© Henri Garat/Mairie de Paris

L’Ouest et le Centre du continent africain sont frappés de plein fouet depuis plusieurs mois par une épidémie de virus Ébola aux conséquences sanitaires, sociales, économiques et humaines sans précédent.

Les retentissements humains et géopolitiques seront majeurs pour les pays les plus durement touchés avec, comme le rappelait récemment la présidente du Libéria, le risque de « désintégration sociale et politique de certains pays ». 

Pour la deuxième fois de son histoire, après la pandémie HIV, le Conseil de sécurité des Nations Unies est intervenu sur ce dossier considérant que le seul cadre sanitaire était largement dépassé.

La problématique est double : quelles ressources ou aides doivent être apportées aux patients contaminés ? Quelle logistique doit-on développer pour stopper ou limiter la dissémination de l’épidémie ?

Sur ces deux questions essentielles, si l’OMS a pu au fil du temps édicter des règles et des principes généraux, leur mise en œuvre à la demande même des États concernés nécessite un soutien opérationnel et une expertise de soins dont les pays occidentaux ont la parfaite maîtrise. Sur le terrain les ONG internationales, et particulièrement MSF, sont totalement et courageusement mobilisées. Elles apparaissent d’ailleurs aujourd’hui pour les populations concernées comme un acteur essentiel à leur survie. Mais elles n’ont pas les ressources humaines, financières et logistiques, pour faire face à une telle épidémie.

On assiste, enfin, depuis quelques jours à une mobilisation des États. Le Président Obama est intervenu le premier pour annoncer la mobilisation de moyens humains et logistiques au Liberia gravement touché. Plus récemment la France a annoncé par la voix du président Hollande l’ouverture d’un centre de traitement en Guinée Forestière. La Commission européenne s’est certes mobilisée en apportant une aide financière indispensable, qu’il faudra d’ailleurs probablement augmenter quand on aura la capacité d’analyser les ressources financières nécessaires pour redresser ces pays. Mais il manque une voix européenne et une action concrète, opérationnelle, concertée des États membres.

L’Europe doit exister politiquement en portant un message de solidarité et d’engagement qui, pour être à la fois efficace et visible, doit se concrétiser dans autre chose que du soutien financier. Les États membres, réunis au sein du Conseil des chefs d’État et de gouvernement, doivent montre