À travers ce vœu, nous souhaitons revenir sur une demande que nous avions déjà exprimée s’agissant de la transparence et de l’évaluation ainsi que le respect du travail démocratique du Conseil de Paris.
Depuis le début de la mandature, nous avons adopté de très nombreux vœux, mais il est aujourd’hui difficile d’avoir une vision globale, claire et actualisée de leur devenir. Le dernier tableau de suivi, communiqué, a été communiqué il y a 3 ans sauf erreur et donc ne permet pas d’évaluer précisément l’état d’avancement des engagements pris.
Ce manque de visibilité n’est satisfaisant pour personne, ni pour les élus qui sont empêchés d’exercer pleinement leur mission de contrôle, ni pour les citoyens qui ne peuvent ainsi pas comprendre ce qui a été engagé, réalisé ou abandonné. Donc le vœu que nous proposons est assez simple, c’est simplement la publication d’un tableau de suivi exhaustif des vœux adoptés accessible à tous, indiquant leur état d’avancement, les directions responsables, les échéances et les moyens mobilisés.
En somme un outil de pilotage politique. Cette transparence bénéficierait à tous les groupes politiques, quelle que soit leur place dans cet hémicycle et elle renforcerait la responsabilité collective en la confiance démocratique. Ça permettrait de tenir un engagement pris par l’Exécutif dans cette mandature et en cette toute dernière séance, je suis sûre que ça serait œuvre utile pour la suite.
Notre groupe MoDem et Indépendants soutient l’association Maison de l’Europe qui permet aux Parisiens de vivre et faire vivre l’Europe à travers toute une série de programmes et d’actions.
La délibération DGRI 7 (Délégation générale aux relations internationales) que vous nous présentez précise que la Maison de l’Europe qui a aménagé dans le 16e arrondissement en 2024, dans les anciens locaux du Pavillon de l’eau poursuit ses actions afin de permettre l’accès des Parisiennes et Parisiens à une information de qualité diversifiée.
En soutien à toute cette activité, la Ville de Paris accorde au titre de l’année 2026 une subvention d’un montant de 160 000 €. Et pour cela, vous nous présentez en annexe de la délibération la convention annuelle assignée avec la maison de l’Europe, nous voterons bien évidemment pour cette délibération.
Mais, dans cette délibération d’attribution de subvention, vous abordez un autre sujet, celui pour le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, CCAF de s’installer en 2026 au sein des locaux actuellement mis à la disposition de la Maison de l’Europe. Vous indiquez que pour cela, le CCAF contribuera aux redevances charges et taxes annuelles liées à l’occupation de ces locaux. Sur quelle base ? Comment ? Il n’y a aucune mention de décision et d’accord s’appuyant sur une délibération du Conseil de Paris et d’ailleurs, pour preuve, dans la convention annuelle pour la Maison de l’Europe que vous nous présentez, il n’y a aucune mention du CCAF : des décisions qui seraient en lien avec ces instances et même de son éventuelle installation.
Rien n’est indiqué non plus sur la surface occupée, les conditions techniques administratives et financières d’une possible installation de la place de chaque institution et des accords entre elles. Il n’y a rien en fait. Pourtant, depuis 25 ans, cette question de locaux pour le CCAF est abordée au sein de la Ville de Paris.
Les premiers échanges datent en effet de juin 2001 faisant l’objet de courrier ou de réunion afin d’avancer sur le sujet. Depuis lors, régulièrement, l’engagement est renouvelé pour attribuer au CCAF un lieu dédié à la culture et à la mémoire arménienne. L’engagement pour un lieu qui tienne compte de la place particulière qu’occupe la communauté française d’origine arménienne, des relations d’amitié, de fraternité solides et anciennes et l’attention particulière que Paris leur a toujours manifestée.
L’engagement aussi pour un lieu qui tienne compte du rôle essentiel de représentation et d’organisation qu’incarnent le CCAF tant auprès des pouvoirs publics que les institutions et les populations qui sont concernées. Aujourd’hui, nous avons un projet de délibération pour une subvention attribuée à la Maison de l’Europe et accessoirement au détour d’une phrase, l’évocation du CCAF qui pourrait s’installer dans des locaux déjà occupés par la Maison de l’Europe.
Pas de dossier, ni même d’exposer des motifs argumentant une telle décision pourtant majeure. Par contre, ce que nous savons aussi bien du côté du CCAF que la Maison de l’Europe, c’est l’absence de projet d’installation partagé, ce qui nécessiterait peut-être de trouver une autre solution.
Nous attendons donc vos éclairages à ce sujet. Je vous remercie.
Ce dernier conseil de Paris intervient dans un contexte de suspicion sur des animateurs de la Ville de Paris, avec un un certain nombre de signalements grave, très grave, révélé tous ces derniers mois par la presse, pas un jour sans l’apparition d’un nouvel article ou d’un reportage télé qui rapporte des faits survenus dans les écoles parisiennes. Ce weekend encore, un animateur vacataire a été mis en examen pour agression sexuelle sur mineur.
Même si sur la multitude de ces signalements, certains faits ne seront pas avérés par la justice. J’ai envie de dire que le mal est fait. C’est un choc, c’est une épreuve : d’abord pour les enfants, pour les parents, pour toutes celles et tous ceux qui sont touchés dans leur chair et bien sûr pour l’école publique, pour les directeurs, les directrices pris en étau, les enseignants et les animateurs qui en grande majorité font consciencieusement leur travail.
Alors, mettons de côté la campagne électorale et intéressons-nous, intéressons-nous aux familles que nous rencontrons tous : Maire d’arrondissement de l’opposition ou Maire d’arrondissement de la majorité. Ces familles sont inquiètes, elles sont excédées et évidemment mal informées puisque dans la confusion, elles pensent que et le directeur d’école et le maire d’arrondissement sont responsables du périscolaire.
La défenseur des enfants de la Ville de Paris a reçu 150 saisines depuis mi-décembre, principalement sur des violences en milieu périscolaire. La Ville de Paris emploie 3800 animateurs titulaires, 11000 vacataires sur les 626 écoles maternelles et élémentaires. Dans certaines écoles, le périscolaire en dehors du rêve ne repose que sur des vacataires, c’est-à-dire des personnels non formés, payés autant que s’ils allaient travailler dans un fast-food. Et ça, c’est inadmissible.
Chaque jour, des animateurs sont suspendus à titre conservatoire. Chaque jour des personnels épuisés moralement et physiquement craquent sous la pression de l’institution. Dans 15 jours, les vacances de février : comment on garantit la qualité de l’accueil au centre de loisirs ? Aujourd’hui, aucune école à Paris n’est épargnée par ce climat de défiance et de suspicion. Comment rassurer les parents ?
Vous avez, Madame la Maire, toujours refusé de remettre à plat le temps périscolaire à Paris malgré les interventions d’un certain nombre d’entre nous dont je fais partie. Malgré l’intervention des directeurs d’école qui ont été dépossédés de leurs prérogatives et des syndicats. Alors, on en est là aujourd’hui et ce sujet vous rattrape parce que vous n’avez pas pris la mesure de la gravité des faits. C’est le sujet du moment. C’est un sujet grave et nous attendons des réponses maintenant.
Je présente ce vœu au nom du groupe MoDem et Indépendants et en lien étroit avec mon collègue et ami Nicolas Cour, adjoint à la maire du 9e arrondissement en charge de la culture et du patrimoine. Il a beaucoup participé à la rédaction de ce vœu.
En 2021, la Ville publiait le manifeste pour une nouvelle esthétique parisienne avec une ambition forte : embellir l’espace public, accompagner la transition écologique et améliorer la qualité de vie. L’intention était juste, les objectifs étaient élevés et nous les avions soutenus. Mais 5 ans plus tard, une question simple se pose. Où en sommes-nous réellement ? Sur le terrain, les Parisiens voient encore trop souvent des mobiliers urbains inesthétiques ou dégradés, des aménagements hétérogènes parfois mal intégrés au patrimoine et une application très inégale des principes qui étaient affichés.
Or, depuis le lancement de ce manifeste, il y a 5 ans, aucun bilan public consolidé n’a été présenté, aucune évaluation globale, aucune donnée objectivée, permettant de mesurer les résultats concrets. Notre vœu vise donc à s’assurer précisément que cette ambition dépasse le simple affichage politique, qu’elle ne se résume pas à un récit, mais qu’elle produise des effets réels mesurables et durables dans l’espace public. C’est pourquoi nous demandons l’établissement d’un rapport d’évaluation approfondi comprenant un recensement précis des actions engagées, leurs impacts sur le patrimoine et les mobilités ainsi que des indicateurs permettant d’apprécier l’évaluation réelle de cette politique. Je vous remercie.
Le nouveau plan de mise en accessibilité de la voirie et des espaces publics pour la période 2025-2035 fixe sur le papier une stratégie ambitieuse pour améliorer l’accessibilité de l’espace public parisien.
Nous partageons pleinement les six priorités identifiées. Le confort piéton, les espaces à priorité piéton, l’articulation avec les pistes cyclables et les transports, le déploiement des dispositifs podotactiles, le développement du stationnement PMR et des bornes de recharge accessibles. Personne dans cet hémicycle ne conteste la nécessité d’une ville plus inclusive. Mais c’est précisément parce que cette stratégie est à la fois ambitieuse et nécessaire qu’elle nous laisse aujourd’hui un goût amer.
L’accessibilité ne peut se contenter de répondre à une norme. Elle doit s’ériger en véritable philosophie. Un Paris où chaque geste, chaque espace, chaque interaction serait pensé pour garantir à tous une pleine participation à la vie collective. Notre groupe s’est distingué depuis le début de la mandature et vous l’avez rappelé Madame la Maire et je vous en remercie, sur son engagement constant pour une meilleure prise en considération du handicap.
Des vœux et des amendements ont été ainsi déposés à chaque Conseil de Paris avec des réussites diverses, il faut le dire. Car la réalité du quotidien est connue de toutes et tous : trottoirs dégradés ou encombrés, cheminements discontinus, obstacles multiples, carrefours peu lisibles. Pour de nombreux Parisiens, se déplacer dans l’espace public relève encore du parcours du combattant. Il nous faut donc mettre clairement l’accent sur la marche. Cela passe par le désencombrement des trottoirs, l’entretien de la chaussée, la continuité des cheminements et l’installation de bancs afin de permettre à chacun à son rythme de sillonner la ville.
L’abaissement des trottoirs et l’inclusivité des transports en commun doivent également être considérés comme des priorités absolues. Mais sur ce point, la ville rejette trop souvent la faute sur les autres, alors même qu’elle doit y prendre toute sa part. Sur les trottoirs, par exemple, vous reconnaissez désormais que la morphologie parisienne ne permet pas de fixer une largeur unique. C’est une évolution utile. Mais la question centrale n’est pas seulement celle du dimensionnement, c’est celle de la continuité du cheminement. Élargir, désencombrer, abaisser les trottoirs, garantir des portions au niveau de la chaussée sont des impératifs que nous défendons.
Notre vœu appelant à un vaste plan d’abaissement des trottoirs avait été accepté dans le cadre du Plan local de mobilité, mais malheureusement cela reste encore inachevé. Les 1,9 hectares de trottoirs élargis en 2 ans traduisent un progrès mais à un rythme trop lent au regard des besoins. La reconstitution systématique des places PMR supprimées lors des opérations de piétonisation est affichée comme un engagement. Nous nous interrogeons toutefois sur sa mise en œuvre effective et sur les modalités de son contrôle. Plus largement, la définition annuelle d’objectifs sur les places PMR ou les bornes de recharge accessibles donne l’illusion d’un pilotage renouvelé tout en masquant une faiblesse majeure.
L’absence de programmation pluriannuelle claire, contraignante et chiffrée. Pourtant demandé par notre groupe dès 2024. Les JO et jeux paralympiques resteront comme un Paris manqué de l’accessibilité. Les annonces promettaient un quartier à accessibilité augmentée par arrondissement avec un haut niveau d’exigence.
Trois années plus tard, ces quartiers sont encore pour la plupart en phase d’élaboration avec des ambitions nettement revues à la baisse. Madame la Maire, la question de l’accessibilité ne peut se satisfaire d’annonces ni d’un affichage stratégique déconnecté du rythme réel des transformations. L’accessibilité des personnes en situation de handicap constitue un droit fondamental. Adapter la ville, c’est garantir la liberté, l’autonomie, la dignité de chacun et chacune. Qu’il s’agisse des handicaps moteur, sensoriel, cognitif, temporaire ou durable. Or, malgré les discours, Paris reste inadapté.
C’est pourquoi nous déposons deux amendements. Le premier vise à renforcer le confort et l’autonomie des usagers les plus fragiles. Propose de déployer un plan banc avec l’installation d’assises accessibles à intervalle régulier intégrant des bancs à hauteur adaptée des accoudoirs facilitant le relevage. Il demande également de développer des zones d’ombre et de répit naturelles ou aménagées sur les parcours les plus exposés, ainsi que de poursuivre et amplifier le déploiement de sanitaire public accessible aux personnes à mobilité réduite. Accompagné d’une information claire et régulièrement actualisée.
Le second amendement est essentiel à la crédibilité même de ce plan. Il vise à intégrer explicitement les montants nécessaires à la programmation du PAVE (Plan de mise en accessibilité de l’espace public) sur les cinq prochaines années. Force est de reconnaître que pour une fois, la ville nous présente un plan assorti d’un début de chiffrage pour l’année 2026, même si les montants restent incomplets, mais un chantier d’une telle ampleur ne peut être piloté à l’année. Il exige une vision de moyen terme, une trajectoire budgétaire lisible, assumée et engageante. Sans cela, les ambitions affichées resteront fragiles et incertaines. Je vous remercie.
Une fois encore nous souhaitons saisir le Conseil de Paris sur la question extrêmement préoccupante du commerce à Paris. Nous avons quasiment atteint le chiffre de 11 % de vacance à Paris, soit le niveau le plus haut jamais atteint en 20 ans.
Alors, nous le savons, les raisons sont diverses. Ce sont évidemment les nouveaux modes de consommation, les nouvelles attentes des consommateurs, mais également le coût des loyers. Et je voudrais rappeler à ce titre le rôle extrêmement important de l’explosion de la taxe foncière sur les coûts pesants sur nos commerçants puisque dans l’ultra majorité des cas, ce sont bien les commerçants qui sont amenés à payer la taxe foncière et non pas les propriétaires des baux commerciaux.
C’est évidemment l’impact que ça a sur la commercialité puisqu’un commerce qui ferme peut en entraîner beaucoup. C’est la conséquence aussi de la perte d’habitants, 140 000 habitants en un peu plus de 10 ans à Paris.
Alors toutes ces raisons font que la ville naturellement ne peut pas s’exonérer de sa responsabilité et des impacts des différentes politiques publiques qui sont nommées. Il y a des artères entières qui sont concernées. C’est le boulevard Saint-Michel avec 18 % de taux de vacance. C’est la rue d’Alésia, la rue de Rennes ou encore l’avenue du général Leclerc, où l’association des commerçants recense en 6 ans une perte de 12 % de son offre commerciale.
Alors, par ce vœu, nous souhaitons remettre les commerçants parisiens au cœur de la définition des politiques publiques parisiennes en demandant que soit réuni des assises du commerce parisien et une instance permanente de consultation, de concertation, de coconstruction avec les commerçants de la ville. Les commerces qui sont l’âme de Paris et qu’il nous faut absolument préserver tant sur des sujets économiques bien évidemment, mais aussi d’animation de quartier ou encore de lien social. Je vous remercie.
Les deux délibérations qui nous sont soumises concernent aujourd’hui un site exceptionnel du 14e arrondissement, l’ancien hôpital de la Rochefoucauld. Ce site n’est pas un foncier ordinaire, c’est un ensemble hospitalier et paysager dont l’histoire a commencé à la fin du 18e siècle grâce à Jacques-Denis Antoine, l’architecte de l’hôtel des Monnaies et qui a servi sans interruption une mission de service public pendant près de 250 ans. Un patrimoine architectural, végétal et paysager cohérent, rare à Paris, dont l’équilibre s’est construit dans le temps et qui mérite d’être préservé.
Alors que sa fermeture se profilait, nous avions au sein du Conseil de Paris demandé que l’APHP puisse transformer ces bâtiments en logement pour le personnel soignant pour conserver sa vocation sanitaire. À l’époque, en 2018, nous ne parlions pas beaucoup des sujets d’accès aux soins, du manque d’attractivité de l’APHP. Pourtant, la crise était déjà là et elle se révélera quelques années plus tard.
Nous avions fait voter par cette assemblée le dispositif des logements tremplins qui permettait à tout professionnel de santé s’engageant à l’hôpital public ou à exercer en secteur 1 à bénéficier d’un accès privilégié au logement social. Un dispositif voté à l’unanimité et qui n’a jamais été mis en place. On a vu ce que ça coûtait cette erreur. Ce site exceptionnel de la Rochefoucauld, a été totalement ignoré par la ville, n’est-ce pas, Emmanuel Grégoire ? Ville qui n’a jamais réellement souhaité le racheter pour permettre un projet respectueux de son histoire, son patrimoine tant architectural que végétal, permettant d’ouvrir cet espace sur tout un quartier et en faire un véritable îlot de fraîcheur. La ville a préféré le laisser vendre à un promoteur.
En 2023, l’APHP a lancé un appel d’offres mettant explicitement en avant le potentiel de valorisation financière du site avec des études de valeur vénale et des recettes immobilières attendues. Autrement dit, un basculement assumé d’un site public patrimonial vers une logique de rendement foncier. Face à cela, une mobilisation citoyenne et associative extrêmement forte s’est organisée. Et je voudrais évidemment saluer l’association sauvant la Rochefoucauld, les riverains, les historiens du patrimoine qui ont rappelé ce qui est ce qu’était réellement ce site. Un bâtiment néoclassique et de ses communs inscrit à l’inventaire des monuments historiques, un parc de près de 2 hectares dont subsistent encore environ 14000 m² de patrimoine végétal. Et enfin, un ensemble paysager cohérent, structuré par des perspectives et des trouées visuelles sur les grands axes urbains du sud parisien. Des associations qualifiées par la maire du 14e arrondissement, “d’associations qui ne disent pas la vérité” et tronc le débat démocratique, donc j’ai beaucoup apprécié votre hommage ce matin, Madame la Maire.
Les deux délibérations examinées aujourd’hui au Conseil de Paris consistent dans des programmes de 44 logements étudiants d’un côté, 40 logements sociaux de l’autre à travers la rénovation de bâtiments existants. Et je le dis très clairement, ce ne sont pas ces logements qui nous posent problème, mais bien l’ensemble du projet. Un projet qui prévoit outre la transformation des bâtiments actuels la construction de nouveaux bâtiments notamment sur des espaces non à ce jour artificialisés. Cet ensemble exceptionnel est aujourd’hui fragilisé par une densification qui ne dit pas son nom. Lors du débat sur le PLU, j’avais déposé un amendement pour que l’ensemble de la parcelle soit classé et que les espaces verts protégés soient agrandis. Il a été rejeté, le PLU ayant opportunément laissé libre les espaces qui aujourd’hui sont concernés ou seraient concernés dans le cadre du prochain permis de construire par des constructions de nouveaux bâtiments.
Mardi dernier, effectivement, le promoteur a enfin présenté l’ensemble du projet et a confirmé la densification de cette parcelle à travers la construction de trois immeubles de logement privé sans compter l’extension du bâtiment des infirmières. Bref, la bétonisation de cette parcelle qui constitue pourtant un îlot de fraîcheur au cœur d’une zone dense. L’espace vert actuel sera partiellement privatisé pour ces logements. À plus de 15 000 € le mètre carré, on peut le comprendre. Le parc actuel ou plutôt ce qu’il en restera après la dite privatisation fera l’objet d’une convention entre le propriétaire et la ville, qui pourrait parfaitement ne pas durer.
Grâce au ministère de la Culture qui a demandé l’extension de la protection au titre des monuments historiques du site, le bâtiment au nord a été revu en R+1. Comment pouvons-nous justifier qu’un ancien hôpital parisien, porteur d’une histoire hospitalière, sociale et paysagère aussi forte, soit traité comme un banal foncier sans ambition patrimoniale, climatique et urbaine à la hauteur de ce qu’il représente et à rebours des engagements pris par le Conseil de Paris lui-même en 2019, lorsqu’il appelait (J’ai 10 minutes Madame la Maire, parce que je suis inscrite sur les deux délibérations. Si si. C’est la même délibération. Je suis inscrite sur les deux). Je vous demande 30 secondes pour conclure. Je rappelle que c’est à rebours des engagements pris par le Conseil de Paris lui-même en 2019 lorsqu’il appelait à protéger ce site de la spéculation foncière et à garantir le développement d’intérêt général. Densification de la partielle, privatisation d’une partie du parc. Ce projet de la Rochefoucauld illustre parfaitement l’hypocrisie du discours de préservation du patrimoine architectural et végétal de la ville. Je vous remercie.
Flâner dans Paris, c’est parfois faire des découvertes exceptionnelles. C’est aussi parfois tomber sur des merveilles laissées à l’abandon. C’est ce qui s’est passé lorsque, par hasard, je suis entrée au numéro 20-22, rue Geoffroy-L’Asnier dans le 4e arrondissement où la porte était ouverte sur un élégant bâtiment du 17e siècle.
Cet immeuble appartient à la Ville de Paris et jouxte la cité internationale des arts que je souhaitais visiter. Mais derrière la magnificence d’antan de ces bâtiments se cache aujourd’hui un délabrement avancé des parties communes. Des rampes en fer forgé rongées, des marches pavées de tomates cassées, des murs de la cage d’escalier dans un état de dégradation à faire peur. Un audit commandé par la Ville de Paris à l’Inspection générale rendu publique en 2010 établit que les immeubles 20-22 rue Geoffroy-L’asnier faisaient l’objet d’une zone d’incertitude juridique et contractuelle entre la ville qui est propriétaire et la cité internationale des arts qui est un opérateur culturel.
L’enjeu porte donc à la fois sur la répartition des responsabilités financières et sur la capacité de la cité à assumer l’entretien patrimonial et la rénovation des bâtiments classés. La question de la responsabilité des travaux et de la gestion reste juridiquement floue justifiant l’appel à une clarification contractuelle. En 2020, la Ville assume elle-même la maîtrise d’ouvrage sur les travaux des parties classées. Donc si la Ville se reconnaît gestionnaire, elle doit assurer l’entretien des escaliers, des cours, des façades, des toitures et des passages classés monuments historiques en 2021.
Mais force est de constater que ce n’est pas le cas. Alors, en dehors de l’aspect patrimonial extrêmement dégradé et préoccupant se pose la question de l’insalubrité des lieux qui accueillent les locataires. Ce n’est pas acceptable, ni pour les artistes, ni pour les locataires de la Ville de Paris qui payent un loyer.
C’est pourquoi nous dépensons ce vœu demandant une restauration urgente des parties communes du bâtiment situé au 20-22 rue Geoffroy-L’Asnier comportant une une évaluation technique, un calendrier des travaux ainsi qu’une programmation financière pour que ce lieu retrouve la beauté de ces espaces et éviter que la situation ne s’empire encore davantage.
Ce vœu vise à rendre pleinement visible dans nos politiques municipales la réalité du monde scientifique, d’ailleurs évoquée par ma collègue précédemment, la réalité du monde scientifique des institutions internationales et des autorités sanitaires qui reconnaissent désormais sans ambiguïté la santé humaine animale et la santé des écosystèmes sont indissociables.
Les grandes métropoles sont en première ligne face à l’augmentation des zoonoses, des crises sanitaires, face à la dégradation de l’environnement, l’augmentation des maladies issues des allergies. La ville s’est déjà engagée dans cette voie avec son plan parisien pour la santé environnementale qui prévoit notamment un baromètre de santé environnementale, fondé sur des indicateurs territorialisés, des analyses dans la durée. Mais nous le savons, sans bilan d’étape, sans évaluation de l’avancement de ce baromètre que cette approche reste trop technique et sans doute peu identifiable par les Parisiennes et les Parisiens tout comme par nos partenaires associatifs ou étrangers.
Ce vœu demande trois avancées simples et structurantes. D’abord, la présentation d’un bilan détaillé pour la mise en œuvre de One Health dans le cadre du plan santé environnemental incluant l’état d’avancement du baromètre mais aussi peut-être l’explication, l’explicitation des indicateurs pour le grand public. Deuxième chose, l’affirmation claire de One Health comme une orientation politique de référence dans nos documents cadre, pas uniquement de plan comme dans la communication institutionnelle.
Et enfin l’élaboration d’une stratégie municipale de prévention des zoonoses en partenariat avec la préfecture de police intégrant l’analyse des risques liée à la faune urbaine, la gestion sanitaire des espèces animales, la sensibilisation du public, y compris le trafic. Nous l’avons évoqué à plusieurs reprises, notamment le trafic d’espèces sauvages qu’on retrouve dans certains restaurants, dans certains quartiers et lié à une importation massive par des réseaux de trafiquants.
Alors, la France va porter sur le plan international une ambition de gouvernance mondiale de la santé fondée sur la prévention, l’interdisciplinarité d’Etat et la protection de la biodiversité. Le réseau européen One Health for Cities arrive à terme, il va présenter un bilan et un plaidoyer européen sur cette approche en matière de politique urbaine. Paris doit pouvoir s’y inscrire pleinement notamment avec ses indicateurs dans une stratégie assumée.
C’est pourquoi, au nom de mon groupe MoDem et Indépendants, nous demandons et vous proposons d’adopter ce vœu. D’autant plus que la France accueillera un sommet international One Health à Lyon le 7 avril prochain dans lequel des villes comme Paris devraient prendre leur place dans la présentation des indicateurs.
Cette étude dont nous débattons ce soir s’inscrit donc dans les objectifs du plan Climat avec en ligne de mire la volonté réaffirmée, à laquelle nous souscrivons bien sûr, de la neutralité carbone à Horizon 2050.
Vous nous proposez un document présenté comme scientifique. Il laisse, il en oublie les biais qu’il traverse. Il laisse, il en oublie toutes les questions restées sans réponse, mais j’imagine que c’est la première étape d’un long chemin qui permettra, je l’espère, de revenir de plein pied dans la réalité. Ces billets posent la question du sérieux quand même du schéma directeur à venir fiable pour planifier la transition énergétique des mobilités à horizon 2030-2050 quand il est fait sur des bases faussées.
Le premier biais et c’est ce que nous répétons depuis 5 ans maintenant c’est de penser que Paris est une île. Vous prenez le parc de voiture immatriculé et non circulant. C’est évidemment une double erreur. Les données de déplacement réelles sont lacunaires, les comptages partiels, les immatriculations parasitées par les flottes rattachées aux sièges sociaux dans les arrondissements, ce qui ne veut pas forcément dire qu’elles circulent dans les rues de Paris.
Le deuxième biais, c’est de partir d’une électrification massive présentée comme inévitable alors que l’étude elle-même en souligne les incertitudes. L’étude se fonde sur un scénario qui suppose que 95 % de véhicules légers soient électriques en 2050, 75 % de poids lourd électrique, et une flotte fluviale quasiment totalement électrifiée en 2040 sans aucune démonstration économique ni d’analyse des besoins réseaux ou des coûts d’adaptation des infrastructures.
Par ailleurs, l’étude passe sous silence les zones sous-dotées aujourd’hui en infrastructure de recharge. Ce qui rend d’autant plus hypothétique ces projections. Le document mise beaucoup sur le renouvellement futur des 107 parkings concédés, mais il n’est pas fait mention des éventuels refus des opérateurs ou de leur demande de compensation financière.
La ville a-t-elle chiffré le coût des obligations qu’elle souhaite insérer ? Et pour moi, je l’ai déjà dit, c’est essentiel. On peut s’interroger sur l’intérêt de réaliser une telle étude centrée sur Paris, alors que les flux viennent principalement de l’extérieur. Une échelle de ce type à l’échelle du Grand Paris paraîtrait plus percutante.
Et enfin, une nouvelle fois, ce futur schéma directeur est annoncé, mais l’étude reste purement théorique. Quels investissements, quelle gouvernance, quel calendrier ? Comment éviter que ce document ne soit qu’un rapport de plus sur une étagère ? L’étude constitue donc un document de référence pour définir le futur schéma directeur de la transition énergétique des mobilités. Il est expliqué que sa mise en œuvre nécessitera l’identification des leviers opérationnels, le stationnement, les concessions, les aides, l’urbanisme, l’équipement à quai et cetera. Une gouvernance dédiée et un suivi annuel mais dont il n’est rien dit. Une révision périodique intégrant les évolutions technologiques et réglementaires.
C’est donc une sorte de boussole qui nous est proposée mais rien de très précis. Notre espoir, c’est que la prochaine étape soit plus élaborée et en même temps plus large et plus sérieuse. Je vous remercie.
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