Catégorie : Patrimoine et mémoire (Page 1 of 10)

« Entre sacralité de Paris et modernité »

Les Parisiens aiment leur ville, son histoire, son architecture, son patrimoine. Néanmoins, celui-ci est de plus en plus malmené. C’est particulièrement le cas du mobilier urbain. Ce n’est pas une querelle “des anciens contre les modernes” : certaines aberrations architecturales n’auraient jamais dû avoir lieu, notamment si la Commission du Vieux Paris avait été mieux écoutée. Pour autant, Paris ne doit pas devenir une ville musée où aucune innovation ne serait possible.
La plupart des quartiers de Paris ont leur propre histoire, leur propre identité “visuelle”. Revaloriser leur mémoire et leur patrimoine immatériel permettrait de donner un nouveau souffle à notre ville. Enfin, le patrimoine parisien, qu’il s’agisse des édifices historiques, culturels ou cultuels, doit être rénové après le retard pris lors de la précédente mandature.

Alexis Govciyan à propos du Manifeste pour une nouvelle esthétique parisienne

Merci Monsieur le Maire, 
Mes chers collègues,
 
Je présente ce vœu au nom du groupe MoDem et Indépendants et en lien étroit avec mon collègue et ami Nicolas Cour, adjoint à la maire du 9e arrondissement en charge de la culture et du patrimoine. Il a beaucoup participé à la rédaction de ce vœu.
 
En 2021, la Ville publiait le manifeste pour une nouvelle esthétique parisienne avec une ambition forte : embellir l’espace public, accompagner la transition écologique et améliorer la qualité de vie. L’intention était juste, les objectifs étaient élevés et nous les avions soutenus. Mais 5 ans plus tard, une question simple se pose. Où en sommes-nous réellement ? Sur le terrain, les Parisiens voient encore trop souvent des mobiliers urbains inesthétiques ou dégradés, des aménagements hétérogènes parfois mal intégrés au patrimoine et une application très inégale des principes qui étaient affichés. 
 
Or, depuis le lancement de ce manifeste, il y a 5 ans, aucun bilan public consolidé n’a été présenté, aucune évaluation globale, aucune donnée objectivée, permettant de mesurer les résultats concrets. Notre vœu vise donc à s’assurer précisément que cette ambition dépasse le simple affichage politique, qu’elle ne se résume pas à un récit, mais qu’elle produise des effets réels mesurables et durables dans l’espace public. C’est pourquoi nous demandons l’établissement d’un rapport d’évaluation approfondi comprenant un recensement précis des actions engagées, leurs impacts sur le patrimoine et les mobilités ainsi que des indicateurs permettant d’apprécier l’évaluation réelle de cette politique. Je vous remercie.

Maud Gatel à propos de la transformation de l’hôpital de la Rochefoucauld (14e)

Merci beaucoup Madame la Maire, 
Mes chers collègues, 
 
Les deux délibérations qui nous sont soumises concernent aujourd’hui un site exceptionnel du 14e arrondissement, l’ancien hôpital de la Rochefoucauld. Ce site n’est pas un foncier ordinaire, c’est un ensemble hospitalier et paysager dont l’histoire a commencé à la fin du 18e siècle grâce à Jacques-Denis Antoine, l’architecte de l’hôtel des Monnaies et qui a servi sans interruption une mission de service public pendant près de 250 ans. Un patrimoine architectural, végétal et paysager cohérent, rare à Paris, dont l’équilibre s’est construit dans le temps et qui mérite d’être préservé. 
 
Alors que sa fermeture se profilait, nous avions au sein du Conseil de Paris demandé que l’APHP puisse transformer ces bâtiments en logement pour le personnel soignant pour conserver sa vocation sanitaire. À l’époque, en 2018, nous ne parlions pas beaucoup des sujets d’accès aux soins, du manque d’attractivité de l’APHP. Pourtant, la crise était déjà là et elle se révélera quelques années plus tard. 

Nous avions fait voter par cette assemblée le dispositif des logements tremplins qui permettait à tout professionnel de santé s’engageant à l’hôpital public ou à exercer en secteur 1 à bénéficier d’un accès privilégié au logement social. Un dispositif voté à l’unanimité et qui n’a jamais été mis en place. On a vu ce que ça coûtait cette erreur. Ce site exceptionnel de la Rochefoucauld, a été totalement ignoré par la ville, n’est-ce pas, Emmanuel Grégoire ? Ville qui n’a jamais réellement souhaité le racheter pour permettre un projet respectueux de son histoire, son patrimoine tant architectural que végétal, permettant d’ouvrir cet espace sur tout un quartier et en faire un véritable îlot de fraîcheur. La ville a préféré le laisser vendre à un promoteur. 

En 2023, l’APHP a lancé un appel d’offres mettant explicitement en avant le potentiel de valorisation financière du site avec des études de valeur vénale et des recettes immobilières attendues. Autrement dit, un basculement assumé d’un site public patrimonial vers une logique de rendement foncier. Face à cela, une mobilisation citoyenne et associative extrêmement forte s’est organisée. Et je voudrais évidemment saluer l’association sauvant la Rochefoucauld, les riverains, les historiens du patrimoine qui ont rappelé ce qui est ce qu’était réellement ce site. Un bâtiment néoclassique et de ses communs inscrit à l’inventaire des monuments historiques, un parc de près de 2 hectares dont subsistent encore environ 14000 m² de patrimoine végétal. Et enfin, un ensemble paysager cohérent, structuré par des perspectives et des trouées visuelles sur les grands axes urbains du sud parisien. Des associations qualifiées par la maire du 14e arrondissement, “d’associations qui ne disent pas la vérité” et tronc le débat démocratique, donc j’ai beaucoup apprécié votre hommage ce matin, Madame la Maire. 

Les deux délibérations examinées aujourd’hui au Conseil de Paris consistent dans des programmes de 44 logements étudiants d’un côté, 40 logements sociaux de l’autre à travers la rénovation de bâtiments existants. Et je le dis très clairement, ce ne sont pas ces logements qui nous posent problème, mais bien l’ensemble du projet. Un projet qui prévoit outre la transformation des bâtiments actuels la construction de nouveaux bâtiments notamment sur des espaces non à ce jour artificialisés. Cet ensemble exceptionnel est aujourd’hui fragilisé par une densification qui ne dit pas son nom. Lors du débat sur le PLU, j’avais déposé un amendement pour que l’ensemble de la parcelle soit classé et que les espaces verts protégés soient agrandis. Il a été rejeté, le PLU ayant opportunément laissé libre les espaces qui aujourd’hui sont concernés ou seraient concernés dans le cadre du prochain permis de construire par des constructions de nouveaux bâtiments. 

Mardi dernier, effectivement, le promoteur a enfin présenté l’ensemble du projet et a confirmé la densification de cette parcelle à travers la construction de trois immeubles de logement privé sans compter l’extension du bâtiment des infirmières. Bref, la bétonisation de cette parcelle qui constitue pourtant un îlot de fraîcheur au cœur d’une zone dense. L’espace vert actuel sera partiellement privatisé pour ces logements. À plus de 15 000 € le mètre carré, on peut le comprendre. Le parc actuel ou plutôt ce qu’il en restera après la dite privatisation fera l’objet d’une convention entre le propriétaire et la ville, qui pourrait parfaitement ne pas durer. 

Grâce au ministère de la Culture qui a demandé l’extension de la protection au titre des monuments historiques du site, le bâtiment au nord a été revu en R+1. Comment pouvons-nous justifier qu’un ancien hôpital parisien, porteur d’une histoire hospitalière, sociale et paysagère aussi forte, soit traité comme un banal foncier sans ambition patrimoniale, climatique et urbaine à la hauteur de ce qu’il représente et à rebours des engagements pris par le Conseil de Paris lui-même en 2019, lorsqu’il appelait (J’ai 10 minutes Madame la Maire, parce que je suis inscrite sur les deux délibérations. Si si. C’est la même délibération. Je suis inscrite sur les deux). Je vous demande 30 secondes pour conclure. Je rappelle que c’est à rebours des engagements pris par le Conseil de Paris lui-même en 2019 lorsqu’il appelait à protéger ce site de la spéculation foncière et à garantir le développement d’intérêt général. Densification de la partielle, privatisation d’une partie du parc. Ce projet de la Rochefoucauld illustre parfaitement l’hypocrisie du discours de préservation du patrimoine architectural et végétal de la ville. Je vous remercie.

Béatrice Lecouturier à propos de la dégradation des 20 et 22 rue Geoffroy-l’Asnier

Merci Madame la Maire, 
Madame la Maire, 
Mes chers collègues, 
 
Flâner dans Paris, c’est parfois faire des découvertes exceptionnelles. C’est aussi parfois tomber sur des merveilles laissées à l’abandon. C’est ce qui s’est passé lorsque, par hasard, je suis entrée au numéro 20-22, rue Geoffroy-L’Asnier dans le 4e arrondissement où la porte était ouverte sur un élégant bâtiment du 17e siècle. 
 
Cet immeuble appartient à la Ville de Paris et jouxte la cité internationale des arts que je souhaitais visiter. Mais derrière la magnificence d’antan de ces bâtiments se cache aujourd’hui un délabrement avancé des parties communes. Des rampes en fer forgé rongées, des marches pavées de tomates cassées, des murs de la cage d’escalier dans un état de dégradation à faire peur. Un audit commandé par la Ville de Paris à l’Inspection générale rendu publique en 2010 établit que les immeubles 20-22 rue Geoffroy-L’asnier faisaient l’objet d’une zone d’incertitude juridique et contractuelle entre la ville qui est propriétaire et la cité internationale des arts qui est un opérateur culturel. 
 
L’enjeu porte donc à la fois sur la répartition des responsabilités financières et sur la capacité de la cité à assumer l’entretien patrimonial et la rénovation des bâtiments classés. La question de la responsabilité des travaux et de la gestion reste juridiquement floue justifiant l’appel à une clarification contractuelle. En 2020, la Ville assume elle-même la maîtrise d’ouvrage sur les travaux des parties classées. Donc si la Ville se reconnaît gestionnaire, elle doit assurer l’entretien des escaliers, des cours, des façades, des toitures et des passages classés monuments historiques en 2021. 

Mais force est de constater que ce n’est pas le cas. Alors, en dehors de l’aspect patrimonial extrêmement dégradé et préoccupant se pose la question de l’insalubrité des lieux qui accueillent les locataires. Ce n’est pas acceptable, ni pour les artistes, ni pour les locataires de la Ville de Paris qui payent un loyer. 
 
C’est pourquoi nous dépensons ce vœu demandant une restauration urgente des parties communes du bâtiment situé au 20-22 rue Geoffroy-L’Asnier comportant une une évaluation technique, un calendrier des travaux ainsi qu’une programmation financière pour que ce lieu retrouve la beauté de ces espaces et éviter que la situation ne s’empire encore davantage. 

Béatrice Lecouturier à propos de l’avenir du bâtiment historique de la Croix-du-Trahoir

Merci beaucoup Monsieur le Maire, Monsieur le Maire, mes chers collègues, 

Vous connaissez notre engagement au groupe MoDem et Indépendants à défendre le patrimoine à Paris et nous répondons toujours présents lorsque des riverains ou des associations nous alertent sur la dégradation d’un bâtiment ou d’un élément architectural dans leur quartier. 

Alors, c’est ce que nous avons fait puisque nous sommes allés sur place au mois de juin dernier pour nous rendre compte de l’état extrêmement dégradé dans le bâtiment situé aux 111 rue Saint-Honoré. Nous avons déposé un vœu en juillet dernier, un vœu adopté par l’Exécutif concernant l’état inquiétant de ce bâtiment historique de la Croix-du-Trahoir situé donc au 111, rue Saint-Honoré. Ce bâtiment est un bâtiment de la Ville de Paris auquel est adossé effectivement une très jolie fontaine qui porte le même nom, donc la fontaine du Trahoir. 

Or, depuis le mois de juillet, malgré l’adoption de ce vœu, rien n’a été fait par la Ville de Paris : ni le diagnostic du bâtiment, ni le début du moindre travaux. Or, les dégradations, elles, elles continuent et elles sont très graves lorsque vous allez voir l’état de ce bâtiment dans ce merveilleux quartier. 

Alors, nous déposons à nouveau un vœu pour vous alerter encore une fois sur l’urgence à engager des travaux sur ce magnifique bâtiment du 18e siècle. Et compte tenu de son emplacement exceptionnel, nous vous soumettons l’idée également d’y installer un point d’accueil, pour les très nombreux touristes dans ce quartier historique, patrimonial exceptionnel et qui attendent eux aussi un patrimoine remis en état pour un Paris rayonnant. 

Je vous remercie.

Alexis Govciyan à propos de l’apposition d’une plaque commémorative en hommage à Edouard Schneeberg

Chers collègues, 

Cette délibération s’inscrit dans la suite de notre vœu voté par le conseil du 9e arrondissement puis par le conseil de Paris en novembre 2024, il y a donc 1 an. 

Vœu qui exprimait notre volonté commune de rendre hommage à la maison Schneeberg et à son fondateur Samuel Schneeberg ainsi qu’à son fils Édouard en apposant une plaque commémorative aux 43 rues de la Victoire. Fondée en 1840 par Samuel, la maison Schneeberg a été une véritable institution du 9e arrondissement de Paris. Située face à la grande synagogue rue de la Victoire, spécialisée dans les pompes funèbres israélites, la maison a accompagné durant plus d’un siècle les familles de la communauté juive parisienne dans les moments les plus douloureux de la vie. À la mort du fondateur, Samuel, son fils Édouard a repris le flambeau avec la même rigueur et le même sens du service. Mais au-delà de la profession, Édouard Schneeberg a incarné les valeurs républicaines et humanistes et nombreuses sont ses actions dans ce cadre. Il prenait notamment en charge l’inhumation gratuite des plus démunis, les vacances d’enfants pour la colonie scolaire et il organisait des banquets pour nourrir des chômeurs et des familles en situation de précarité. 

Lorsque la guerre a éclaté, la maison Schneeberg a essayé de poursuivre son activité dans le contexte d’oppression et de persécution lancé. Malgré son statut particulier de commerce rituélique qui lui permettait d’exercer sous l’occupation, Édouard Schneeberg a été arrêté à plusieurs reprises. D’abord par les Allemands nazis le 10 septembre 1941, puis par la police française le 20 mars 1942 dans ses bureaux de la rue de la Victoire, lui l’ancien combattant de 14-18. 

Le 31 juillet 1943, il était déporté par le convoi numéro 58 à destination d’Auschwitz. Il n’en est jamais revenu. 

Son histoire est celle d’un homme fidèle à son identité, à son héritage moral, d’un homme fidèle à la République française, à ses valeurs, à ses principes. Son histoire est celle d’une personnalité parisienne dont la vie et le destin s’inscrivent dans la tragédie : l’horreur de la Shoah. En rappelant son nom, celui de sa famille et de la maison qu’il a dirigée, nous préservons une mémoire essentielle. Une mémoire qui relie notre arrondissement à la grande synagogue de la victoire toute proche et à l’histoire des juifs de Paris, de France, à notre histoire commune. 

Grâce au travail remarquable entrepris par Madame Michèle Schneeberg, son arrière petite fille, l’histoire d’Édouard nous est aujourd’hui transmise pour redonner toute sa place non pas à une victime anonyme, mais à un homme d’exception, juste et courageux qui a gardé sa dignité jusqu’au bout. Quelqu’un qui a trouvé la force de penser aux autres jusqu’à sa mort. 

Alors mes chers collègues, adopter cette délibération c’est reconnaître cette part de notre histoire, celle de Paris, celle de la France, c’est transmettre cette part de notre histoire à tous ceux qui passeront devant le 43 rue de la Victoire. Cette délibération c’est aussi offrir à nos concitoyens et en particulier à la famille Schneeberg une place dans nos cœurs, une place qui soit ce lieu de mémoire, de transmission, de vigilance mais aussi et surtout d’amitié et d’espérance. 

Je vous invite, mes chers collègues, à voter de manière unanime en faveur de cette délibération.

Maud Gatel à propos de l’apposition d’une plaque commémorative en hommage à Ismaël Kadaré

Mers chers collègues, 

Ismaël Kadaré est sans doute l’auteur albanais le plus connu et reconnu dans le monde entier et une voix universelle contre le totalitarisme. 

Très tôt, il se passionne pour les mots. Il est sélectionné pour aller étudier la littérature à Moscou et lorsque l’Albanie rompt avec la Russie pour se rapprocher de la Chine, il doit rentrer en Albanie. Il y débute une carrière de journaliste tout en continuant à écrire. Il n’a que 27 ans lorsqu’il écrit son premier roman Le général de l’armée morte, l’histoire d’un général italien envoyé en Albanie pour rapatrier les ossements de compatriotes tombés pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Mal perçu en Albanie, le roman est plébiscité dans le monde entier et il sera d’ailleurs adapté au cinéma avec Marcello Mastroianni dont nous parlions tout à l’heure ainsi qu’Anouk Aimé comme quoi ça fait la synthèse. Une cinquantaine de romans suivirent et il sera primé à de très nombreuses reprises. 

Après la parution du poème Les pachas rouges, Kadaré se voit interdit de publication et doit se soumettre à une période de stage de rééducation. En 81, il publie Le palais des rêves, un roman antitotalitaire. L’ouvrage est interdit. Kadaré finit par être qualifié d’ennemi. La presse mondiale réagit à ces condamnations et des protestations s’élèvent pour défendre son auteur qui échappe aux sanctions. 

En 90, se sentant menacé dans son pays, il demande et obtient l’asile politique en France avec son épouse Elena. Il s’installe alors au 63 boulevard Saint-Michel. Dans son livre Matiné au café Rostan, il immortalisera ses heures passées à écrire au cœur de Paris, ce Paris qu’il aimait tant. 

Ismaël Kadaré s’est éteint le 1er juillet dernier. C’est pour rendre hommage à cet écrivain engagé voix de l’antitotalitarisme que nous souhaitons qu’une plaque soit apposée sur l’immeuble où il a vécu. Je vous remercie. 

Alexis Govciyan à propos d’un dépôt de plaque commémorative en hommage à Alfred Nobel (9ème)

Merci Monsieur le Maire, 

Mes chers collègues, Chère Laurence Patrice, 

La délibération que vous nous présentez ce soir vise à honorer Alfred Nobel, figure universelle dont le destin a croisé celui du 9e arrondissement de Paris. Né en 1833 à Stockholm, inventeur et chimiste de génie, Alfred Nobel a marqué l’histoire par ses découvertes, en particulier la dynamite qui a révolutionné les grands travaux d’ingénierie du 19e siècle. Mais sa plus grande invention était d’ordre humaniste. 

En 1895 au 58 rue de la Chaussée d’Antin, dans le 9e, il rédigeait son testament. En effet, c’est dans cet immeuble de la Chaussée d’Antin qu’est né l’idée d’un prix qui depuis plus d’un siècle récompense celles et ceux qui auront rendu à l’humanité les plus grands services. Ce lien n’est pas anodin. Le 9e, cet arrondissement de Paris est depuis toujours un territoire d’invention et de génie. Quartier d’artistes et de savants, il a vu éclore des projets visionnaires et accueilli des figures dont l’œuvre a rayonné bien au-delà de nos frontières. 

En choisissant de signer ce testament décisif, Alfred Nobel inscrit Paris et son 9e arrondissement dans la grande histoire du progrès, de la science et de la paix. Le prix Nobel remis pour la première fois en 1901 a consacré des figures illustres, 76 Parisiens en son lauréat. Leur renommée rejaillit aussi sur ce lieu de mémoire où Alfred Nobel a jeté les bases de cette institution universelle. Il est donc légitime qu’une plaque commémorative soit apposée au 58 rues de la Chaussée d’Antin rappelant que c’est là qu’Alfred Nobel a pris la décision qui a changé la manière dont l’humanité distingue et encourage de savoir la littérature et la paix. 

Alors mes chers collègues, en rendant hommage à Alfred Nobel, nous nous affirmons que le 9e arrondissement est non seulement un quartier d’histoire, mais aussi un territoire de génie et d’inventivité de Paris. Je vous remercie.

Alexis Govciyan rend hommage à Jacques Martial

Merci Madame la Maire, 

Mes chers collègues,

C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris cet été, la disparition de notre cher collègue Jacques Martial, décédé le 13 août dernier et que nous avons accompagné pour son dernier voyage au Père Lachaise. 

Jacques Martial fait partie de ces personnalités nourries de richesses culturelles, territoriales et profondément marquées par les nombreux pays d’Afrique et des Antilles où son père était affecté. 

C’est en Guyane, adolescent, que Jacques Martial découvre le théâtre, art qui deviendra sa vocation. Acteur, metteur en scène, il sera aussi un homme politique engagé notamment à Paris. 

Formé à l’atelier de Sarah Sanders dont il fut l’assistant. Il donne un souffle pédagogique à sa démarche, en animant des stages de formation pour acteurs en étant déjà dans la transmission. 

Tout en mettant en scène plusieurs spectacles, il poursuit sa carrière d’acteur, devenant, vous l’avez rappelé, un visage familier pour le grand public, notamment dans la série Navarro où il incarnait Bain-Marie.

Jacques Martial, c’est aussi l’action citoyenne ! Engagé, honnête homme au sens des Lumières, il savait conjuguer les mots culture et citoyenneté pour faire rayonner la diversité et l’histoire des Outre-mer dans notre capitale. 

Nommé, ça a été rappelé également président de la Villette par Jacques Chirac en 2006, il a été le premier dirigeant noir à la tête d’une grande institution culturelle parisienne.

Élu conseiller de Paris en 2020, adjoint à la Maire, chargé des Outre-mer en 2022, Jacques Martial s’est battu pour défendre les Parisiens ultramarins, soutenir leurs associations, coopérer avec les collectivités ultramarines et porter la mémoire de leurs luttes et de leurs figures emblématiques dans l’espace public parisien.

Grâce à lui, Paris a vu naître le jardin et la statue Solitude, héroïne emblématique de la lutte contre l’esclavagisme et pour la défense des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Il a aussi œuvré pour la dénomination du jardin Toussaint Louverture, ainsi que celle de la statue de Paulette Nardal, fidèle en cela à ses valeurs de transmission.

Son combat était, en effet, celui de la Mémoire en partage, toujours avec la même exigence d’humanité et d’universalité. Son engagement l’a d’ailleurs conduit à de hautes responsabilités comme la présidence de Mémorial ACTe, le musée de l’esclavage de Pointe-à-Pitre. 

En dernier, il était membre du comité de pilotage du Mémorial national des victimes de l’esclavage où il représentait notre collectivité aux côtés notamment du CM98, le Comité marche du 23 mai 1998 dont je salue les dirigeants et militants pour tous leurs engagements mémoriels. 

Il a aussi été à l’origine d’initiatives culturelles fortes, vous l’avez rappelé, comme la si symbolique Nuit Blanche d’Outre-mer. On se souviendra du magnifique feu d’artifice du 14 juillet, en préambule à des Jeux olympiques historiques où les Outre-Mer avaient été mis à l’honneur.    

Pour toute son œuvre et sa vie citoyenne, il était nommé Chevalier de la Légion d’honneur en 2006, puis promu officier des Arts et Lettres en 2015. 

Au nom du groupe MoDem et Indépendants, je souhaite adresser à son époux, à sa famille, à ses proches et à ses amis, nos plus sincères condoléances. Jacques Martial, homme accompli, laisse une empreinte indélébile dans le cœur de Paris. 

Sa gentillesse et sa générosité d’âme, comme son héritage et sa place parmi nous dans ce Conseil, nous invitent à poursuivre son combat avec la même exigence dans la transmission et la même détermination dans l’action. 

Maud Gatel rend hommage à Jean-Marc Boulenger de Hauteclocque

Madame la Maire, 

Mes chers collègues, 

Je souhaite ici saluer la mémoire de Jean-Marc Boulenger de Hauteclocque et celui du 15e arrondissement qui nous a quittés le 10 septembre dernier à la suite d’un long combat contre la maladie. 

Jean-Marc était un serviteur de la mémoire et un bâtisseur de lien entre les générations autant qu’un homme profondément engagé pour Paris. 

Petit-fils de Nicole de Hauteclocque, résistante de la première heure et figure emblématique de la vie politique parisienne, Jean-Marc Boulenger de Hauteclocque a su à son tour s’investir pleinement dans la vie locale honorant sa famille et son héritage. 

Il occupa diverses responsabilités: adjoint au maire du 15e arrondissement, adjoint au maire de Paris mais également directeur de cabinet du maire du 8e arrondissement. Sa connaissance fine des sujets municipaux, son attachement à la vie locale pour le commerce, la protection de l’environnement et le développement économique sont connus de tous ceux qui l’ont rencontré. 

Acteur clé dans la gestion de l’eau et de l’assainissement, notamment à travers son rôle de vice-président du SIAAP, il a su démontrer son intérêt pour des problématiques essentielles à la qualité de vie des Parisiens. Mais au-delà de ses fonctions publiques et politiques, Jean-Marc Boulenger de Hauteclocque était aussi un homme de cœur profondément attaché à la coopération internationale notamment avec Cuba. Il fut ainsi vice-président de l’ONG Cuba coopération pendant 15 ans. Sa passion pour la culture cubaine, son admiration pour les traditions locales témoignent d’un engagement sincère. 

Écrivain et journaliste, il a su transmettre avec sensibilité le récit de sa grand-mère dans son ouvrage publié quelques jours avant son décès intitulé Nicole de Hauteclocque dans le secret de mon cœur, un hommage poignant à une femme combattante, résistante de la première heure. 

Les élus du groupe MoDem et Indépendants adressent à son épouse Pascale, à ses filles, à Astrid et Axel, à ses proches, à l’ensemble des habitants du 15e arrondissement, leurs condoléances les plus sincères et leurs pensées les plus chaleureuses. 

Je vous remercie.

Maud Gatel rend hommage à Yves Galland

Merci Madame la Maire, 

Yves Galland s’est éteint le 13 juillet 2025 à Bonny-sur-Loire à l’âge de 84 ans. 

Avocat, homme politique, homme d’entreprise, la vie d’Yves Galland témoigne d’un parcours marqué par un engagement constant, un sens aigu des responsabilités et une volonté de servir son pays sous toutes ses formes. 

Après des études de droit, Yves Galland choisit d’abord la voix de l’entrepreneuriat. Entre 65 et 69, il crée plusieurs entreprises dans des secteurs variés tels que la distribution, la communication, le marketing ou encore l’édition. En 77, animé par un sens profond de l’engagement public, il rejoint le parti radical valoisien et entame alors une carrière politique remarquable. 

Au Parlement européen, à plusieurs reprises, il succède d’ailleurs à Valéry Giscard d’Estaing comme président du groupe libéral. Il marque l’hémicycle comme rapporteur du budget de l’énergie. Il y travaille notamment au côté de Simone Veil dont il restera très proche. 

Puis comme membre du gouvernement, ministre délégué aux collectivités territoriales dans le gouvernement Jacques Chirac, ministre de l’industrie sous Alain Juppé puis ministre délégué aux finances et au commerce extérieur. Il joue un rôle clé dans des réformes majeures, notamment la loi qui porte son nom et qui a profondément marqué la régulation des prix dans le commerce ainsi que la réforme du code des marchés publics. 

Sa volonté d’adapter l’administration aux besoins des petites et moyennes entreprises à travers la création d’une sous-direction dédiée au sein de la direction des relations économiques extérieures, illustre son souci constant d’efficacité et de proximité avec le terrain. 

Profondément attaché à Paris, il est élu en 83 et devient adjoint en charge de la construction et du logement. Outre la poursuite de la construction de logements sociaux, son action est marquée par l’amélioration des immeubles à loyer modérés. 

Après son engagement ministériel, Yves Galland poursuit sa carrière dans le secteur privé, président Europe Assistance puis Boeing France, tout en restant un acteur engagé de la vie locale parisienne en tant que conseiller et adjoint à la maire du 17e arrondissement et président du groupe UDF au conseil de Paris entre 2001 et 2005. 

A son épouse Anne-Marie, à ses enfants Fabrice, Isabelle, Béatrice, à tous ses proches, aux membres du Parti Radical valoisien, à ses amis, je pense notamment à Didier Bariani et Jean-Thomas Nordmann. Les élus du groupe MoDem et Indépendants adressent leurs pensées les plus sincères. 

Je vous remercie. 

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