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« Réconcilier avec la nature »
La nature doit revenir au centre de nos préoccupations avec un véritable plan de végétalisation apportant fraîcheur et espaces aux Parisiens. La dimension environnementale doit également faire l’objet d’une prise en compte systématique dans les projets d’aménagement. De même, il est fondamental de financer et d’encourager le développement des véhicules propres tout en veillant à prévenir les conflits entre les usagers. Le domaine économique est aussi concerné. Il faut repenser les livraisons et les transports de marchandises de manière à répondre aux attentes des commerçants tout en respectant les contraintes environnementales.
Merci Monsieur le Maire,
Donc vous souhaitez choisir aujourd’hui un nouvel opérateur qui à la fois croyez-vous vous garantit un prix fixe assez bas, vous promet d’augmenter de 50 % le réseau, d’augmenter de 50 % la quantité d’énergie renouvelable utilisée, tout en faisant près de 4 milliards d’investissements, le tout en 25 ans.
Revers de la médaille, évidemment, vous choisissez l’offre qui pense que la consommation va augmenter alors même que toutes les politiques publiques visent à la baisser, vous vous inventez suffisamment souvent, y compris quand l’énergie utilisée est propre. L’offre encore qui n’utilise pas les capacités à transformer des installations de production existantes et qui s’appuie davantage sur de nouvelles constructions. L’offre enfin qui ne garantit rien sur la gestion des chantiers alors qu’on sait tous ici les difficultés que ça entraîne pour les Parisiens.
À vrai dire, nous avons de sérieux doutes sur la capacité à garantir le prix d’usage, surtout quand on voit les hausses récentes et qu’on connaît un peu les aléas, les crises qui peuvent toucher les prix de l’énergie. Ça a des conséquences directes sur les usagers, les Parisiens et le lien avec la consommation estimée est évident : si la consommation n’est pas à la hauteur et nous devons tous l’espérer entre la rénovation des bâtiments et la hausse des températures, alors, c’est tout l’équilibre du contrat qui s’écroule.
J’ajoute que pour cette nouvelle concession, l’exigence importante à laquelle vous renoncez, c’est celle de raccorder les bâtiments publics aux nouveaux réseaux déployés et hop, les contraintes, c’est pour les autres, pas pour la Ville et c’est franchement dommage. Mais le mot, en fait, le grand mot a été prononcé tout à l’heure par votre majorité, secteur privé. C’est ça votre problème.
Ce dont nous parlons est particulièrement structurant pour une ville comme Paris. Structurant aussi lorsqu’on parle de l’adaptation de la ville au changement climatique. Structurant enfin, quand on parle de prix de l’énergie pour l’utilisateur final.
Il y a plusieurs mois déjà pour des contrats de bien plus petite importance vous nous proposiez également de prolonger les concessions en cours pour que ce soit la majorité qui sortira des urnes en mars 2026 qui choisissent le nouveau concessionnaire et là à tout juste 3 mois des élections vous nous demandez de valider un contrat qui sort l’opérateur quasi centenaire et qui lie les mains de la future majeur majorité, celle qui je l’espère vous verra dans l’opposition et ce pour 25 ans.
Ce que vous faites n’est pas républicain. Vous aviez tout à fait les moyens de repousser ce choix. Au lieu de quoi, vous vous précipitez lors de ce dernier conseil pour faire voter par votre majorité cet ultime contrat. Ce ne sont pas de bonnes méthodes.
Ainsi, le groupe MoDem votera contre cette délibération.
Merci beaucoup Monsieur le Maire,
Les modalités de renouvellement du contrat ont été évoquées, le sujet du calendrier, et ma collègue Séverine de Compreignac, y reviendra.
Je voulais simplement pour ma part m’attacher à illustrer l’immense occasion manquée du réseau actuel qui aurait pu, qui aurait dû, constituer un levier majeur pour la ville pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Car rappelons le, le bâtiment représente 20 % des émissions nationales de CO2 dont la majeure partie provient du chauffage. Le renouvellement de cette concession pour le plus grand réseau de chaleur d’Europe nous est présenté comme l’aboutissement d’une politique volontariste écologique.
Et pourtant, cela fait 25 ans que à la tête de Paris, vous avez laissé un réseau de chaleur dérivé complètement, pour devenir aujourd’hui une épave climatique. La quantité de chaleur perdue est phénoménale en raison des sous-investissements chroniques. Mais encore plus grave, vous ne vous êtes jamais servi du levier considérable que constitue pourtant le réseau de chaleur pour réduire nos émissions.
Ce réseau ne représente que 54 % au mieux d’énergie renouvelable. Ce taux est parmi les plus faibles de tous les réseaux de chaleur. Il a même parfois fallu acheter des certificats de biométhane pour dépasser les 50 % fatidiques vous donnant droit à une TVA réduite. Vous avez fait donc de l’optimisation fiscale climatique pour masquer votre incapacité durant des décennies à faire évoluer ou même maintenir correctement ce réseau.
Mais vous avez surtout renoncé à utiliser ce levier en dépit des conséquences pour le climat et pour la santé, sans parler de la dépendance aux énergies fossiles dans le contexte géopolitique que nous connaissons. Rappelons le, le gaz naturel émet des oxydes d’azote lors de la combustion qui irritent les bronches avec des effets nocifs sur la santé respiratoire, des particules fines PM 2.5 qui compte tenu de leur petite taille peuvent pénétrer dans l’organisme. Du monoxyde de carbone : gaz toxique incolore produit par une combustion incomplète des composés organiques volatiles notamment. Du benzène même lorsqu’il n’y a pas de combustion et ce sont des composés cancérigènes. Du méthane dont les fuites se trouvent tout au long de la chaîne et qui est un puissant gaz à effet de serre qui contribue à la formation d’ozones troposphériques.
Vous avez même durant plus de 20 ans maintenu du charbon comme source d’énergie malgré toutes les conséquences induites pour la planète et pour la santé. Dans ce nouveau contrat, les délégataires potentiels annoncent que 500 000 tonnes de carbone au moins seront économisées. Cela signifie que chaque décennie, depuis que vous êtes au pouvoir, ce sont 5 millions de tonnes de CO2 que vous auriez pu éviter.
Il est insupportable de penser que les élus qui se disent préoccupés par le climat n’aient pas exploité ce levier. En 25 ans, vous auriez pu, vous auriez dû, augmenter le taux d’énergie renouvelable sur le réseau et mener les travaux indispensables.
Le débat de ce matin doit ouvrir les yeux des Parisiens sur cette inaction climatique pendant les 25 dernières années. Au lieu de vous attaquer à ce véritable enjeu, au lieu de cesser plutôt ce demi-million de tonnes de carbone qui détruit notre planète, vous avez décidé d’agir uniquement sur ce qui était visible. Alors, c’est vrai, les arbres en pot, ça se voit davantage que le réseau de chaleur, mais c’est pas plus efficace. Aucune des actions que vous avez mené en 25 ans n’aura permis d’économiser ni de près ni de loin le demi-million de tonnes annuelles que vous auriez pu éviter en vous occupant du réseau de chaleur.
Cette délibération, finalement, c’est la révélation d’une immense supercherie et d’une absence de volonté d’agir pour diminuer drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Les Parisiens n’ont pas besoin que l’on leur parle d’écologie. Ils ont besoin qu’on agisse sur l’essentiel de nos émissions et c’est ce que vous n’avez pas fait pendant tant d’années. Le climat meurt de l’inaction des politiques qui ne sont que des écrans de fumée. Je vous remercie.
Madame la Maire,
Mes chers collègues,
Ce projet de budget pour l’année 2026 reflète des choix politiques ambitieux, notamment ceux que nous aurions aimé partager en matière d’environnement, mais qui peinent à répondre aux défis majeurs auxquels notre ville est confrontée.
Bien qu’on nous annonce dans le bleu climat 2025 un niveau d’investissement inédit pour 2024 et près de 3,4 milliards d’euros sur 5 ans, force est de constater que certaines priorités semblent reléguées au second plan notamment en matière d’environnement, de rénovation urbaine et de gestion des espaces publics comme l’a mentionné notre présidente de groupe Maud Gatel.
En matière environnementale, il est nécessaire d’investir pour atteindre des objectifs fixés, prenons par exemple le plan climat. En 2025, ce dernier bénéficiait de 57,8 millions d’euros. Mais en 2026, cette somme a été réduite alors que les moyens nécessaires vont être croissants d’année en année. Pour qu’une politique, pour que cette politique que nous souhaitons résolument en faveur de la transition écologique soit efficiente, il aurait fallu que le recul depuis 2020 des crédits qui étaient alors de période de 92 millions d’euros qui ont été écrêtés de plus d’un tiers soit à minima maintenus. Si les politiques publiques ne sont pas uniquement fondées sur des besoins de moyens financiers, cette baisse laisse quand même présager les difficultés que nous aurons pour mettre en œuvre une politique d’adaptation qui réponde aux besoins d’investissement et aussi aux besoins de justice sociale.
Alors oui, nous savons tous que les ressources publiques ne sont pas illimitées, qu’il ne s’agit pas simplement d’un débat technique, c’est une question de cohérence et d’anticipation.
Sur la gestion des déchets également et la propreté urbaine pourtant essentielle à la qualité de vie à Paris, elles subissent également des réductions notables avec seulement 173,5 millions d’euros alloués en 2026. Cette baisse est particulièrement préoccupante si elle s’ajoute à la stagnation des crédits pour les stations trilib’, à la baisse des crédits alloués pour des actions transverses également importantes et on peut s’interroger sur la capacité de la ville à maintenir un service public de qualité en ces domaines dont on voit aujourd’hui les grandes limites.
Enfin, concernant les espaces verts mis en avant comme une priorité, leur budget est réduit. En 2025, 54,3 millions d’euros étaient alloués au parc, au jardin, aux espaces verts de la capitale. Mais pour 2026, cette somme a à nouveau baissé. Investir pour protéger les habitants et s’adapter au changement nécessite d’en faire une priorité et une priorité budgétaire. La végétalisation emblématique que vous aviez mentionnée dans votre introduction est-elle aussi un recul ?
Les crédits pour la création des nouvelles rues jardins, par exemple. Pourtant, ces besoins de végétalisation sont un enjeu crucial pour notre adaptation collective au réchauffement climatique. C’était déjà d’ailleurs notre inquiétude en juillet dernier lorsque nous avions eu entre les mains le rapport de la cour régionale des comptes publié par la suite, la cour régionale des comptes sur la situation financière de la ville et qui avait montré une baisse importante des effectifs et pointé la baisse des effectifs de la direction des espaces verts de la ville rendant impossible leur gestion au quotidien.
Enfin, la rénovation du secteur public à Paris, un domaine essentiel pour la transition écologique requiert des moyens conséquents, en particulier pour la décarbonation du bâti, mais aussi pour des projets plus structurants comme la réhabilitation de certains patrimoines historiques. Certains établissements visités par nos élus montrent combien infiltration, passoir thermique et équipements obsolètes sont plutôt le patrimoine aujourd’hui de la ville.
Les personnels comme les familles nous le disent, nous devons faire plus vite avec plus d’ambitions et plus de moyens. Alors, nous appelons donc à ce que ce budget puisse être revu et puisse traduire pleinement une priorité pour l’écologie et pour l’entretien de la ville et surtout pour son adaptation.
Sur le rapport annuel sur la gestion des déchets ménagers assimilés à Paris qui confirme une tendance toute petite à l’amélioration amorcée depuis quelques années. On voit en effet encore une fois une toute petite diminution des tonnages collectés par rapport à 2023. On est à – 0,4 %. On pourrait parler de stagnation qui s’inscrit dans la continuité d’une baisse globale observée de 6 % des déchets produits.
Dans la communication sur l’année 2023, la ville s’était engagée à renforcer les dispositifs de tri, développer le compostage et élargir les solutions de réemploi. Et globalement, des progrès ont été faits sur la fréquence des collectes des bacs jaunes, des dispositifs pour le tri des déchets alimentaires et l’accessibilité au point d’apport volontaire. Par ailleurs, la communication d’aujourd’hui annonce le lancement de 59 nouveaux sites de compostage collectif accompagnés de la distribution de 1 477 lombri composteurs individuels. Cependant, malgré ces avancées, plusieurs défis persistent. L’incinération demeure la principale voie de traitement des déchets résiduels représentant encore 87 % du contenu des poubelles grises et une augmentation des erreurs de tri est relevée, en particulier dans les bacs multimatériaux. Ces erreurs nuisent à la qualité des flux collectés évidemment et freinent les performances de recyclage. À ce jour donc, les résultats restent timides et la ville doit impérativement renforcer ses actions de prévention, d’éducation au tri et encourager plus fortement le réemploi et la réduction à la source. La ville fait face à des lacunes structurelles, des efforts insuffisants pour encourager le tri, en particulier auprès des jeunes public, c’est l’éducation et une progression trop lente dans le déploiement de points d’apport volontaire et de composteur de proximité.
Malgré la généralisation du tri imposée par la loi AGEC en 2018 de mémoire, 2019. L’insuffisance des infrastructures seulement 621 copropriétés couvertes en 2023; vous imaginez à l’échelle de Paris ce que ça fait; limite la collecte et la valorisation des déchets. On peut tout de même noter les avancées les trilib’, les points d’apport volontaire, les composteurs, mais leur répartition reste très inégale sur le territoire. Et la généralisation du tri des biodéchets reste un défi.
En 2023, seuls 200 abris bacs étaient disponibles. Je m’arrêterais une petite minute sur la question des mégots de cigarettes qui est un vrai défi pour une ville comme la nôtre. Il y a beaucoup de progrès qui ont été faits ces dernières années sur le traitement de ce type de déchets. On sait les valoriser, on sait en faire autre chose et il est plus que temps de faire un plan innovant et volontaire. Aujourd’hui à Paris, dans 90 % des cas, on jette au mieux les mégots dans les poubelles de rue. Nous attendons donc toujours le plan de communication de la mairie sur ce sujet. Dans le 6e arrondissement, on avance, les conseils de quartier s’en sont saisis et ont obtenu la multiplication des cendriers de rue avec l’appui de petits tracts pédagogiques qu’ils distribuent eux-mêmes. Mais si c’est une réponse concrète, ce n’est pas à l’échelle de l’enjeu. C’est à la mairie de Paris de se saisir de ce sujet et d’investir vraiment pour qu’il y ait plus de mégots aux pieds des arbres et que ceux qui sont récoltés soient recyclés et non jetés dans la poubelle générale.
Comme tout bilan, il faut distinguer ce qui relève d’une amélioration structurelle de ce qui découle de facteurs extérieurs. L’évolution positive entre guillemets des tonnages par exemple est aussi la conséquence de la baisse des activités économiques, du recul démographique et de la mutation des modes de consommation. Ainsi, s’il faut reconnaître certaines avancées, ces progrès demeurent largement insuffisants, au regard de l’urgence environnementale. La faiblesse encore une fois du tri des biodéchets en est un exemple frappant, il représente 26 % du contenu des poubelles parisiennes mais seulement 1 % aujourd’hui effectivement triés.
Donc en conclusion, si la ville revendique des avancées notables en matière de propreté et de gestion des déchets, ces progrès restent fragiles et souvent plus affichés que véritablement transformateurs. Seule une action plus structurante permettra de répondre à l’urgence climatique.
Je vous remercie.
Merci Madame la Maire,
Le groupe MoDem et Indépendants salue l’ambition affichée par la Mairie de Paris dans ce nouveau plan Paris pluie qui marque une évolution positive dans la manière de concevoir l’eau de pluie. Sa gestion et la manière dont on peut la valoriser.
Sa limite parce que bien sûr il y en a une, c’est que ce plan ne précise pas suffisamment les sources de financement des projets proposés, ni les mesures de contrôle et d’évaluation de leur efficacité. Comment ces projets sont-ils financés à long terme ? Quelle part du budget de la ville sera réellement allouée à ces initiatives dans les prochaines années ? On a beau chercher, on ne trouve pas la réponse.
La communication mentionne des résultats positifs des premières initiatives, c’est bien, mais omet d’entrer dans le détail des coûts associés à ces projets et des mécanismes de financement. La ville doit expliquer comment ces projets sont financés et se doit de réaliser un retour d’expérience exhaustif au lieu de consacrer une communication sur plusieurs pages au changement de paradigme : la pluie n’est pas une contrainte mais une ressource à utiliser.
La réussite de la désimperméabilisation et de la végétalisation repose autant sur l’impulsion publique que sur l’appropriation par les Parisiens, notamment les copropriétés, les bailleurs sociaux, les entreprises et les habitants de ce sujet. Si le plan fixe des objectifs chiffrés ambitieux, la diversité du tissu urbain impose une approche concertée. D’abord, prioriser la désimperméabilisation avec les bâtiments publics à forte fréquentation, les écoles, les centres sociaux, les équipements sportifs. Cela permet de montrer l’exemple, de donner une idée sur les coûts et les avantages.
Ensuite, accompagner plus explicitement les copropriétés des quartiers anciens et denses où l’espace disponible est limité. Pour rappel, du fait des substances ou des microorganismes qu’elles sont susceptibles de véhiculer et des déversements d’eau usée non traitée qu’elles engendrent, les eaux pluviales ont des conséquences sur la qualité des rivières. Ces rejets sont à l’origine de déversement de déchets et de micropolluants aux effets négatifs multiples que l’on connaît bien.
La présence de volume important d’eau pluvial dans le réseau de collecte vient perturber le fonctionnement de l’ensemble du système d’assainissement. Donc, sans réduction sensible de ces flux de pollution, de nombreux cours d’eau ne seront pas en bon état à échéance de 2027 fixés par la directive cadre sur l’eau.
Nous ne pouvons pas manquer ce rendez-vous. Le groupe rappelle fréquemment que Paris est une ville très dense et minéralisée avec des spécificités patrimoniales et techniques qui rendent certaines mesures difficiles à appliquer. Si l’objectif d’atteindre 55 % du territoire transformé en ville éponge d’ici 2050 est ambitieux et louable, il doit être accompagné d’une feuille de route claire avec des étapes intermédiaires, réalistes et adaptées aux divers quartiers.
Pour le groupe, la résilience de Paris ne peut se réduire à la seule gestion des eaux pluviales. Il s’agit d’une approche globale qui tient compte de la lutte contre le réchauffement urbain, de la préservation et du développement de la biodiversité, de la maîtrise de la consommation des ressources et de l’amélioration de la qualité de vie pour tous les Parisiens.
La végétalisation des espaces publics, si elle est un levier essentiel pour la gestion des eaux, est aussi un outil fondamental de lutte contre les îlots de chaleur, de création d’espaces de fraîcheur et de détente et de soutien à la biodiversité urbaine. Cette approche multisectorielle doit être au cœur des politiques municipales avec des synergies entre les différents services, le l’urbanisme, l’environnement, la voirie, l’espace les espaces verts et l’eau.
Enfin, la résilience passe aussi par l’implication des citoyens et des acteurs économiques. Les projets doivent être conçus avec eux pour favoriser leur appropriation et leur participation active, que ce soit dans la gestion quotidienne ou dans la construction des solutions. C’est à ces conditions seulement que le pari sera réussi.
Madame la Maire,
Mes chers collègues,
Il y a dix ans, Paris accueillait un moment rare d’unité internationale : l’Accord de Paris. Un traité climatique, certes, mais aussi une feuille de route partagée pour repenser nos trajectoires de développement. Il portait une ambition claire : inscrire l’action de chacun dans une dynamique globale, aligner les politiques publiques, les investissements, les comportements, autour d’un objectif et d’un horizon commun et soutenable.
Dix ans plus tard, le bilan est contrasté. Si des avancées sont visibles – notamment sur l’intégration de la neutralité carbone dans de nombreuses stratégies –, les dynamiques engagées ne sont pas à la hauteur des défis. Les effets du réchauffement climatique s’intensifient au-delà des prévisions, les écarts d’engagements se creusent, les trajectoires restent globalement éloignées des objectifs à long terme. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’Accord de Paris, mais de reconnaître que l’heure n’est plus aux déclarations de principes, mais à la consolidation et l’accélération de l’action.
À Paris, il est de notre responsabilité de traduire ces ambitions dans le concret, au plus près des habitants.
Des efforts ont été faits. La baisse des émissions depuis 2004, les politiques de verdissement très présentes, les mobilités actives, les investissements dans les énergies renouvelables : tous ces éléments vont dans le bon sens. Mais pour que ces actions portent pleinement leurs fruits, elles doivent s’inscrire dans une approche plus structurée, mieux coordonnée, et plus équitable sur le territoire.
La résilience doit se planifier et elle suppose d’abord de mettre les moyens là où l’urgence est la plus importante. Or que constate-t-on ? Une chute des investissements depuis 2019. Pour 2025, le budget total alloué à l’environnement atteint 110,2 millions d’euros, ce qui ne représente qu’environ 6 % des besoins réellement estimés. La Ville devrait en effet pouvoir mobiliser chaque année près de 500 millions d’euros pour répondre efficacement à l’ensemble de ces enjeux. Un désengagement pointé par la Chambre régionale des comptes couplé à une baisse des effectifs notamment dans les services de la DEVE.
À l’inverse des exigences de l’Accord de Paris, le court terme l’emporte parfois sur le long terme.
Sur la question de la biodiversité, les initiatives locales se multiplient, des arbres sont plantés, des îlots de fraîcheur sont créés. C’est essentiel. Mais il faut faire plus. Donner plus de moyens. C’est ce que les habitants et la nature attendent, ce sont des continuités écologiques. Pour une végétalisation plus cohérente et plus vivante.
Il faut arbitrer en faveur de la nature à chaque fois quand c’est possible car ces solutions fondées sur la nature participent à l’adaptation de la ville, au rafraîchissement urbain, à la résilience sociale et écologique. En ce faisant, c ’est prendre acte de l’interdépendance entre nos politiques climat et celles du vivant.
Et pour réussir, nous avons besoin de transversalité, de coopérations renouvelées. L’énergie, la logistique, la gestion de l’eau ou des déchets ne s’arrêtent pas au périphérique. La stratégie climatique de Paris ne peut rester isolée. Elle doit se construire dans la Métropole, avec la Région, avec les communes voisines et dans un esprit de partenariat, de co-échange et d’efficacité.
Enfin, l’un des enjeux cruciaux reste l’adaptation sociale. C’est peut-être là où nos politiques sont trop en retrait. Les événements climatiques extrêmes frappent d’abord les plus fragiles. Il faut aller plus loin : cartographier les vulnérabilités, anticiper les risques, ouvrir des lieux de refuge accessibles, signalés, opérationnels et 24H/24. Il ne s’agit pas uniquement de résilience technique, mais de solidarité.
C’est cette vision que nous portons au sein du groupe MoDem et Indépendants :
– Une écologie partagée, co-construite à l’échelle du territoire.
– Une écologie protectrice, centrée sur l’adaptation et la justice sociale.
– Une écologie rigoureuse, avec des objectifs publics, des échéances claires et des budgets fléchés.
– Et une écologie non partisane, où le climat n’attend pas nos désaccords.
Paris a une responsabilité particulière. Parce que l’histoire des Accords de Paris s’est construite à Paris. Parce que la crédibilité de la transition passe aussi par l’exemplarité locale. Parce que, dix ans après, il est urgent de traduire l’esprit des Accords de Paris en actes concrets, efficaces et durables.
À l’approche de la COP30 au Brésil, Paris devra se hisser à la hauteur du texte qu’elle a accueilli. Non par des effets de communication, mais par une stratégie ancrée dans les quatre piliers de l’Accord de Paris : universalité, long terme, transversalité, durabilité.
Je vous remercie.
Le rapport, mes chers collègues,
Le rapport “Paris Demain” présenté en 8e commission est un document essentiel. Il donne à voir la trajectoire écologique et sociale de notre ville à travers 33 indicateurs structurés, mesurables, utiles.
Je veux saluer la rigueur des services de la DTEC, leur capacité à rendre visible l’effort collectif, mené dans un contexte difficile et leur travail d’en faveur d’une transparence. Oui, Paris avance. Le réseau de chaleur est devenu le premier de France. La qualité de l’air s’est améliorée. La consommation énergétique baisse.
Et dans une ville exposée à des piques de chaleur toujours plus intense, dans une ville, où + 0,7 degrés Celsius ont été mesurés en 2024 par rapport à la normale dans une ville construite à 90 % avant les normes climatiques modernes, avons-nous le droit de nous contenter du rythme actuel ? Je ne le crois pas.
Préparer Paris aux crises, c’est se mettre à la hauteur d’un climat qui évolue plus vite que nos plans et c’est assumer une forme de lucidité. Toutes les politiques ne se valent pas.
Une végétalisation réussie ne se mesure pas uniquement au nombre d’arbres plantés mais à la capacité des sols à les accueillir. Il serait essentiel de façon collective pour faciliter notre trajectoire sur la biodiversité de mettre plus de moyens pour évaluer le nombre de pieds d’arbre encore bitumé, les trames vertes dont il faudrait assurer la continuité alors même que nous connaissons leur importance face aux îlots de chaleur.
Plus de moyens, nous l’avons évoqué hier sur les restrictions en matière budgétaire sur le budget environnement. L’eau, elle aussi l’eau doit aussi trouver sa juste place dans l’espace urbain, non pas comme un accessoire mais comme un système.
Au-delà des fontaines rénovées, nous l’avons évoqué hier, trop nombreuses qui restent trop nombreuses fermées ou en non état d’utilisation, des zones de baignade à offrir plus nombreuses, il est urgent d’instaurer un maillage dense d’espace d’eau pour rafraîchir et irriguer la végétation.
La création d’ouvrage de rétention permettrait d’ailleurs par le stockage d’eau en milieu urbain une ressource précieuse face aux périodes de sécheresse. Le nombre croissant de nuits à des températures très chaudes augmente les risques pour la santé. Des solutions existent, comme celles mises en place en Espagne. Nous les avons déjà évoqué dans cet hémicycle, en particulier à Madrid, combinant végétalisation, infrastructure d’eau dont nous manquons et réseau de froid urbain qui doivent inspirer notre stratégie locale.
Il est possible d’associer réseau de froids urbains, bassin de rétention, toiture végétalisée, cours d’école désimpermalisées dans une stratégie cohérente et efficace. À nous d’avancer en ce sens.
Dans un an, ces indicateurs nous permettront de dresser un bilan précis de l’efficacité des politiques mises en œuvre. Cependant, il ne faut pas oublier que les années passées sous votre mandat, Madame la Maire, ont déjà façonné la trajectoire de Paris et que les résultats d’aujourd’hui sont le fruit de choix et d’orientations que vous avez choisi. Je pense notamment à la tour triangle, aux surfaces bitumées qui continue d’aggraver les îlots de chaleur.
Merci beaucoup Madame la Maire.
Les déchets c’est une question importante raison pour laquelle on y revient souvent et si les poubelles vertes des Parisiens contiennent 70 % de déchets qui pourraient être valorisés, ça montre bien les efforts qu’il nous reste collectivement à faire puisque pour mémoire la loi prévoit que 65 % des déchets doivent être valorisés dès cette année 2025.
Alors oui, nous avons voté en décembre dernier le nouveau programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés. Un plan ambitieux qui prévoit une baisse de 100 000 tonnes de déchets et un triplement du tri. Mais je crois que les bonnes propositions sont toujours bonnes à prendre et c’est la raison pour laquelle dans ce vœu, nous faisons un certain nombre de propositions dont celle-ci : la mise en place par la Ville de Paris d’une zone sur volontariat bien sûr zéro emballage jetable dans les parcs ou encore sur les berges.
Alors, par votre vœu bis, je ne doute pas que vous avez souhaité rendre hommage à certains de mes combats à l’Assemblée nationale et je vous en remercie. D’ailleurs, il est toujours de bonne à loi que de vouloir rejoindre le MoDem mais néanmoins, mon vœu appelait les prérogatives de la ville, c’est-à-dire ce en quoi la ville peut agir ou non.
Bien évidemment, on peut continuer à aller plus loin et je ne doute pas que les éminents représentants dans notre assemblée à l’Assemblée nationale sauront relayer les projets que j’ai porté en montant. Donc bien évidemment, vous allez me demander de retirer mon vœu, mais je ne le retirerai pas parce que c’est un vœu qui s’adresse à vous, à la Mairie de Paris et non à l’État. Et je continuerai à défendre ce que je n’ai eu de cesse de porter dans d’autres instances. Je vous remercie.
Madame la Maire,
Mes chers collègues,
Paris est aujourd’hui confrontée à une situation que nous avons dénoncée, redoutée, et même anticipée. L’intensité des vagues de chaleur que nous subissons constitue une menace directe pour la vie des Parisiens. 5 jours à plus de 40°C depuis 2019. Avant 2019, combien ? Aucun !
Cette semaine, les records de température sont exceptionnels dépassant les 40 degrés celsius – sauf peut-être d’ailleurs dans cet hémicycle climatisé de façon privilégiée. Partout ailleurs dans Paris, cette canicule s’accompagne de nuits tropicales particulièrement insupportables rendant impossible le repos des Parisiens.
Impossible à l’intérieur, du fait de la chaleur, mais aussi impossible d’ouvrir les fenêtres en raison des nuisances sonores générées notamment par les terrasses et ceux qui restent dehors et qui empêchent le sommeil de nombreux Parisiens.
Ce n’est pas tout. Qu’en est-il de l’ouverture des piscines municipales ? Elles ferment à 18h sans extension d’horaire avant le 5 juillet sans personnel supplémentaire pour accueillir les usagers qui voudraient un peu de fraîcheur.
Quant à la forêt urbaine, place de l’Hôtel de ville, elle est fermée. Vous avez même supprimé des points d’eau qui permettaient de soulager un peu la chaleur. Cette fermeture de fontaine concerne d’ailleurs tout Paris, pas simplement la place avec moins d’une fontaine sur deux en fonctionnement.
Ces exemples montrent combien les Parisiens sont vulnérables face à la chaleur, face à la canicule. Il y a 2 ans, en tant que rapporteur de la mission Paris à 50° degrés présidée par Alexandre Florentin, nous avions collectivement fait plusieurs recommandations dont deux majeures sur lesquelles je voudrais revenir.
Recommandation 6, raccorder les établissements scolaires au réseau fraîcheur de Paris. Où en sommes-nous à ce sujet ?
Recommandation 42, lancer une étude sur un développement plus rapide de fraîcheur de Paris accompagné d’une étude d’impact. Quelles avancées concrètes ?
Aujourd’hui, le raccordement au réseau fraîcheur de Paris reste hors de portée pour de nombreuses structures d’arrondissement, encore plus évidemment pour les habitants face au coût prohibitif pour réaliser ces raccordements.
Rafraîchir les écoles en priorité aurait permis de créer des lieux refuges. Ma question est simple. Sur les 800 établissements que nous avions identifiés, combien d’établissements publics sont effectivement raccordés ? Combien d’écoles ?
Et ce n’est pas la seule solidarité climatique que nous devons mettre en œuvre. Les EHPAD à Paris ne disposent pas de climatisation individuelle dans toutes les chambres alors qu’un certain nombre de résidents très âgés voire malades ne peuvent pas se déplacer. Or en EHPAD, les travaux ont des conséquences sur le prix d’hébergement payé par les résidents. À nous de faire en sorte que ces personnes âgées soient prioritaires dans le raccordement et que cela soit pris en charge par la ville.