Madame la Maire,
Ce dernier conseil de Paris intervient dans un contexte de suspicion sur des animateurs de la Ville de Paris, avec un un certain nombre de signalements grave, très grave, révélé tous ces derniers mois par la presse, pas un jour sans l’apparition d’un nouvel article ou d’un reportage télé qui rapporte des faits survenus dans les écoles parisiennes. Ce weekend encore, un animateur vacataire a été mis en examen pour agression sexuelle sur mineur.
Même si sur la multitude de ces signalements, certains faits ne seront pas avérés par la justice. J’ai envie de dire que le mal est fait. C’est un choc, c’est une épreuve : d’abord pour les enfants, pour les parents, pour toutes celles et tous ceux qui sont touchés dans leur chair et bien sûr pour l’école publique, pour les directeurs, les directrices pris en étau, les enseignants et les animateurs qui en grande majorité font consciencieusement leur travail.
Alors, mettons de côté la campagne électorale et intéressons-nous, intéressons-nous aux familles que nous rencontrons tous : Maire d’arrondissement de l’opposition ou Maire d’arrondissement de la majorité. Ces familles sont inquiètes, elles sont excédées et évidemment mal informées puisque dans la confusion, elles pensent que et le directeur d’école et le maire d’arrondissement sont responsables du périscolaire.
La défenseur des enfants de la Ville de Paris a reçu 150 saisines depuis mi-décembre, principalement sur des violences en milieu périscolaire. La Ville de Paris emploie 3800 animateurs titulaires, 11000 vacataires sur les 626 écoles maternelles et élémentaires. Dans certaines écoles, le périscolaire en dehors du rêve ne repose que sur des vacataires, c’est-à-dire des personnels non formés, payés autant que s’ils allaient travailler dans un fast-food. Et ça, c’est inadmissible.
Chaque jour, des animateurs sont suspendus à titre conservatoire. Chaque jour des personnels épuisés moralement et physiquement craquent sous la pression de l’institution. Dans 15 jours, les vacances de février : comment on garantit la qualité de l’accueil au centre de loisirs ? Aujourd’hui, aucune école à Paris n’est épargnée par ce climat de défiance et de suspicion. Comment rassurer les parents ?
Vous avez, Madame la Maire, toujours refusé de remettre à plat le temps périscolaire à Paris malgré les interventions d’un certain nombre d’entre nous dont je fais partie. Malgré l’intervention des directeurs d’école qui ont été dépossédés de leurs prérogatives et des syndicats. Alors, on en est là aujourd’hui et ce sujet vous rattrape parce que vous n’avez pas pris la mesure de la gravité des faits. C’est le sujet du moment. C’est un sujet grave et nous attendons des réponses maintenant.