cette Europe. Et on sait qu’en France,  on a de particulièrement grosses lacunes sur ce sujet là. Et le Conseil de Paris devrait pouvoir encourager vos demandes.

Celle de répondre à la demande des Parisiens qui souhaitent s’ouvrir à d’autres langues européennes  et avec une demande qui est plus forte que l’offre.

Alors oui, ce conseil parisien des Européens doit travailler, être soutenu et encouragé, et le travail déjà produit est extrêmement encourageant. Je les en remercie.

La Ville de Paris doit réaffirmer son soutien aux travaux que mènent les membres du Conseil  et soutenir à travers eux, les Parisiens soucieux de faire vivre cet esprit d’ouverture  envers nos concitoyens européens et ayant à cœur de créer une nouvelle cohésion européenne.

Je vous remercie.



Séverine de Compreignac à propos du projet OnE de la Tour Eiffel – Question d’actualité du Conseil d’octobre 2022

Merci Madame la maire.

Je veux moi aussi vous parler du Champ de Mars, de votre projet et de la vie des riverains alentours. Cet espace vert majeur dans le paysage parisien fait partie des emblèmes de la capitale.

Un public nombreux – près de 20 millions de personnes chaque année – déambule dans ce lieu classé depuis plus de 70 ans, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Vous le savez, le groupe MoDem s’est toujours opposé au projet d’aménagement des abords du Champ de Mars.

Le travail avec les associations de riverains (Passy Seine, XVIe Demain, les Amis du Champ de Mars, l’Association des riverains du Trocadéro et de la Tour Eiffel) avait notamment permis de confirmer que ce projet pharaonique n’avait d’écologique que le nom. 

Malgré la désapprobation de l’opposition, l’inquiétude des associations, plus rien ne semblait envisageable pour contrer ce projet. Les Verts ayant décidé de s’en satisfaire. Mais désormais, plus personne ne connaît la fin de l’histoire ! 

Aussi, madame la Maire, ma question abordera deux aspects. Le premier porte sur votre projet qui dure depuis plus de quatre ans. Le temps passe et rien ne se passe, même si j’ai bien compris par vos réponses précédentes que le vieux projet est enfin abandonné à notre grand soulagement.

Qu’en est il donc de celui qui va peut-être voir le jour, différent, si l’on en croit la presse, avec un problème financier quand même à la clé, car il est question d’être moins ambitieux, mais pour un coût plus élevé.

Alors, entre info et intox, entre rumeurs et Twitter, entre polémiques et non-dits, il serait temps de dire clairement les choses,de raconter la vraie histoire.

Abattage d’arbres ou non ? J’ai cru entendre tout à l’heure que non. 

Constructions nouvelles ou non ? Visiblement plus. 

Réaménagement des abords de la tour Eiffel pour mieux gérer les flux ou non ? 

Les habitants du secteur, en fait, les Parisiens dans leur ensemble, aimeraient savoir quel sera l’avenir de ce patrimoine collectif dont nous devrions tous pouvoir être fiers. Le second aspect de ma question, si j’ai encore le temps, relève de la vie quotidienne des Parisiens, celle qu’ils subissent et qui accentue leur mal être.

Je passe sur les problèmes des pelouses complètement dégradées, sales,  alors même que celles des Tuileries ou du Luxembourg, à peu près de même taille, sont dans un état impeccable, c’est donc loin d’être impossible.

En revanche, je ne passerai pas sur les problèmes de sécurité. Les chiffres sont clairs : la délinquance a considérablement augmenté et au-delà des nuisances, ce sont des problèmes de violence en constante augmentation. Les effectifs ont été très largement augmentés sur le terrain et on ne peut que s’en féliciter. 

Je vais d’ailleurs profiter de cet instant pour saluer notre nouveau préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, parfaitement mobilisé sur ces sujets et celui du Champ de Mars en particulier. J’en veux pour preuve les heures que vous avez passé lundi soir avec les riverains dans le 7ème. 

Les Parisiens, les habitants du quartier comme les touristes, ne doivent pas avoir peur de se promener, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. Ils ont aussi besoin de savoir, de comprendre. Ils veulent de la clarté, de la transparence dans les projets. Ils veulent retrouver le plaisir de vivre dans un lieu qu’ils affectionnent, un quartier qu’ils aiment, et cela en toute sécurité.

Vous l’avez compris, madame la Maire, nous attendons des réponses sur la gestion du présent comme sur les projets d’avenir.

Je vous remercie.



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