Catégorie : Patrimoine et mémoire (Page 1 of 10)
« Entre sacralité de Paris et modernité »
Les Parisiens aiment leur ville, son histoire, son architecture, son patrimoine. Néanmoins, celui-ci est de plus en plus malmené. C’est particulièrement le cas du mobilier urbain. Ce n’est pas une querelle “des anciens contre les modernes” : certaines aberrations architecturales n’auraient jamais dû avoir lieu, notamment si la Commission du Vieux Paris avait été mieux écoutée. Pour autant, Paris ne doit pas devenir une ville musée où aucune innovation ne serait possible.
La plupart des quartiers de Paris ont leur propre histoire, leur propre identité “visuelle”. Revaloriser leur mémoire et leur patrimoine immatériel permettrait de donner un nouveau souffle à notre ville. Enfin, le patrimoine parisien, qu’il s’agisse des édifices historiques, culturels ou cultuels, doit être rénové après le retard pris lors de la précédente mandature.
Mais force est de constater que ce n’est pas le cas. Alors, en dehors de l’aspect patrimonial extrêmement dégradé et préoccupant se pose la question de l’insalubrité des lieux qui accueillent les locataires. Ce n’est pas acceptable, ni pour les artistes, ni pour les locataires de la Ville de Paris qui payent un loyer.
Merci beaucoup Monsieur le Maire, Monsieur le Maire, mes chers collègues,
Vous connaissez notre engagement au groupe MoDem et Indépendants à défendre le patrimoine à Paris et nous répondons toujours présents lorsque des riverains ou des associations nous alertent sur la dégradation d’un bâtiment ou d’un élément architectural dans leur quartier.
Alors, c’est ce que nous avons fait puisque nous sommes allés sur place au mois de juin dernier pour nous rendre compte de l’état extrêmement dégradé dans le bâtiment situé aux 111 rue Saint-Honoré. Nous avons déposé un vœu en juillet dernier, un vœu adopté par l’Exécutif concernant l’état inquiétant de ce bâtiment historique de la Croix-du-Trahoir situé donc au 111, rue Saint-Honoré. Ce bâtiment est un bâtiment de la Ville de Paris auquel est adossé effectivement une très jolie fontaine qui porte le même nom, donc la fontaine du Trahoir.
Or, depuis le mois de juillet, malgré l’adoption de ce vœu, rien n’a été fait par la Ville de Paris : ni le diagnostic du bâtiment, ni le début du moindre travaux. Or, les dégradations, elles, elles continuent et elles sont très graves lorsque vous allez voir l’état de ce bâtiment dans ce merveilleux quartier.
Alors, nous déposons à nouveau un vœu pour vous alerter encore une fois sur l’urgence à engager des travaux sur ce magnifique bâtiment du 18e siècle. Et compte tenu de son emplacement exceptionnel, nous vous soumettons l’idée également d’y installer un point d’accueil, pour les très nombreux touristes dans ce quartier historique, patrimonial exceptionnel et qui attendent eux aussi un patrimoine remis en état pour un Paris rayonnant.
Je vous remercie.
Chers collègues,
Cette délibération s’inscrit dans la suite de notre vœu voté par le conseil du 9e arrondissement puis par le conseil de Paris en novembre 2024, il y a donc 1 an.
Vœu qui exprimait notre volonté commune de rendre hommage à la maison Schneeberg et à son fondateur Samuel Schneeberg ainsi qu’à son fils Édouard en apposant une plaque commémorative aux 43 rues de la Victoire. Fondée en 1840 par Samuel, la maison Schneeberg a été une véritable institution du 9e arrondissement de Paris. Située face à la grande synagogue rue de la Victoire, spécialisée dans les pompes funèbres israélites, la maison a accompagné durant plus d’un siècle les familles de la communauté juive parisienne dans les moments les plus douloureux de la vie. À la mort du fondateur, Samuel, son fils Édouard a repris le flambeau avec la même rigueur et le même sens du service. Mais au-delà de la profession, Édouard Schneeberg a incarné les valeurs républicaines et humanistes et nombreuses sont ses actions dans ce cadre. Il prenait notamment en charge l’inhumation gratuite des plus démunis, les vacances d’enfants pour la colonie scolaire et il organisait des banquets pour nourrir des chômeurs et des familles en situation de précarité.
Lorsque la guerre a éclaté, la maison Schneeberg a essayé de poursuivre son activité dans le contexte d’oppression et de persécution lancé. Malgré son statut particulier de commerce rituélique qui lui permettait d’exercer sous l’occupation, Édouard Schneeberg a été arrêté à plusieurs reprises. D’abord par les Allemands nazis le 10 septembre 1941, puis par la police française le 20 mars 1942 dans ses bureaux de la rue de la Victoire, lui l’ancien combattant de 14-18.
Le 31 juillet 1943, il était déporté par le convoi numéro 58 à destination d’Auschwitz. Il n’en est jamais revenu.
Son histoire est celle d’un homme fidèle à son identité, à son héritage moral, d’un homme fidèle à la République française, à ses valeurs, à ses principes. Son histoire est celle d’une personnalité parisienne dont la vie et le destin s’inscrivent dans la tragédie : l’horreur de la Shoah. En rappelant son nom, celui de sa famille et de la maison qu’il a dirigée, nous préservons une mémoire essentielle. Une mémoire qui relie notre arrondissement à la grande synagogue de la victoire toute proche et à l’histoire des juifs de Paris, de France, à notre histoire commune.
Grâce au travail remarquable entrepris par Madame Michèle Schneeberg, son arrière petite fille, l’histoire d’Édouard nous est aujourd’hui transmise pour redonner toute sa place non pas à une victime anonyme, mais à un homme d’exception, juste et courageux qui a gardé sa dignité jusqu’au bout. Quelqu’un qui a trouvé la force de penser aux autres jusqu’à sa mort.
Alors mes chers collègues, adopter cette délibération c’est reconnaître cette part de notre histoire, celle de Paris, celle de la France, c’est transmettre cette part de notre histoire à tous ceux qui passeront devant le 43 rue de la Victoire. Cette délibération c’est aussi offrir à nos concitoyens et en particulier à la famille Schneeberg une place dans nos cœurs, une place qui soit ce lieu de mémoire, de transmission, de vigilance mais aussi et surtout d’amitié et d’espérance.
Je vous invite, mes chers collègues, à voter de manière unanime en faveur de cette délibération.
Mers chers collègues,
Ismaël Kadaré est sans doute l’auteur albanais le plus connu et reconnu dans le monde entier et une voix universelle contre le totalitarisme.
Très tôt, il se passionne pour les mots. Il est sélectionné pour aller étudier la littérature à Moscou et lorsque l’Albanie rompt avec la Russie pour se rapprocher de la Chine, il doit rentrer en Albanie. Il y débute une carrière de journaliste tout en continuant à écrire. Il n’a que 27 ans lorsqu’il écrit son premier roman Le général de l’armée morte, l’histoire d’un général italien envoyé en Albanie pour rapatrier les ossements de compatriotes tombés pendant la Seconde Guerre mondiale.
Mal perçu en Albanie, le roman est plébiscité dans le monde entier et il sera d’ailleurs adapté au cinéma avec Marcello Mastroianni dont nous parlions tout à l’heure ainsi qu’Anouk Aimé comme quoi ça fait la synthèse. Une cinquantaine de romans suivirent et il sera primé à de très nombreuses reprises.
Après la parution du poème Les pachas rouges, Kadaré se voit interdit de publication et doit se soumettre à une période de stage de rééducation. En 81, il publie Le palais des rêves, un roman antitotalitaire. L’ouvrage est interdit. Kadaré finit par être qualifié d’ennemi. La presse mondiale réagit à ces condamnations et des protestations s’élèvent pour défendre son auteur qui échappe aux sanctions.
En 90, se sentant menacé dans son pays, il demande et obtient l’asile politique en France avec son épouse Elena. Il s’installe alors au 63 boulevard Saint-Michel. Dans son livre Matiné au café Rostan, il immortalisera ses heures passées à écrire au cœur de Paris, ce Paris qu’il aimait tant.
Ismaël Kadaré s’est éteint le 1er juillet dernier. C’est pour rendre hommage à cet écrivain engagé voix de l’antitotalitarisme que nous souhaitons qu’une plaque soit apposée sur l’immeuble où il a vécu. Je vous remercie.
Merci Monsieur le Maire,
Mes chers collègues, Chère Laurence Patrice,
La délibération que vous nous présentez ce soir vise à honorer Alfred Nobel, figure universelle dont le destin a croisé celui du 9e arrondissement de Paris. Né en 1833 à Stockholm, inventeur et chimiste de génie, Alfred Nobel a marqué l’histoire par ses découvertes, en particulier la dynamite qui a révolutionné les grands travaux d’ingénierie du 19e siècle. Mais sa plus grande invention était d’ordre humaniste.
En 1895 au 58 rue de la Chaussée d’Antin, dans le 9e, il rédigeait son testament. En effet, c’est dans cet immeuble de la Chaussée d’Antin qu’est né l’idée d’un prix qui depuis plus d’un siècle récompense celles et ceux qui auront rendu à l’humanité les plus grands services. Ce lien n’est pas anodin. Le 9e, cet arrondissement de Paris est depuis toujours un territoire d’invention et de génie. Quartier d’artistes et de savants, il a vu éclore des projets visionnaires et accueilli des figures dont l’œuvre a rayonné bien au-delà de nos frontières.
En choisissant de signer ce testament décisif, Alfred Nobel inscrit Paris et son 9e arrondissement dans la grande histoire du progrès, de la science et de la paix. Le prix Nobel remis pour la première fois en 1901 a consacré des figures illustres, 76 Parisiens en son lauréat. Leur renommée rejaillit aussi sur ce lieu de mémoire où Alfred Nobel a jeté les bases de cette institution universelle. Il est donc légitime qu’une plaque commémorative soit apposée au 58 rues de la Chaussée d’Antin rappelant que c’est là qu’Alfred Nobel a pris la décision qui a changé la manière dont l’humanité distingue et encourage de savoir la littérature et la paix.
Alors mes chers collègues, en rendant hommage à Alfred Nobel, nous nous affirmons que le 9e arrondissement est non seulement un quartier d’histoire, mais aussi un territoire de génie et d’inventivité de Paris. Je vous remercie.
Merci Madame la Maire,
Mes chers collègues,
C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris cet été, la disparition de notre cher collègue Jacques Martial, décédé le 13 août dernier et que nous avons accompagné pour son dernier voyage au Père Lachaise.
Jacques Martial fait partie de ces personnalités nourries de richesses culturelles, territoriales et profondément marquées par les nombreux pays d’Afrique et des Antilles où son père était affecté.
C’est en Guyane, adolescent, que Jacques Martial découvre le théâtre, art qui deviendra sa vocation. Acteur, metteur en scène, il sera aussi un homme politique engagé notamment à Paris.
Formé à l’atelier de Sarah Sanders dont il fut l’assistant. Il donne un souffle pédagogique à sa démarche, en animant des stages de formation pour acteurs en étant déjà dans la transmission.
Tout en mettant en scène plusieurs spectacles, il poursuit sa carrière d’acteur, devenant, vous l’avez rappelé, un visage familier pour le grand public, notamment dans la série Navarro où il incarnait Bain-Marie.
Jacques Martial, c’est aussi l’action citoyenne ! Engagé, honnête homme au sens des Lumières, il savait conjuguer les mots culture et citoyenneté pour faire rayonner la diversité et l’histoire des Outre-mer dans notre capitale.
Nommé, ça a été rappelé également président de la Villette par Jacques Chirac en 2006, il a été le premier dirigeant noir à la tête d’une grande institution culturelle parisienne.
Élu conseiller de Paris en 2020, adjoint à la Maire, chargé des Outre-mer en 2022, Jacques Martial s’est battu pour défendre les Parisiens ultramarins, soutenir leurs associations, coopérer avec les collectivités ultramarines et porter la mémoire de leurs luttes et de leurs figures emblématiques dans l’espace public parisien.
Grâce à lui, Paris a vu naître le jardin et la statue Solitude, héroïne emblématique de la lutte contre l’esclavagisme et pour la défense des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Il a aussi œuvré pour la dénomination du jardin Toussaint Louverture, ainsi que celle de la statue de Paulette Nardal, fidèle en cela à ses valeurs de transmission.
Son combat était, en effet, celui de la Mémoire en partage, toujours avec la même exigence d’humanité et d’universalité. Son engagement l’a d’ailleurs conduit à de hautes responsabilités comme la présidence de Mémorial ACTe, le musée de l’esclavage de Pointe-à-Pitre.
En dernier, il était membre du comité de pilotage du Mémorial national des victimes de l’esclavage où il représentait notre collectivité aux côtés notamment du CM98, le Comité marche du 23 mai 1998 dont je salue les dirigeants et militants pour tous leurs engagements mémoriels.
Il a aussi été à l’origine d’initiatives culturelles fortes, vous l’avez rappelé, comme la si symbolique Nuit Blanche d’Outre-mer. On se souviendra du magnifique feu d’artifice du 14 juillet, en préambule à des Jeux olympiques historiques où les Outre-Mer avaient été mis à l’honneur.
Pour toute son œuvre et sa vie citoyenne, il était nommé Chevalier de la Légion d’honneur en 2006, puis promu officier des Arts et Lettres en 2015.
Au nom du groupe MoDem et Indépendants, je souhaite adresser à son époux, à sa famille, à ses proches et à ses amis, nos plus sincères condoléances. Jacques Martial, homme accompli, laisse une empreinte indélébile dans le cœur de Paris.
Sa gentillesse et sa générosité d’âme, comme son héritage et sa place parmi nous dans ce Conseil, nous invitent à poursuivre son combat avec la même exigence dans la transmission et la même détermination dans l’action.
Madame la Maire,
Mes chers collègues,
Je souhaite ici saluer la mémoire de Jean-Marc Boulenger de Hauteclocque et celui du 15e arrondissement qui nous a quittés le 10 septembre dernier à la suite d’un long combat contre la maladie.
Jean-Marc était un serviteur de la mémoire et un bâtisseur de lien entre les générations autant qu’un homme profondément engagé pour Paris.
Petit-fils de Nicole de Hauteclocque, résistante de la première heure et figure emblématique de la vie politique parisienne, Jean-Marc Boulenger de Hauteclocque a su à son tour s’investir pleinement dans la vie locale honorant sa famille et son héritage.
Il occupa diverses responsabilités: adjoint au maire du 15e arrondissement, adjoint au maire de Paris mais également directeur de cabinet du maire du 8e arrondissement. Sa connaissance fine des sujets municipaux, son attachement à la vie locale pour le commerce, la protection de l’environnement et le développement économique sont connus de tous ceux qui l’ont rencontré.
Acteur clé dans la gestion de l’eau et de l’assainissement, notamment à travers son rôle de vice-président du SIAAP, il a su démontrer son intérêt pour des problématiques essentielles à la qualité de vie des Parisiens. Mais au-delà de ses fonctions publiques et politiques, Jean-Marc Boulenger de Hauteclocque était aussi un homme de cœur profondément attaché à la coopération internationale notamment avec Cuba. Il fut ainsi vice-président de l’ONG Cuba coopération pendant 15 ans. Sa passion pour la culture cubaine, son admiration pour les traditions locales témoignent d’un engagement sincère.
Écrivain et journaliste, il a su transmettre avec sensibilité le récit de sa grand-mère dans son ouvrage publié quelques jours avant son décès intitulé Nicole de Hauteclocque dans le secret de mon cœur, un hommage poignant à une femme combattante, résistante de la première heure.
Les élus du groupe MoDem et Indépendants adressent à son épouse Pascale, à ses filles, à Astrid et Axel, à ses proches, à l’ensemble des habitants du 15e arrondissement, leurs condoléances les plus sincères et leurs pensées les plus chaleureuses.
Je vous remercie.
Merci Madame la Maire,
Yves Galland s’est éteint le 13 juillet 2025 à Bonny-sur-Loire à l’âge de 84 ans.
Avocat, homme politique, homme d’entreprise, la vie d’Yves Galland témoigne d’un parcours marqué par un engagement constant, un sens aigu des responsabilités et une volonté de servir son pays sous toutes ses formes.
Après des études de droit, Yves Galland choisit d’abord la voix de l’entrepreneuriat. Entre 65 et 69, il crée plusieurs entreprises dans des secteurs variés tels que la distribution, la communication, le marketing ou encore l’édition. En 77, animé par un sens profond de l’engagement public, il rejoint le parti radical valoisien et entame alors une carrière politique remarquable.
Au Parlement européen, à plusieurs reprises, il succède d’ailleurs à Valéry Giscard d’Estaing comme président du groupe libéral. Il marque l’hémicycle comme rapporteur du budget de l’énergie. Il y travaille notamment au côté de Simone Veil dont il restera très proche.
Puis comme membre du gouvernement, ministre délégué aux collectivités territoriales dans le gouvernement Jacques Chirac, ministre de l’industrie sous Alain Juppé puis ministre délégué aux finances et au commerce extérieur. Il joue un rôle clé dans des réformes majeures, notamment la loi qui porte son nom et qui a profondément marqué la régulation des prix dans le commerce ainsi que la réforme du code des marchés publics.
Sa volonté d’adapter l’administration aux besoins des petites et moyennes entreprises à travers la création d’une sous-direction dédiée au sein de la direction des relations économiques extérieures, illustre son souci constant d’efficacité et de proximité avec le terrain.
Profondément attaché à Paris, il est élu en 83 et devient adjoint en charge de la construction et du logement. Outre la poursuite de la construction de logements sociaux, son action est marquée par l’amélioration des immeubles à loyer modérés.
Après son engagement ministériel, Yves Galland poursuit sa carrière dans le secteur privé, président Europe Assistance puis Boeing France, tout en restant un acteur engagé de la vie locale parisienne en tant que conseiller et adjoint à la maire du 17e arrondissement et président du groupe UDF au conseil de Paris entre 2001 et 2005.
A son épouse Anne-Marie, à ses enfants Fabrice, Isabelle, Béatrice, à tous ses proches, aux membres du Parti Radical valoisien, à ses amis, je pense notamment à Didier Bariani et Jean-Thomas Nordmann. Les élus du groupe MoDem et Indépendants adressent leurs pensées les plus sincères.
Je vous remercie.