Catégorie : Sécurité (Page 3 of 6)

« Apaiser l’espace public »

Depuis 40 ans, les centristes à Paris portent le projet de doter la Capitale d’une véritable police parisienne, à l’image de ce qui se fait partout ailleurs sur le territoire. Car si les forces de police nationale œuvrent à Paris, elles se consacrent principalement à des missions relevant de la sécurité nationale, laissant un “angle mort” pour la sécurité quotidienne. Or, la sécurité des Parisiens ne tolère aucun flou. D’autant plus qu’elle s’est dégradée ces dernières années ce qui s’est notamment traduit par une augmentation des attaques aux personnes et aux biens. Tout est aujourd’hui à inventer grâce aux évolutions législatives sur ce sujet. Cela devra nécessairement passer par une définition claire des missions de cette police parisienne, en lien permanent avec la Préfecture de police et les départements limitrophes et en cohérence avec l’ensemble des acteurs de la sécurité.

Maud Gatel à propos des émeutes urbaines suite au décès du jeune Nahel à Nanterre – Conseil de juillet 2023

Madame la Maire, Monsieur le Préfet,

Mes chers collègues,

Mardi dernier, la France entière a assisté, impuissante, à un drame. Un drame qui a ôté la vie à Nahel, 17 ans.

La colère que nous ressentons est parfaitement légitime. Car personne ne doit mourir à 17 ans.

Nos institutions ont fonctionné. Et la justice n’a pas failli. Elle s’est immédiatement saisie de ce drame : le policier incriminé a été mis en examen après sa garde à vue et placé en détention provisoire à la prison de la Santé.

5 nuits d’émeutes, sur tout le territoire, et à Paris, ont suivi ce drame. A Paris, certains quartiers se sont embrasés et de très lourdes dégradations de biens publics et privés sont à déplorer.

Et ces événements ont peu à voir avec le drame de Nanterre : détruire les biens communs, piller des magasins, brûler le bus du « Cœur des femmes », la BAPSA, ou une antenne des Restos du cœur, caillasser et incendier des bus, tenter de mettre le feu à des bâtiments publics, appeler à tuer des policiers, des surveillants pénitentiaires, ce n’est pas manifester une colère, c’est délibérément attaquer les symboles de l’autorité et vouloir détruire ce qui fait notre société.

Et il n’y a aucune excuse à chercher à ceux qui brûlent la voiture de leurs voisins, détruisent l’école de leurs frères et sœurs, pillent la pharmacie de leur quartier. Ceux qui détruisent ce qui a été difficilement et patiemment construit par la puissance publique et les habitants. Une destruction des biens communs, dont vont pâtir en premier lieu, les plus fragiles.

Aucune excuse à chercher non plus à ceux qui s’en prennent aux élus. Car s’attaquer à celles et ceux qui inlassablement s’engagent au service des autres, c’est attaquer la République. Sur l’ensemble du territoire, 99 mairies ont été attaquées. Stéphanie Von Euw, la Maire de Pontoise, Emmanuel François, le Maire de Saint Pierre des Corps en ont été victimes. Et bien sûr Vincent Jeanbrun et sa famille, victimes d’une tentative d’assassinat que nous condamnons avec la plus grande force.

Cela doit cesser désormais.

Dans de trop nombreux quartiers, y compris à Paris, les habitants vivent dans la peur, au son des tirs de mortier.

Des professionnels ont perdu leur outil de travail.

Beaucoup leur moyen de transports.

D’ores et déjà, le coût pour la collectivité est immense. Sans parler des coûts à venir.

Depuis mercredi dernier, les policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers sont sur sollicités et méritent notre gratitude. Les élus, de tout bord, se mobilisent pour défendre leurs concitoyens. Et les services de la propreté s’attellent chaque matin à effacer les stigmates de la nuit.

Il nous faudra tirer les enseignements, collectivement, de ces nuits d’émeute. Sans fléchir. Améliorer ce qui doit l’être. Renforcer les liens là où ils sont distendus. Notamment le lien entre population et police et rappeler que la police doit nous protéger, en toute circonstance.

Dans l’immédiat, c’est d’unité, de solidarité et de fermeté dont nous avons besoin.

Unité. Pour protéger la République, qui étymologiquement est ce que nous avons en commun. Partout les voix s’élèvent pour dire stop aux violences. Hier, sur le parvis des mairies, nos concitoyens se sont déplacés en nombre pour dire leur attachement à nos institutions. Oui, nous avons tous en nous une part de la République. Agissons, ensemble, pour la défendre.

Solidarité. Envers celles et ceux qui ont perdu leur outil de travail, leur moyen de transport : le gouvernement, la région et vous même Madame la Maire ont d’ores et déjà annoncé les mesures d’accompagnement aux commerçants : report et étalement des charges, rapidité des indemnisation, souplesse des banques. Notre soutien doit être total.

Fermeté. Des centaines de personnes ont été interpellées à Paris : la justice doit œuvrer dans la sérénité, et dire très clairement le caractère intolérable de ce qui s’est passé ces derniers jours.

Ce n’est qu’ainsi que nous renforcerons nos institutions républicaines, seules à même de tirer les enseignements de ces derniers jours. Et gare aux apprentis sorciers : on ne reconstruit rien sur des ruines.

Je vous remercie.

 

Maud Gatel à propos du Budget Spécial de la Préfecture de Police 2023

 

Madame la Maire, monsieur le Préfet, mes chers collègues, 

L’examen du budget spécial de la préfecture de police est très instructif ; pas simplement parce qu’il recouvre des institutions essentielles à la sécurité des Parisiens que sont évidemment la Brigade mais également les 4 services communs : le laboratoire central, le laboratoire central des services vétérinaires, l’institut médico-légal, le service des objets trouvés et les administrations parisiennes.

Instructif parce qu’il démontre qu’une bonne gestion est possible, que des marges de manœuvre peuvent être recherchées, tout en préservant la qualité des interventions, et que les financements des contribuables peuvent être utilement gérés. Ce qui naturellement peut paraître singulier dans le cadre du débat que nous avons aujourd’hui… 

Le budget spécial de la préfecture de police prévoit : 

  • en investissement, une très légère augmentation de 0,49 millions d’euros et en réalité une baisse de la contribution de la ville de Paris à 19,98 millions d’euros, 
  • en fonctionnement, une hausse de 8,9% à 53,80 millions d’euros bien moindre que ce qui aurait été nécessaire sans plan d’économie de la part de la préfecture de police. 

Il faut dire que la Ville a manifesté des réticences à répondre favorablement aux demandes, pourtant ô combien mesurées et légitimes de la part de la préfecture de police. Alors que la préfecture de police demandait une augmentation de 8,5 millions d’euros en deçà de l’inflation donc, c’est une augmentation de 6,4 qui a laborieusement été actée. Car si l’Etat a fortement augmenté sa contribution, la Ville est en deçà et sur le volet investissement, la contribution de la Ville baisse de 3,16%.

Cela nous inquiète car la brigade, fleuron parisien, et qui fait la fierté des Parisiens et qui nous protège quotidiennement continue à subir de très fortes pressions : 

  • Pressions d’abord liées aux nombres d’interventions et cela a été rappelé : le niveau pré-covid est atteint avec sans doute la perspective de 500 000 interventions alors que, rappelons-le, la brigade est conçue pour 450 000 interventions maximales. Il faut donc continuer et renforcer les mesures correctives permettant de soulager la brigade et diminuer les interventions évitables, en renforçant notamment la coordination avec les autres services de secours. 

 

  • Pressions liées à l’augmentation des sollicitations et les nouveaux types d’interventions : les appels pour des blessures par armes blanches de la Brigade ont ainsi explosé en 2022 et se généralisent sur l’ensemble du territoire d’intervention : 2313 actes en 2022 contre 1408 en 2021. Si les agressions à l’encontre des sapeurs pompiers  sont en recrue de 56%, 142 faits sont à déplorer. 142 faits de trop. Nous avons tous en tête l’image de ce pompier agressé lors des manifestations du 1er mai dernier, un comportement intolérable que nous avons eu l’occasion de dénoncer avec la plus grande force et contre lequel il faut continuer de lutter. 

 

  • Pressions liées au sujet de l’attractivité : l’excellence de la brigade est aussi confrontée aux enjeux d’attractivité de la région Île-de-France que l’on peut résumer par un chiffre : sur 504 lauréats du concours des sapeurs pompiers professionnels, 239 auront quitté la brigade à la fin de l’année. Les départs et les postes vacants pèsent nécessairement sur ceux qui sont en poste. 

 

  • et puis enfin pressions liées aux futures échéances, qu’il s’agisse de la Coupe du monde de Rugby à l’automne prochain ou des JO et jeux paralympiques de l’été 2024 qui exerceront une pression inédite sur la Brigade. 

 

Dans ce contexte de tension et de sur-sollicitations, la Ville doit être au rendez-vous. Pas seulement parce que c’est la loi. Mais parce que c’est son devoir. 

Au-delà du financement à la hauteur des enjeux pour les Parisiens, nous attendons aussi que la Ville contribue à agir sur l’attractivité et la prise en compte des besoins spécifiques de la brigade et je pense notamment à la question des déplacements et à la facilité des déplacements. Sécurité des Parisiens, préparation des grands événements : préfecture de police, Ville, nous devons évidemment agir ensemble, ce qui impose que la Ville soit au rendez-vous.

Je vous remercie. 



Maud Gatel à propos de l’avenir des trottinettes électriques en libre-service  – Conseil de novembre 2022

Monsieur le Maire,

Depuis leur arrivée en 2018, les trottinettes électriques en libre-service ont contribué à faire de l’espace public parisien une véritable jungle. Si indubitablement, cette offre a rencontré son public, il est tout aussi évident que la Ville de Paris n’est pas parvenue à créer les conditions pour une utilisation sécurisée pour l’ensemble des usagers de l’espace public. 

 

L’offre de trottinettes en libre-service a créé un climat profondément anxiogène, notamment pour les usagers les plus fragiles, les piétons. La sensibilisation a ses limites quand la verbalisation est inexistante et que les incivilités prolifèrent, quelques soient les chartes, quelques soient les mesures correctives, soi-disant prises par les opérateurs.

 

Il est intolérable de voir que les piétons aient peur de traverser une rue, voire de circuler sur un trottoir. 

 

Quant à l’occupation de l’espace public, il n’est pas rare de voir des trottinettes jonchées les trottoirs voire même sur les pistes cyclables. Entre 2021 et 2022, le nombre d’accidents en lien avec les trottinettes a augmenté de 52%, traumatismes crâniens ou de la face qui sont particulièrement sérieux. 

 

Par ailleurs, le modèle jetable des trottinettes, ne correspond absolument pas au modèle de société auquel nous aspirons. 

 

Les dernières tentatives de régulation ne sont pas parvenues à la pacification de l’espace public à laquelle les usagers de l’espace public pourtant, aspirent. Il y a deux mois, Monsieur le Maire, David Belliard, vous demandiez des comptes aux opérateurs, évoquant la possibilité de ne pas renouveler les contrats liant la Ville aux opérateurs. 

 

Alors évidemment on entend ci et là des propositions qui ne vont pas là où ça devrait aller, qui ne vont pas suffisamment loin et qui sont beaucoup trop tardives. 

 

Alors M. Jeanneté la seule chose logique au regard du discours que vous venez de tenir c’est évidemment de voter notre vœu, car oui nous souhaitons et nous considérons qu’il est plus que temps de libérer Paris des trottinettes en libre-service. C’est l’objet de notre vœu.

Maud Gatel à propos des sapeurs-pompiers – Conseil de juin 2022

Merci beaucoup madame la Maire.

Lors des défilés du 1er mai, une manifestante s’en est pris à un soldat du feu de la BSPP, alors qu’il était en train d’éteindre un feu, elle a tenté de lui arracher sa lance à incendie, lui asséner des coups sur son casque. Ces images qui ont fait le tour des réseaux sociaux et pas que, ont choqué et à juste titre ont suscité une vague d’indignation. 

La manifestante a été jugée hier en comparution immédiate, a été reconnue coupable d’avoir agressé le sapeur-pompier et condamnée en son absence. 

Alors par ce vœu qui a été déposé par mon collègue Chang Peng Hua, adopté à l’unanimité du conseil du 13e arrondissement, nous souhaitions simplement rendre hommage au travail de la BSPP, exprimer notre solidarité et dénoncer des actes aussi incompréhensibles qu’intolérables qui ne doivent plus jamais se reproduire. 

Je vous remercie. 

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